Les évangéliques & l'ordinateur
Nous reproduisons ici un article publié dans la Bon Combat du milieu du siècle passé (1968) !
N'est-ce pas là un prodigieux encouragement à prier et encourager ceux qui aujourd'hui cherchent
à communiquer la Bonne Nouvelle de l'Evangile... Par le WEB... «tabernaclais» inclus?
On fait souvent aux chrétiens la réputation des carabiniers, celle d'arriver toujours en retard. Quand la technologie moderne met au point de nouveaux moyens d'action ou de communication (cinéma, télévision), ils commencent par y flairer une invention diabolique (et ils laissent le champ libre au diable, qui profite pour s'en servir le premier) ; longtemps après, cependant, ils se rendent compte qu'ils pourraient, eux aussi, en tirer parti, pour la diffusion et la défense de l'évangile.
Il ne devrait pas en être ainsi, grâce à Dieu, du plus récent des grands progrès techniques : la révolution des ordinateurs (ou « computers », calculateurs électroniques). Les observateurs nous assurent que le mot de « révolution » n'est pas trop fort, notre civilisation peut être profondément transformée, davantage encore que la découverte de l'énergie atomique, autant peut-être que par la révolution de machinisme qu XVIIIe siècle. Or les évangéliques vont être les premiers à utiliser l'ordinateur dans le domaine religieux (son emploi commence à peine pour les études littéraires, après avoir été réservé aux recherches scientifiques).
Dieu a donné l'audace, la vision et les fonds nécessaire (considérables). Le Christian Research Institut, aux Etats-Unis que dirige le Dr W.H.Martin, est chargé de réaliser le projet. Un ordinateur central (déjà en place) emmagasinera des millions d'éléments d'information, et il sera possible de les lui demander de tous les coins de la terre, à partir de « pupitres » disséminés dans diverses écoles et universités. Le demandeur tapera sa question sur la machine à écrire du pupître (ou « terminal ») en quelques secondes l'ordinateur lui répondra, et la réponse apparaîtra sur son écran TV, ou sortira imprimée sur une feuille de papier. Pour l'Europe, un petit ordinateur-relais pourra fonctionner à Strasbourg, et l'information enjamber l'Atlantique grâce au satellite Tellstar. Lordinateur pourra aussi traduire et achever en quelques heures ou minutes des travaux qui demandaient des années de labeur : faire la concordance complète d'une nouvelle version de la Bible, par exemple.
Pour intéresser des théologiens et d'autres responsables évangéliques à l'entreprise, le Dr. Martin, assisté du professeur J.W.Montgomery, a réuni un colloque en Autriche, du 15 au 18 septembre. J'ai eu le privilège de participer à cette rencontre, dans le magnifique château « Schloss Mittersill » dont l'internationale des G.B.U. a, depuis cet été, l'usage. Nous étions environ 35, avec des représentants de tous les coins du vieux continent, de la Finlande à l'Espagne. Les responsables puis le directeur du Service des Applications non-némériques d'I.B.M. France, M. J.Lévery, nous ont exposé divers aspects théologiques et pratiques, nous ont éclairés en enthousiasmés puis nous nous sommes répartis en groupes de travail, pour déterminer quels types de réponses devraient nourrir la mémoire de l'ordinateur.
L'ordinateur, en effet, ne pense pas, et ne pensera jamais. C'est une banque de renseignements et, en même temps, un appareil qui retrouve en quelques secondes celui qu'on cherche, parmi des millions. Il ne donnera jamais que la réponse qu'on lui a fournie ; il n'exécutera jamais que le programme qu'on lui a dicté. Tout dépend donc de la valeur des réponses et des programmes que les théologiens et les techniciens auront préparés.
Où est l'avantage de l'ordinateur ? Dans la quantité fantastique des documents qu'il enregistre, et dans la rapidité sur-humaine avec laquelle il les restitue. L'étudiant, derrière son pupître « terminal » sera dans la plus grande bibliothèque du monde, avec un bibliothécaire parfait à sa disposition, rapide comme l'éclair pour lui chercher n'importe quel livre, n'importe quel renseignement dans n'importe quel livre !
Encouragement à la paresse ? L'ordinateur va-t-il ankyloser, atrophier nos cerveaux, comme la voiture atrophie nos mollets ? Le risque est là-mais ce n'est pas la faute de l'ordinateur ; Il n'est rien de plus qu'un outil. Il devrait, au contraire, gagner un temps fou pour le véritable travail de pensée personnelle, de réflexion originale, de méditation et de prière : ce sont les aspects fastidieux et mécaniques du travail qu'il prend à sa charge, eux seuls. Il ne pense pas-pour permettre à l'homme de penser deux fois plus.
L'ordinateur des évangéliques servira d'abord à l'apologétique, à l'évangélisation en milieu universitaire. La « mémoire » enregistrera des réponses aux objections les plus courantes des non-croyants, avec des références et des conseils de lecture. Plus tard, c'est le travail du théologien (étudiant ou professeur) qu'il viendra faciliter. Il livrera des statistiques complètes sur l'emploi d'un mot par les Pères grecs, il citera sur-le-champ tous les passages dans lesquels Luther de l'éducation des enfants, etc...
On croit rêver, mais ce rêve est déjà réalité « opérationnelle ». On crie à la magie, mais il n'y a rien là de mystérieux. Le vrai mystère, le vrai miracle, reste et restera l'œuvre du Saint-Esprit : elle peut seule ouvrir le cœur à la Parole et aux témoignages qui l'accompagnent.
Il y aurait, peut-on dire pour conclure, deux absurdités : imaginer que l'ordinateur puisse jamais remplacer l'Esprit de Dieu (et aussi, d'ailleurs, l'esprit de l'homme) ; mépriser un outil admirable, alors que le Saint-Esprit peut nous donner la sagesse d'en user pour le salut des hommes, et pour la gloire du Seigneur.