Charles Thomas STUDD
(1860-1931)
Premier Croisé de la WEC Chine-Indes-Congo

Première partie extraite des échanges du troisième groupe d’Institut Biblique

La WEC : Worldwide Evangelization for Christ Crusade

Studd, fondateur de la WEC

    Le nom de Charles Thomas STUDD évoque aujourd’hui un « champion international de cricket », mais aussi la mission WEC internationale1 (Worldwide Evangelization for Christ Crusade Croisade pour l’evangélisation du Monde ) ou en français AEM2 (Action d’Evangélisation Mondiale).

    En 1941, cette Mission a créé les librairies CLC (Croisade pour le Livre Chrétien) et a lancé un travail au moyen de la radio. Avec Patrick Johnstone, elle réalisé le livre Flash sur le Monde, catalogue d’informations et de sujets de prière pour tous les pays du monde.

    La WEC compte aujourd’hui (février 20053 ) 1 719 missionnaires en provenance de 49 nations, servant dans 76 pays différents et dans plus de 83 groupes ethniques. 94 de ces missionnaires travaillent plus particulièrement à l’implantation d’Eglises. En mars 2003, la WEC mentionne 2613 conversions, fruits du travail de ses envoyés. Charte des Croisés de l’Evangélisation Mondiale4

    Les « 5 pierres polies » de la Mission créée par Studd sont énoncées ainsi par son fondateur :

  1. La foi absolue dans la divinité de chacune des trois Personnes de la Trinité.
  2. La foi absolue dans l’inspiration totale des Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testament.
  3. Le vœu de ne connaître et de n’annoncer personne d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.
  4. L’obéissance au commandement du Christ d’aimer, sans acception de personne, tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ d’un cœur pur, et d’aimer tous les hommes.
  5. La confiance totale dans la volonté de Dieu, dans son pouvoir et dans sa Providence pour parer à tous nos besoins à son service.

    Aujourd’hui, l’AEM présente ses principes sous la forme de « 4 piliers » :

    Voici les principes bibliques qui dirigent notre vie et notre service5 :

  1. Foi absolue en Dieu : - Il pourvoit à tous nos besoins - Il transforme des vies - Il ouvre des portes fermées
  2. Sainteté de vie : - Vivre avec le désir constant de plaire à Dieu, par nos pensées, nos paroles et nos actes.
  3. Sacrifice : - Accepter de renoncer à soi-même et de mener une vie simple pour gagner des âmes à Jésus-Christ.
  4. Communion fraternelle : - Recherche de communion dans l'amour et dans la vérité. - Travail au sein d'équipes internationales. - Collaboration avec l'Eglise de Jésus-Christ du monde entier.

Qui était Studd ?

    Charles Thomas Studd n’a guère laissé d’écrit sur sa vie. C’est Norman Grubb6, l’un des gendres de Studd, qui a rédigé la biographie la plus répandue, traduite en français sous le titre « Charles Studd, Champion de Dieu7 », à partir des correspondances qu’avaient conservées la mère et la femme de CT Studd.

Sa famille

    Charles Thomas Studd et ses deux frères (Kynaston et Georges) ont grandi dans une famille anglaise aisée qui avait fait fortune aux Indes. Les trois frères ont été des joueurs de cricket réputés. Baptisés et confirmés dans l’Eglise anglicane, leur piété restait formelle et le dimanche était pour eux la journée la plus pénible de la semaine. CT Studd ne doutait pas un instant que Dieu existât, mais il le connaissait au même titre que nous pourrions connaître le Président de la République !

    Son père, Edouard Studd, vint à la foi en 1877 lors d’une réunion tenue par Moody et Sankey : alors qu’il cherchait à se distraire après avoir manqué le bateau qui devait le ramener chez lui, il s’était rendu à la réunion pensant assister à un spectacle de théâtre.Lui qui était un passionné de chevaux de courses et de jeux, sa vie changea ce soir-là de manière radicale.

 

maison des parents de CT Studd

    Il commença par arrêter de jouer, puis vendit du mobilier de sa somptueuse maison pour y installer des bancs sur lesquels plus de personnes pouvaient prendre place. Il invita ensuite chez lui de nombreux prédicateurs à une époque de « réveils » . les dimanches soirs, sa maison servit ainsi de lieu d’annonce de l’Evangile.

    Edouard Studd mourut subitement deux ans après sa conversion, laissant veuve sa femme Dora.

Sa conversion et sa consécration à Dieu

    En 1878, un prédicateur en visite chez les Studd interpelle les trois fils quant à leur salut.

    Charles raconte ainsi l’échange : « Comme j’allais sortir pour jouer une partie de cricket, il [l’évangeliste de passage] réussit à mettre le grappin sur moi alors que je ne m’y attendais pas et me demanda si j’étais chrétien. Je pensais que pour me débarrasser de lui, le mieux était de lui répondre aussi exactement que possible et je lui avouai : - Je ne puis pas dire que je sois ce que vous appelez un chrétien. Je crois en Jésus-Christ depuis que je suis haut comme ça. Et naturellement, je crois aussi à l’Eglise. Mais il était collant comme de la glu et reprit : - écoute ce verset : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fil unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Tu crois bien à la mort de Jésus-Christ ? - Oui - Tu crois bien que c’est pour toi qu’il est mort ? - Oui - Et la fin du verset, la crois-tu aussi : afin d’avoir la vie éternelle ? - Ça non, dis-je, je ne le crois pas. … - N’es-tu pas illogique de croire une moitié de verset et de ne pas croire l’autre ?… … Tu veux rester aussi illogique que ça toute ta vie ?… voudrais-tu te résoudre tout de suite à être conséquent avec toi-même ? »

    CT Studd a alors 18 ans, et sa piété demeure pendant six ans plutôt discrète. C’est au cricket qu’il excelle et se donne sans compter, et il pense faire carrière dans la magistrature.

    Mais une grave maladie de son frère l’affecte beaucoup et le conduit à repenser ses priorités de vie. Après la guérison de son frère, CT Studd écoute Moody et décide de consacrer sa vie au seul service de l’évangélisation.

    Un traité, rédigé par un athée, le saisit : « Si je croyais … que la connaissance et la pratique de la religion pendant cette vie peuvent influencer notre destinée dans une autre existence, la religion signifierait tout pour moi. Je bannirais les amusements de la terre comme autant de balayures, les soucis de la terre comme autant de folies, les pensées et les sentiments de la terre comme autant de vanités. La religion serait ma première pensée au réveil et la dernière préoccupation de mon esprit avant que le sommeil me plongeât dans l’inconscience. Je ne besognerais plus qu’au service de cette unique cause… »

    CT Studd en conclut : « Je compris immédiatement que c’était la définition de la seule vie chrétienne véritablement conséquente avec elle-même… Je pris donc la résolution de mener désormais une vie pleinement conforme à mes convictions, et m’appliquai à connaître la volonté de Dieu à mon égard. Cette fois, cependant, j’essayais, bien déterminé à ne pas consulter la chair et le sang, mais à attendre les indications de Dieu.

    Nous reviendrons plus loin sur cette regrettable « logique » de Studd qui, sous des apparences inattaquables et admirables, partait souvent, hélas ! d’un concept erroné.

    L’absolutisme, qui est souvent la marque des jeunes chrétiens pleins de zèle et d’idéalisme, lui vaut un accueil très enthousiaste. Le fait d’être un sportif connu de haut niveau accentue son influence, en particulier parmi les mouvements estudiantins alors très actifs et réceptifs aux appels missionnaires.

    Studd fait ses études à Cambridge où il fait la connaissance d’Hudson Taylor, très populaire à l’époque dans le milieu chrétien revivaliste. C’est ainsi qu’il décide d’offrir ses services à la Mission d’H.Taylor.

    Les trois champs missionnaires ou Studd a travaillé

  1. Il fait partie des « 7 de Cambridge » qui partent en Chine en 1885. Il reviendra malade en Angleterre, après 10 ans de service où il s’est donné sans compter, évangélisant avec zèle et abnégation l’intérieur du pays.
  2. En 1900 il part avec sa famille aux Indes, là même où son père avait fait un commerce lucratif. Il y exerce le ministère pastoral pendant six ans. Sa santé continue à se détériorer, et il revient en Angleterre avec sa famille en 1906.
  3. A Liverpool, en 1908, l’humour d’une affiche l’accroche ; « Cannibales cherchent missionnaires », c’était l’annonce d’une conférence de Karl Kumm fondateur de la SUM (Sudan United Mission).
 


    Les 7 de Cambridge

    En 1910, contre l’avis des médecins et de sa femme qui, malade, est dans l’incapacité de le suivre, il embarque pour Karthoum, d’où il rejoindra le Congo Belge où il fonde la WEC en 1913.

Un prédicateur aux images décapantes

    Dans ses prédications, Studd aime à user d’images simples et directes qui ne peuvent laisser ses auditeurs indifférents. Significatives de l’homme d’action qui ne se perd pas dans des considérations de nuances, elles visent à susciter l’engagement total de tous :

    « La vraie foi, c’est comme la variole. Quand on l’a, on la passe aux autres, et ça se répand ».

    « N’entre pas ici si tu ne veux pas te convertir »

    « Tout chrétien est un soldat, il doit être un soldat héroïque et non un soldat en chocolat ! Chaque chrétien véritable est un soldat, héros du Christ par excellence ; il est plus courageux que les plus courageux, a en dédain les douces séductions de la paix, a pour amis les difficultés, le danger, la mort… Dans la paix, les vrais soldats sont des lions captifs, se rongeant le sang. La guerre leur donne la liberté et les lance tels de jeunes garçons bondissant au sortir de l’école. La guerre, c’est le désir de leur cœur. La bataille est le souffle essentiel du soldat ! La paix le transforme en asthmatique. La guerre fait de lui un homme véritable qui lui donne le cœur, la force, et la vigueur d'un héros. Hors du combat, le chrétien est un chrétien chocolat, se dissolvant dans l’eau et fondant à l’odeur du feu. C’est un bonbon ! Un bonbon, une lucette ! Vivant sa vie sous une cloche de verre ou dans une boîte de carton, préservant de toutes sortes de manières sa chère petite constitution sensible. Dieu n'a jamais été un fabricant de chocolat et ne le sera jamais. Les hommes de Dieu sont toujours des héros. Le texte se termine par un appel à l’engagement à signer en son « âme et conscience » :

Dorénavant...
Pour moi
Vivre c’est Christ
Mourir m’est un gain
Je serai un militant
Un homme de Dieu
Un « spéculateur » pour le Christ
Un héros

Signez ici
Pour moi
Chocolat est mon nom
Tiède de tempérament
Un tire-au-flanc
Un fils d’homme
Un propre juste
Un fumiste

Signez ici
Les promesses de Dieu sont sûres dans l'un ou l'autre cas :
Je suis toujours avec vous Je vous vomirai de ma bouche

Recommandations missionnaires

Grubb rapporte les conseils adressés par Studd à des missionnaires :
  1. Si tu ne veux pas rencontrer le Diable au cours de ta journée, aie une rencontre avec Jésus avant que ta journée ne commence.
  2. Si tu ne veux pas que le Diable te cogne, cogne-le le premier, et vas-y de toutes tes forces, de façon qu’il soit hors d’état de te le rendre. Et le bâton qu’il craint et qu’il déteste, c’est la Parole que tu annonces.
  3. Si tu ne veux pas tomber, marche, marche droit, et marche vite !
  4. Trois des chiens de chasse dont le Diable se sert contre nous sont : la vanité, la paresse, la cupidité.
   
Norman Grubb

Anne Ruolt

 

1 http://www.temanet.org/fr/ucpm/org/aem/

2 http://www.temanet.org/fr/ucpm/org/aem/

3 http://www.wec-int.org/history/history.php

4 Norman GRUBB, Charles Studd, Champion de Dieu, Evreux, Le Traducteur, 1950, p. 267.

5 http://www.temanet.org/fr/ucpm/org/aem/

6 Grubb, Norman Percy (1895-1993)

7 Publié en 1933 la première fois.

8 C.T. Studd, The Fundamentals : A Testimony to the Truth. Chicago, III. :Testimony Publishing Company, n.d. Vol. 3 http://www.wholesomewords.org/missions/biostudd2.html

9 Norman GRUBB, p 16

10 Norman GRUBB, p. 25

11 Norman GRUBB, p. 74.

12 Norman GRUBB, p. 95.

13 Norman GRUBB, p. 107.

14 http://www.wholesomewords.org/missions/msctserm.html The Chocolate Soldier or Heroism - The Lost Chord of Christianity "Heroism is the lost chord; the missing note of present-day Christianity!" Nous proposons quelques brefs extraits en traduction libre, pour mieux saisir le sens de la métaphore.

15 Studd souffrait d'asthme.

16 http://www.wholesomewords.org/missions/msctserm.html, Copied with permission of WEC International.

17 Norman GRUBB, p. 169