Un culte pour Dieu

Ps 100 ; Rm 12 :1-2

Pourquoi une réflexion sur le culte ?

    Le culte est l'axe principal de la vie de l'Église : « Le culte est la première raison d'être et l'activité principale de l'Église. » 1. Le contexte actuel fait qu’il est la seule réunion de la semaine où toute la communauté se retrouve assemblée.

    Les questions, à cet endroit, ne manquent pas et doivent être posées. Qu’est-ce qui apportera un vrai renouvellement ? Un simple changement de formes ? Ne faut-il pas donner priorité aux motivations, à la spiritualité de chacun ? Comment garder l’identité de l’Église tout en s’ouvrant à des nouveautés ? Qu’est-ce qui est cohérent avec l’Écriture, avec la réalité et le vécu de l’Église ?

    Il y a parfois beaucoup de superficialité dans la manière dont on perçoit le « renouvellement » : ainsi, ce qu'on appelle louange vivante, n’est souvent qu’une louange sur musique moderne. Est-ce vraiment cela le critère ? Mais il faut reconnaître aussi que la reproduction à l’identique des mêmes formes peut tourner à la routine, faire du culte une sorte de « déjà vu », déjà connu à l’avance. Il y a, certes, des régularités structurantes. Mais il vaut éviter de vivre le culte comme une « habitude », dans laquelle on se laisse porter, ou de développer une fixation sur « une » forme : car l’Évangile gagne à s’exprimer dans une richesse diversifiée.

    Tout cela exige que l’on réfléchisse à sa pratique. Que l’on sache pourquoi on fait ou on refuse telle ou telle chose. Le critère, c’est l’Écriture. C’est d’elle que nous avons à recevoir les orientations, les principes, les incitations, les limites, les espaces de liberté.

1. L’orientation fondamentale

    Dans son premier ouvrage sur le culte2 - maintenant épuisé -, A. Kuen pose la question : « Pourquoi va-t-on au culte ? ». Il liste « 7 bonnes raisons », à la manière dont Samuel a fait passer devant lui les fils d’Isaï, avec à chaque fois le commentaire : «... mais ce n’est pas là le but du culte ». Ces raisons sont, pour certaines, très louables. Ce sont de « bonnes » raisons : (1) l’habitude, (2) renforcer ma communion avec Dieu, (3) entendre Dieu me parler, (4) être transformé, (5) la communion fraternelle, (6) prier ensemble, (7) rechercher la présence du Seigneur. Aussi bonnes soient-elles, elles ont une limite : elles restent orientées vers nous. C’est « pour nous » que nous recherchons ces biens. Nous voulons « recevoir ». Si l’on parle du but du culte, il faut nous décentrer. Et mettre DIEU au centre de notre objectif. L’orientation principale du culte est de « rendre » à Dieu l’hommage qui lui est dû. C’est lui que l’on vient honorer, avant de chercher quelque chose pour nous-mêmes. La clé du culte s’appelle : « Pour Dieu !». Il y a là une orientation essentielle, et fondamentale, qui définit le culte. Il est bon de clarifier nos motivations à cette lumière. Cette orientation, cependant, appelle deux commentaires.

1.1 APPORTER ET RECEVOIR

    Une fois posée cette orientation principale, il faut ajouter que, si nous venons au culte « pour Dieu », nous allons aussi recevoir. Car le culte s’inscrit dans une relation vivante : « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous » (Jcq 4 :8). Tous les bienfaits mentionnés tout à l’heure font partie des bienfaits du culte, mais ils viennent en second. Il faut préserver cet ordre.

    Nous pouvons, certes, nous trouver en situation où nous avons absolument besoin de recevoir en venant au culte. C’est légitime. Et certains cultes s’ouvrent par l’invitation de Jésus : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ». (Mt 11 :28). Mais attention à ne pas nous installer dans cette attitude toute centrée sur nos besoins ! Il nous faut cultiver la parole d’équilibre : « Nous voici Seigneur, nous venons à toi... car tu es le Seigneur, notre Dieu » (Jr 3 :22). Rendre un culte » à Dieu, c’est valoriser le « toi ». Et cela peut se faire au coeur de la faiblesse et de la confession de nos besoins : « Seigneur, à quel autre irions-nous qu’à toi ? » demandait Pierre... Cette confession est une forme de reconnaissance, d’adoration.

    On retrouve ici les mêmes équilibres que dans l’amour. Celui qui « n’aime » que pour ce qu’il reçoit ou attend, ne vit pas dans l’amour. Il épuisera l’amour. Par contre, celui qui valorise le « toi » dans l’amour nourrira cet amour, et en recevra immensément en retour. Pour le culte, il faut aussi ce même ordre.

    Quelle différence cela fait-il ?

    Si l’orientation du culte est, systématiquement, ce que « je » peux en retirer, il y a une sorte d’instrumentalisation du culte. Je risque d’être souvent bien frustré. Si pour « me » faire du bien, il faut absolument « une louange d’un certain style », je vais être frustré si la manière de chanter de répond pas à ces critères, ou si le message est trop long. Si, inversement, pour « me » faire du bien, il n’y a « que le message », je vais subir le temps de louange en rongeant mon frein jusqu’au message, en espérant ensuite qu’il soit assez bon pour moi.

    Par contre, si le souci premier est de rendre un culte à Dieu, dans une démarche tournée vers lui, tout ce qui oriente authentiquement vers lui prend sens et valeur.

ORIENTATION ET CONTENU

    Si l’orientation du culte est d’être « pour Dieu », qu’est-ce que cela implique concrètement, quant au contenu du culte ?

    Pour certains, cela implique que l’adoration et la louange sont le centre et la raison d’être du culte. C’est assez fortement la tendance d’un Alfred Kuen. Suivre cette ligne conduit à une vraie difficulté : comment donner un plein statut à d’autres éléments du culte, comme la confession des péchés, l’écoute de la Parole ? L’Écriture nous conduit à les intégrer dans le culte, mais il est difficile de le justifier.

    La limite de cette approche est qu’elle cherche à isoler l’élément du culte qui serait plus particulièrement « pour Dieu », à partir de son contenu ou de sa nature. Une autre démarche, plus féconde, s’attache à notre manière de vivre chaque étape du culte : c’est dans la mesure où nous cherchons à honorer Dieu au travers de chaque élément du culte que nous lui rendons un culte véritable. Je loue le Seigneur ? Que ma louange soit pleinement « pour lui » ! Je reçois sa Parole ? Que je le fasse, vraiment « pour lui », en lui montrant par là que je l’aime et le reconnais comme mon Seigneur ! Je confesse mes péchés ? Que ce soit aussi « pour lui », en reconnaissant son autorité, en lui ouvrant pleinement ma vie pour qu’il y fasse sa lumière et y opère ce qu’il veut. Je célèbre la Cène ? Que cette « mémoire » ravive en mon coeur l’amour, la reconnaissance, la consécration ! Je confesse ma foi ? Que cette affirmation soit une façon de dire la grandeur de Dieu et de son oeuvre ! Je prie le Notre Père ? Que j’honore ainsi le Seigneur Jésus qui a eu soin de ciseler cette admirable prière pour les siens ! Je cherche à apporter au culte une touche de beauté, par la musique, la voix, les paroles, des textes travaillés ? Que ce soit un hommage rendu au Seigneur par toutes les fibres de mes capacités d’expressions : « Mon oeuvre est pour le roi... que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain ! » (Ps 45 :2)

    Tout ce qui est fait « pour le Seigneur », afin de l’honorer, participe à l’hommage que nous lui rendons. Il ne s’agit pas d’isoler ou de valoriser un aspect du culte par rapport à un autre. Il s’agit plutôt de tout orienter dans le sens d’un hommage vibrant et d’un service aimant de celui qui nous a aimés le premier.

2. La terminologie et son impact

    Qu’entendons-nous par « culte » ?

Le vocabulaire contemporain

    Le mot français « culte » vient d’un verbe latin qui signifie « adorer » (cultus, participe passé de colere). Les mots « cultiver, culture » sont de la même famille. Quel lien entre « culte-adoration » et l’idée de « cultiver » ? Il remonte plus haut que le latin, à la racine indo-européenne kwel, qui signife « tourner autour », « s’occuper de ». L’idée commune est celle d’une attention particulière que l’on accorde, soit à la terre que l’on cultive, soit à celui que l’on adore. Au premier plan se trouve donc celui à qui l’on accorde son attention, tout en soulignant l’attitude active de celui qui rend un culte. 3

Le vocabulaire biblique

    Qu’en est-il du vocabulaire de la Bible ? Une recherche du mot « culte » dans la Bible Segond donne : 2 fois dans l’AT, 13x dans le NT. La Nouvelle Bible Segond (très précise, très technique aussi) donne : 0x dans l’AT, mais 32x dans NT. Si l’on en restait là, on pourrait avoir l’impression que la Bible ne dit pas grand chose sur le culte. La raison, c’est que le mot-clé de la Bible pour parler du culte est le mot « SERVIR ». « Servez l’Eternel ! » C’est ainsi que l’on parle pour désigner le culte.

2.1. LE TERME GENERIQUE : « SERVIR LE SEIGNEUR » (abad)

    Nous avons lu le Ps 100 : « Servez l’Eternel avec joie ! » Lu dans sa totalité, il évoque très clairement le culte, au sens d’un rassemblement particulier où l’on se présente devant Dieu : il est question « d’entrer » en sa présence, dans ses portes, dans son temple. Le mouvement est collectif : les verbes d’invitation sont au pluriel, l’invitation est large. Les attitudes et les actions auxquelles le psaume convie sont la joie, la louange, les chants, la confession de qui est Dieu. Ici, « Servez l’Eternel avec joie » veut dire « Rendez un culte au Seigneur avec joie ». En lui-même, le terme « servir » est plus large que le culte. On peut servir quelqu’un dans le sens très concret de « travailler pour » lui. C’est le contexte qui permet de déterminer si l’expression désigne le culte4. Il est intéressant qu’il n’y ait pas de mot plus spécifique qui définirait le culte par tel(s) acte(s) précis que l’on accomplit. Cela confirme que c’est l’attitude prise qui fait que quelque chose est « culte » ou ne l’est pas. Tout ce qui exprime un service du Seigneur, dans la conscience de le lui offrir, ou de le faire « pour lui », est une forme de culte. En même temps, il faut noter qu’on ne peut pas limiter ce service au seul cadre du culte comme rencontre particulière. Car il est clair dans l’AT que c’est PAR TOUTE SA VIE que l’on « sert le Seigneur ». Servir le Seigneur, c’est aussi le craindre, observer ses commandements, faire ce qui lui plaît, lui être attaché de tout son coeur (Dt 6 :13-17 ; 10 :12-13 ; 13 :4 ; 1 Chr 28 :9-10). En réfléchissant au sens du culte, il nous faut prendre en compte cette dimension large du « service de Dieu » : le culte n’est pas un acte isolé de la vie, mais s’inscrit dans un attachement à Dieu qui se manifeste dans toute l’existence.

2.2. LE TERME TECHNIQUE : LE SERVICE CULTUEL PARTICULIER (chéreth)

    Il existe un deuxième mot, plus technique, qui désigne particulièrement le service cultuel rendu par les prêtres dans l’exercice de leurs fonctions (chéreth) : « Aaron se revêtira de ces vêtements pour officier (NBS), Ex 28 :35 5. Il s’agit là des actes particuliers du culte que seuls les prêtres accomplissaient. Le lieu où se déroule ce service est souvent précisé : « dans le sanctuaire »(Ex 29 :30) ; « dans la tente » (Nb 1 :50) ; « devant le coffre de l’alliance » (1 Chr 16 :37), ou « dans la maison du Seigneur » (1 Chr 23 :28). 6

    Il y a donc deux aspects du culte : le service de l’ensemble de la communauté, et des actes particuliers accomplis par les prêtres. Il est important de relever que, dès l’AT, l’ensemble du peuple « sert le Seigneur » dans le sens général : les actes cultuels s’inscrivent dans le culte que le peuple dans son ensemble rend au Seigneur. « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs, une nation sainte » (Ex 19 :6). Dans le NT, cette ligne sera accentuée, par le fait que le peuple de Dieu est constitué de ceux qui « connaissent tous » le Seigneur. Dieu fait, par son Esprit, sa demeure en chacun. Ensemble, ils forment un temple, dont ils sont, tous, des « pierres vivantes ». (1 Pi 2 :4).

2.3. QUELS SONT LES AUTRES MOTS LIES AU CULTE DANS L’AT ?

    Ils sont nombreux, et évoquent divers aspects du culte :

2.3.1. Le vocabulaire des sacrifices :

    c’est un aspect du culte très présent, et très détaillé dans l’AT. Le mot « sacrifice » est présent 375 fois dans l’AT, sans compter les desriptions détaillées de divers sacrifices. C’est dire l’importance de ce geste dans le culte de l’AT. Un texte-clé est Dt 12 :11-12 : « Alors il y aura un lieu que l'Éternel, votre Dieu, choisira pour y faire résider son nom. C'est là que vous présenterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, vos prémices, et les offrandes choisies que vous ferez à l'Éternel pour accomplir vos voeux. (12:12) C'est là que vous vous réjouirez devant l'Éternel, votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes, et le Lévite qui sera dans vos portes; car il n'a ni part ni héritage avec vous. » (Dt 12 :11-12).

2.3.2. Le vocabulaire de la louange :

    les psaumes sont riches de multiples invitations, qui correspondent aux liturgies du culte en Israël. Elles sont condensées dans 1 Chr 16, louange inaugurale d’Asaph et ses frères. Il est utile de souligner tous les verbes d’invitation que contient ce psaume.

    Quelques termes courants : « Louez l’Eternel ! » (1 Chr 16 : Ps 150 ; Es 12) : « Hallelu Yah » : plus de 50x ! On ajoute, souvent, le motif de la louange : « Louez l’Eternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! » « Bénissez l’Eternel ! » (1 Chr 29 :20 ; Ps 66, 88,96 ; Neh 9 :5). 15 x environ « Chantez » : Ps 47 :7 – avec mention d’instruments (Ps 33 :3) ; d’une louange qui est vie, renouvellement (« cantique nouveau », Ps 96). 30 x « Annoncez ! » ; « Parlez ! de toute ses merveilles » (1 Chr 16 :9) « Rappelez !» ses hauts faits, son alliance Rendez à l’Eternel gloire et honneur Apportez des offrandes

    Tout cela traduit un engagement des fidèles dans le culte. De plusieurs manières, on est invité à s’impliquer dans ce que l’on veut apporter au Seigneur.

2.3.3. Le vocabulaire de la rencontre

    Mais le mouvement n’est pas à sens unique : le culte est une véritable rencontre. Où il y a place pour la « recherche de Dieu », la demande de secours, de soutien (1 Chr 16 :11), l’humiliation (Ps 95 :6). Rendre un culte nous met en présence du Seigneur. Cette présence est une grâce, qui étonne : « Dieu habiterait-il vraiment sur la terre ! » (1 R 8:27). Elle demande de notre part une vraie ouverture : « Cherchez sa face. » (Ps 27 :8)

2.3.4. Le vocabulaire de l’écoute

    L’écoute de la Parole de Dieu faisait-elle partie du culte de l’AT ?

    Ce que l’on sait, c’est que le rôle des prêtres était d’enseigner (Lév 10 :11 ; Dt 33 :10). La loi était lue lors des grands rassemblements (tous les 7 ans en présence de tout le peuple, Dt 31 :9-13). Il y avait aussi un enseignement individuel, en fonction des demandes d’éclaircissement (Dt 17 :10). Mais nous n’avons pas de renseignements très précis quant aux rassemblements plus réguliers du peuple de Dieu. Par contre, on peut faire valoir un principe théologique que l’on trouve dans l’AT : « servir le Seigneur », c’est obéir à sa loi, à ses directives. A ce titre, la connaissance de la loi, sa méditation (Ps 1) font partie du « culte » que l’on rend au Seigneur. On notera d’ailleurs que l’espérance d’Israël unit le culte et l’écoute de la loi dans le beau texte d’Esaïe 2 :2-3.

2.4. LE VOCABULAIRE DU NT

    Tous les spécialistes sont d’accord pour souligner combien le NT contient peu d’instructions sur le culte, son déroulement, les éléments qui le composent. Il faudra en discerner le sens, mais il faut relever le fait.

    Trois nouveautés sont fondamentales :

L’OEUVRE DE JESUS-CHRIST :

    il n’y a plus de sacrifice à offrir pour le péché. Tout ce qui, dans le culte de l’AT, avait trait à l’expiation des péchés, est accompli en Christ. Le culte chrétien, s’il fait place à la confession des péchés, affirmera le sacrifice du Christ pour ce péché, et la grâce qui en découle. La Cène trouve ici toute sa place au coeur du culte.

LA PRESENCE DU SAINT-ESPRIT :

    l’Esprit de Dieu habite en chacun de ceux qui ont ouvert leur vie au Christ et confessent leur péché. Chaque chrétien est le temple de l’Esprit (1 Co 6 :19). La communauté des chrétiens est aussi le temple de Dieu (1 Co 3 :16). Le culte est ainsi inscrit au coeur même de notre vie, personnelle ou communautaire : le temple est le lieu de la demeure de Dieu et celui où on lui rend un culte. De plus, l’Esprit est là pour nous animer en vue de ce culte : c’est « par l’Esprit » que nous rendons notre culte à Dieu (Phil 3 :3).

L’UNIVERSALISATION DU LIEU :

    l’AT fixait le Temple de Jérusalem comme point focal du culte (sacrifices, fêtes). L’oeuvre de Jésus, le sacrifice accompli une fois pour toutes, permettent d’universaliser cette question du lieu : « L'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. [...] Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. » (Jn 4 :22-24) Jésus opère ici une relativisation complète de la question du « lieu » (« ni... ni »), au profit de la présence de l’Esprit.

    Ceci dit, le vocabulaire du NT confirme la vision d’un culte « pour Dieu » :

    « Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’avoir les mêmes sentiments les uns à l’égard des autres afin que tous ensemble, d'une seule bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ. » (Rm 15 :5)

Thierry Huser

 

1 A. Kuen, Le culte dans la Bible et dans l’histoire, Saint-Légier, Emmaüs, 1993, 12

2 Idid..

3 Le mot anglais « worship » est une contraction du mot « worthyship » : worthy signifie « digne » ; la finale –ship décrit le mouvement vers. Le terme évoque donc l’attitude de celui qui se tourne vers Dieu en reconnaissant sa dignité. L’allemand emploie le mot « Gottesdienst » : un mot composé qui signifie « service de Dieu ». Servir, c’est aussi reconnaître la dignité particulière de Dieu, mais dans une attitude d’humilité et de mise à disposition.

4 Le culte est en vue lorsque « servir » est associé à « se prosterner », à l’offrande de sacrifices, au temple, au fait de s’assembler, à l’invocation du Seigneur.

5 Bible traduction Louis Segond : « pour faire le service »

6 On peut relever que la traduction grecque de l’AT (qui a influencé le vocabulaire du NT) a utilisé un mot de façon quasi technique pour désigner ce service particulier des prêtres. C’est le mot qui a donné, en français, « liturgie ». Ce mot a une histoire assez intéressante. (i) Au départ, c’était un terme politique, sans rapport avec le culte : un service effectué pour le bien public (organiser un spectacle était, par exemple, une « liturgie », un service public). (ii) Le mot est ensuite infléchi dans un sens religieux par la traduction grecque de l’AT, pour désigner le service particulier des prêtres dans le sanctuaire (distinct du peuple). (iii) Dans le NT, on le retrouve avec un sens beaucoup plus ouvert. Il décrit le « service » du Seigneur dans un sens large : la prière commune et le jeûne des responsables d’Antioche (Ac 13 :2), la collecte en faveur des chrétiens de Jérusalem (2 Co 9 :12 ; Rm 15 :27), l’annonce de l’Évangile par Paul (Rm 15 :16). Le terme s’élargit pour décrire toutes sortes de tâches que les uns et les autres peuvent accomplir pour le service de l’ÉGLISE et du Seigneur.

7 Cf la note 6.

8 Ce verset explicite ce qu’implique « être le temple du Saint-Esprit », 6 :19.