Jean 21?:2-23
Vendredi 12 mai, 19h... Ponctualité oblige, on commence; après quelques cantiques connus, des prières montent vers le Seigneur avant que líon ouvre sa Parole. Jean 21 nous présente le pardon accordé à Simon Pierre et son rétablissement (sa réhabilitation) díune manière vivante, qui trahit à chaque instant le souvenir díun témoin oculaire mais aussi nous pose constamment des pourquois?; autant díoccasions díapprofondir notre communion avec le Maître.
I.- Nous voici tout díabord au bord du lac (de Tibériade) avec les sept disciples. Ils ont vu leur Seigneur ressuscité?; ne vont-ils pas crier leur joie et leur foi dans les rues de Jérusalem? Tout au contraire, ils reprennent leurs activités anciennes. Pierre en tête, ils vont pêcher?! Leur intellect seul aurait-il été affecté?? Y avait-il à líopposé une nécessité?vitale (líhomme vit aussi de pain ...) ou ñ intermédiaire ñ attente díinstructions nouvelles pour lesquelles Jésus saurait bien les retrouver? Cíest ce qui se passe.
Líinconnu qui, du rivage, va héler les pêcheurs exténués, de retour dans la faible clarté du matin, síexprime ñ malgré les différences ñ díune manière qui évoque irrésistiblement ì?la pêche miraculeuse?î de Luc 5. Sans doute est-ce pour cette raison quíil est reconnu par ì?le disciple quíil aimait?î (belle occasion pour le groupe de méditer assez longuement sur cette appellation, en vérité curieuse, utilisée très certainement par Jean). Impulsif comme toujours, Pierre ì?síhabille?î (sommes-nous toujours assez respectueux en présence du Seigneur??) et saute à líeau pour être plus vite auprès du Maître. Imaginons le spectacle (!) mais aussi le petit déjeuner qui suit, dont on ne sait, hélas, rien, pas même líorigine du pain et du poisson disposés auprès du feu (nouveau miracle??). Pardon?: ì?il y a les 153 gros poissons?î ramenés, sans rupture de filet, par le robuste Simon?: comptés selon líusage (avant distribution au sein de líéquipage), mais dont on ne peut passer sous silence líune des explications symboliques transmises par les siècles. Vu le nombre extrêmement semblable díespèces de poissons alors connues des naturalistes, il y aurait là líimage de ce que serait le filet spirituel rassemblant dans la foi toutes les familles de la terre. Pour le moins, car nous savons que les dons de Jésus sont toujours abondants et excellents?!
II.- Mais cinq versets (15 ñ 19) nous élèvent jusquíau cœur de notre étude. Pierre, solennellement interpellé comme ì?Simon, fils de Jonas?î, va connaître (après les pleurs brayants rapportés par Mat. 26?:75) le moment sans doute le plus douloureux de sa vie. Jésus ne le ménage pas (Voir le v15, littéralement?:?îmíaimes-tu plus que ceux-ci?î, ce qui est tourner le couteau dans la plaie?: Mc. 14?:29?!). Il le fallait, bien que le bouillant disciple , qui eût jadis le verbe si haut, se connaisse désormais trop bien pour níélever que tardivement une douloureuse protestation. Nous nous penchons sur ces versets célèbres, la triple interrogation posée devant tous.
Il ne síagissait pas ñ cíest le privilège díune étude biblique ñ díétudier les diverses difficultés, spécialement la plus connue?: convient-il (à la différence de la version Segond) de traduire différemment les deux verbes essentiels (dans líoriginal agapaô et phileô)?? Non, si líon se fonde sur les commentateurs autorisés, il ne síagit que de synonymes destinés à éviter des répétitions (et reconnaissant que cíest ainsi que líévangéliste en use ailleurs). Mais oui, lorsquíon écoute líéchange entre maître et disciple en substituant, à líunique verbe de notre version, la traduction volontiers tenue dans nos églises pour la plus fidèle?: alternance díaimer díun amour total et díavoir de líaffection. Quelle richesse psychologique?! Dès lors, quelle émotion est rétrospectivement la nôtre?! En outre, amis savants, qui, des auteurs principaux, puis de líévangéliste, se souciait de telles répétitions? A chacun, toutefois, il appartient díopter.
Mais au fait, actuellement, que répondrions-nous à Jésus?? Tu sais que je tíaime?? Et quel contenu donnerions au verbe?? Comme pour Pierre qui, ayant perdu confiance en lui-même, est propre pour le service, il nous appartient alors díentendre líappel ì?suis-moi?!?î Tomberons-nous parfois?? Nous avons líassurance que, síil y a repentance et amour pour le maître, Jésus de même nous relèvera. Un suiveur qui trébuche est bien préférable à qui ne suit pas?!
Pierre va prendre soin des agneaux, prendre soin des brebis mais, témoin, deviendra martyr. Síil faut beaucoup díimagination pour voir dans le verset 18 líannonce expresse de la crucifixion, être ceint par autrui et étendre les mains pour quíil fasse passer votre vêtement constituait le prélude non équivoque díun traitement brutal au crépuscule de la vie?: celle de Pierre, peut être quelque jour la nôtre...
III.- Mais tandis que le disciple suit son Seigneur le long du rivage, líintérêt tend à retomber. Pas tout à fait cependant?: ne voilà-t-il?pas que Pierre, tout juste rétabli dans son autorité et qui ne semble pas affecté par la foi douloureuse que Jésus vient de lui annoncer, pose une question directe au sujet de son ami Jean?: ì?Et celui-ci, quoi??î (traduction littérale). Sentiment de supériorité ou seulement du devoir vis-à-vis díune brebis?? Devoir de comparer?? Simple curiosité vis-à-vis díun être cher?? La réponse de Jésus níen est pas moins dure?:?îquoi à toi???î, cíest-à-dire ì?que tíimporte?î, presque mêle-toi de tes affaires?! ì?Toi, suis-moi?!?î.
Voilà encore une leçon pour nous. Qui ne le constate, le Seigneur dirige díune manière différente la vie de chacun de ses enfants, des circonstances de leur conversion à leur rappel à lui. Ne regardons ni à gauche ni à droite (sinon pour encourager). Pierre a été (certainement) crucifié, Jean vivra très vieux, mais non sans connaître force épreuves, toi...?? et moi ...??
Attention enfin aux ì?bruits?î qui circulent, même (surtout??) dans les milieux évangéliques. Cíest là la dernière mise en garde que nous offre le texte inspiré.
Il est 20h10. Après la prière, cíest la dispersion.
Nous avons beaucoup à méditer notamment, comment aimons-n ous Jésus?? Et ì?toi, suis-moi?!?î Plus, nous avons le sentiment díavoir été pendant une heure dans líintimité de Pierre et de Jésus, enseignés par Jésus. Nous avons senti vivre líEcriture, comme jamais peut-être.
Merci, Seigneur?