la doctrine de la révélation
Nous résumons ici l’Institut Biblique « les Fondements de la Foi n°2 », apporté par Henri Blocher à l’Eglise, enregistré par Guy Sidamon.
Dieu est, mais comment le connaître ?
C’est la doctrine de la révélation qui répond à cette question.
Pourquoi la révélation ?
Raison de hauteur : Dieu est le Dieu Très-Haut (1 Tim 6.16)
Il y a une distance infinie du Créateur à nous. Nous ne sommes rien par constitution , nous ne sommes que poussière... nous avons besoin qu’Il descende jusqu’à nous.
Raison de personnalité : Dieu est un Dieu personnel.
C’est le propre d’une personne de ne se laisser connaître que par une démarche libre. Une chose est offerte à l’inspection de qui le veut, mais une personne ne se connaît que si elle se livre. Paul le souligne à propos de la révélation. Dans 1Co 2.11, il emploie l’analogie de la personnalité. Dieu est un Dieu personnel : seule une démarche de liberté de sa part le rend connaissable.
Où, cette révélation ?
La révélation générale :
La révélation générale est celle que Dieu donne de lui-même à tous les hommes, jusqu’au bout de la terre. Comme un artiste se livre dans ses œuvres, Dieu se livre dans ses œuvres et dans leur maintien : c’est ce que l’on appelle sa providence (Ps 19.2ss ; Rm 2.14-15 ; Ps 104.13ss ; 136.9). Mais cette révélation souffre d’insuffisance, à cause du péché qui est entré dans le monde par le choix funeste qu’a fait l’humanité en se détournant de Dieu.
La révélation spéciale :
La révélation spéciale de Dieu est celle de ses interventions directes dans l’histoire des hommes. Dieu intervient par des œuvres de jugement et de salut (le déluge et Noé par exemple). Il se manifeste par des miracles, souvent appelés signes dans l’Ecriture (noces de Cana par exemple) : les signes sont porteurs de sens, qu’il nous revient de déchiffrer. Il y a aussi des miracles de communication (visions, songes, apparitions, envois d’anges). Et puis, Dieu se révèle par les prophètes, ceux dans la bouche desquels il met sa parole pour en faire des porte-paroles (Jr 1.9).
Mais il y a encore une forme supérieure de révélation spéciale : la personne de Jésus-Christ (Hb 1.1-2). Un rapport vivant s’opère avec le Seigneur Jésus, invisible mais présent. Aujourd’hui cette forme de révélation nous touche essentiellement par le moyen de la Bible, où est consignée cette parole prophétique, accompagnée de l’Esprit (il ne s’agit pas seulement des signes d’imprimerie sur les pages !).
La parole des prophètes, le récit des grands actes rédempteurs de Dieu au cours des siècles et la personne de Jésus-Christ nous sont accessibles par le moyen de la Bible.
Nous soulignerons 3 insuffisances principales de la révélation générale :
De quelle façon la révélation spéciale nous atteint-elle ?
C’est par la parole prophétique, mise par écrit, consignée dans la Bible que cette révélation nous atteint (2 P 1.20-21). C’est le point principal : la Bible est appelée Parole de Dieu parce qu’elle a été émise par des hommes qui étaient porte-parole de Dieu, prophètes au sens large, grâce à l’Esprit qui les gouvernait et faisait qu’ils n’apportaient pas leurs propres pensées, mais la pensée même de Dieu. C’est ce que l’on appelle l’inspiration (2 Tim 3.16). Dieu, par son Esprit, a fait que le résultat de l’inspiration soit entièrement sa parole : TOUTE Ecriture est inspirée de Dieu, produite par son Esprit. C’est la confession évangélique face à des courants dans le christianisme moderne qui ont nié cela. La Bible n’est pas simplement un message à travers beaucoup d’opinions humaines : nous avons LE message de Dieu, dans chaque portion de l’Ecriture. C’est ce que l’on appelle parfois l’inspiration plénière, ou encore inspiration verbale. On ne peut pas dire que le message est inspiré de Dieu alors que les mots ne seraient qu’humains.L’apôtre Paul dit qu’il exprime ces choses dans des mots (paroles) qu’enseigne l’Esprit et non ceux qu’enseigne la sagesse humaine (1 Co 2.13). Aux Galates (Ga 3.16) Paul insiste sur les mots : le livre de la Genèse ne parle pas de plusieurs postérités, mais d’une postérité pour la promesse. Le singulier est clairement mis en valeur. Warfield, un grand théologien qui enseignait à Princeton disait : Tout ce que l’Ecriture dit, Dieu le dit. Quatre images permettent de décrire les quatre perfections de l’Ecriture
l’image d’une règle ou d’un mètre étalon
Il s’agit de l’autorité de l’Ecriture, comme Parole de Dieu, de sa capacité d’être la règle pour toutes nos pensées et toute notre conduite. Si c’est le Dieu souverain qui parle, alors cette parole a autorité sur nous. Remarquez comment Jésus a lui-même renvoyé à l’Ecriture – même le Diable ! « Il est écrit ! » (Mt 4.4, 7, 10). Mais attention à la perversité d’un argument que certains non évangéliques font parfois ressortir en disant : « Dieu est infiniment au-dessus de la Bible... J’honore la supériorité de Dieu, et je ne veux pas obéir comme cela à la Bible : c’est à Dieu que j’obéis ! ». La Bible est la Parole de Dieu, si nous dégradons la Bible sous prétexte d’exalter l’autorité de Dieu, c’est absurde ! C’est par ses commandements, ses promesses et ses enseignements que le Seigneur exerce son autorité sur nous.
L’image d’un rocher
Il s’agit là de la sûreté, de la vérité de la Bible. Cette fondation ne risque pas de nous faire défaut. Ses paroles sont vraies, ses jugements sont vrais, justes et véritables. La pointe de l’autorité et de la « sûreté-vérité » est que l’on appelle l’inerrance : la Bible ne mène pas l’homme dans l’erreur, elle ne contient pas d’erreurs, elle est infaillible. La Bible peut citer l’erreur d’un homme, même citer des propos du Diable, mais ce n’est pas l’auteur biblique qui erre, parlant au nom de Dieu qui ferait erreur.
L’image d’une lampe de bureau
Ici est mise en évidence la clarté de l’Ecriture. Cela ne veut pas dire que tous les passages sont faciles à comprendre d’emblée (Pierre dit bien que Paul a écrit des choses difficiles à comprendre, 2 P 3.16). Cela signifie que les auteurs bibliques n’utilisent pas un langage ésotérique, seulement compréhensible par des initiés. C’est un langage ordinaire que Dieu a choisi de parler et qu’Il nous offre d’essayer de comprendre. Dieu a fait en sorte que le message central, celui dont nous avons besoin pour vivre éternellement, soit clair et accessible par toute personne qui demande au Seigneur de le guider.
L’image d’une clé
L’image de la clé souligne la nécessité et la toute suffisance de l’Ecriture. La Bible est à la fois nécessaire dans notre situation présente et suffisante (il n’y a rien d’autre à y ajouter) quant à la porte de la connaissance personnelle du vrai Dieu. Etant bien entendu que l’Esprit accompagne ce livre qu’il a fait produire, et accompagne celui qui cherche à bien le comprendre aujourd’hui.
Comment en être sûr ?
L’accomplissement des prophéties
C’était le grand argument des apôtres, qui montraient que la mort et la résurrection de Jésus étaient l’accomplissement de ce qu’avaient annoncé les prophètes de l’Ancien Testament. Blaise Pascal a dit : « Les prophéties sont la plus grande preuve de Jésus-Christ. » C’est d’autant plus impressionnant que ces prophéties ont été conservées par les Juifs qui refusent de voir leur accomplissement. Ainsi personne ne peut dire que les textes ont été trafiqués.
L’harmonie symphonique que l’Ecriture présente.
Le Coran a été écrit par un seul homme en quelques années. La Bible a été écrite sur 15 siècles par des gens de toutes sortes, en trois langues : une diversité extraordinaire... et son harmonie est merveilleuse, comme une symphonie !
Le rempart sans faille de la Parole de Dieu
On ne peut pas prendre la Bible en flagrant délit d’erreur, sur aucun point, contrairement aux paroles humaines. Le livre du Dr MacMillan Maladie ou Santé à votre choix montre du point de vue de la médecine combien les prescriptions de la Bible sont les meilleures que l’on pourrait donner.
Quels guides suivre pour bien comprendre la Bible ?
Notre cœur est tortueux (Jr 17) ; même si la Bible est claire, il est facile de voir beaucoup de gens lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit.
La raison humaine
La théologie libérale ou moderniste se prévaut de ne vouloir interpréter l’Ecriture qu’avec des techniques scientifiques ou des schémas philosophiques sûrs. C’est la raison humaine qui s’arroge le droit de juger et de déterminer le sens ultime de la Bible. C’est hélas une sous-estimation dramatique des effets du péché de l’homme sur sa raison. Cette expression de l’orgueil humain en vient à vider le message biblique de son contenu. On retrouve dans cette attitude ce que décrit déjà Paul dans 2Tim 3.5
La solution illuministe
« Le Seigneur m’a illuminé, je sais ce que cela veut dire ! » C’est le sentiment de celui qui croit avoir reçu une illumination du Saint-Esprit, et qui de ce fait se déclare plus ou moins au-dessus de la Bible. C’est par exemple le cas de J. Smith (Mormons) qui a prétendu recevoir ses tables de révélation à ajouter à la Bible. Cela peut parfois être plus subtil et même atteindre le chrétien qui, parce qu’en priant a eu le sentiment qu’une parole de l’Ecriture avait un sens particulier, dit : « le Seigneur m’a montré... » sans aucunement pouvoir argumenter raisonnablement son interprétation. Le cœur humain peut jouer des tours... Il faut discerner les esprits, ainsi que l’esprit humain, et ne pas confondre ce dernier avec le Saint-Esprit !
Le magistère de l’institution
On pensera-là tout de suite au magistère de l’Eglise catholique traditionnelle, pour qui les fidèles n’avaient pas le droit d’interpréter la Bible par eux-mêmes, mais seulement selon l’autorité du magistère. Luther disait que cette solution revient à la solution illuministe : au nom du Saint-Esprit, le magistère croit rendre service à la Parole de Dieu, et fait ainsi prévaloir les sentiments humains sur l’Ecriture, voire, dans certains cas, muselle la Parole de Dieu.
L’Ecriture elle-même
C’est l’Ecriture elle-même qui doit nous servir de guide pour sa lecture. Si ce ne doit pas être l’esprit humain qui si facilement s’égare, il faut que ce soit la Parole de Dieu elle-même qui nous guide dans la compréhension de ce qu’elle dit. La comparaison des passages entre eux joue un très grand rôle. Une concordance s’avère très utile. On étudie chaque partie de la Bible à la lumière du TOUT biblique. C’est ainsi que la Bible elle-même nous sert de guide pour la comprendre. C’est cette dernière voie que nous essayons de suivre.