MOI, YAN WEBOVITCH

Moi, Yan Webovitch, j'ai fait un rêve terrible.
J'étais perdu sur le WEB, tout ce qu'il y a de plus perdu...
Je sais! vous allez me dire: c'est absolument impossible de se perdre sur l'Internet!
Il suffit, si jamais pareille impression vous vient, de cliquer sur...

Eh bien! justement NON! Il ne suffit pas de "cliquer sur"!
D'ailleurs, à ce moment-là je ne pouvais plus cliquer,
ni prendre mes cliques et mes claques pour sortir,
ni même bouger de mon fauteuil tournant,
d'ailleurs, je ne pouvais même pas tourner,
ni me retourner,
je ne pouvais que regarder devant moi...
Mais...mais...oh mais, l'écran avait disparu!
Probablement!
Car je ne voyais plus son cadre de plastique si rassurant.
JE NE VOYAIS QUE L'IMAGE,
SANS POURTANT ETRE CERTAIN QUE CE SOIT BIEN UNE IMAGE!

Devant moi siégeait un juge, revêtu de l'hermine blanche.
Et je vis, sur le mur derrière lui, ces mots écrits
et qui me glaçaient d'effroi.

COUR UNIVERSELLE DE JUSTICE

Oh! J'avais bien entendu parler de ce tribunal, autrefois, dans mon enfance,
mais en prenant de l'âge, j'avais fini par l'oublier...

- Accusé, levez-vous! dit le juge d'une voix sèche.
  (Accusé! Accusé! je regardai alentour pour voir qui c'était.Il n'y avait personne d'autre que moi.
  A tout hasard et déjà tout ébranlé, je me levai, les jambes et la conscience très incertains).

- Yan Webovitch, dit le Juge Suprême, vous êtes perdu!

- Comment "perdu", monsieur le juge, dis-je en balbutiant?
  Ce n'est pas possible: je suis entré sur le Web il y a une heure à peine,
  et J'AI CLIQUE SANS FAUTE. Il n'est pas possible que je sois perdu!

- Pourtant, vous l'êtes! Et depuis longtemps, sans le savoir!
  C'est ainsi. Beaucoup de personnes sont dans votre cas :
  PERDUES SANS LE SAVOIR!

- Mais, monsieur le juge, sauf votre respect, dis-je en m'enhardissant un peu
  et pour chercher à détendre l'atmosphère: je ne suis pas perdu!
  Vous savez bien que j'habite Rue du Cherche-midi-à-14 heures...

- En effet, coupa le juge que cela ne faisait pas rire;
  Vous savez bien où vous êtes, mais vous ne savez pas où vous en êtes.
  Vous êtes bien PERDU!


J'énumère:

  • Vous trompez votre femme en pratiquant assidûment le vagabondage sexuel, sans égards pour elle et pour vos enfants.
  • Quant à vos vieux parents, ce n'est apparemment pas votre souci.
  • Dans votre travail, l'honnêteté ne vous étouffe pas, c'est le moins qu'on puisse dire.
  • Ne parlons pas de votre caractère, ni de ...

Mais, à propos, que cherchiez-vous sur le Web, tout à l'heure, Monsieur Webovitch?
Que cherchiez-vous?
.........................................
Allons! je vous écoute!
.........................................

Eh bien! je vais vous le dire, moi :
Comme d'habitude à cette heure, vous visitiez les sites pornos.
C'est bien cela, n'est-ce pas?
Dois-je continuer?

Ce n'est pas la peine, votre Excellence, dis-je précipitamment,
je vois ce que vous voulez dire, je vais vous expliquer...

C'est inutile, Monsieur Webovitch, tonna le juge, le tribunal a déjà rendu son arrêt:

VOUS ETES CONDAMNE A MORT!


J'étais stupéfié. Le juge reprit:
Et je précise qu'elle sera appliquée... DEUX FOIS!
Deux fois, murmurai-je à voix basse, l'air égaré, deux fois!
(et, dans ma tête: il est fou, ce juge! Une c'est déjà de trop!)

La voix du magistrat se faisait lointaine. Tout pâlissait alentour.
Les ombres s'évaporaient. Seule demeurait gravée l'inscription définitive :

COUR UNIVERSELLE DE JUSTICE

Une vive lumière l'éclairait qui, pour finir, devint tout espace,

et si intensément que j'en fus comme transpercé, quoique je me sentisse au-dedans de moi plus opaque qu'un bloc obscur.

Le Juge parlait de nouveau, et sa voix dans l'étendue sonna comme un clairon :

- MONSIEUR WEBOVITCH!

- Oui, monsieur le juge, dis-je faiblement.

- Monsieur Webovitch, je vais vous expliquer pourquoi vous êtes perdu, et ce que signifie cette double mort:

Vous êtes perdu pour n'en avoir toujours fait qu'à votre tête, même quand vous saviez que c'était mal.
Vous avez tourné le dos à la vie, c'est-à-dire à Dieu. Car vivre sans lui, ce n'est plus vivre.

Toutes vos mauvaises pensées,
toutes vos mauvaises paroles,
toutes vos mauvaises actions vous rattrapent.

Le Tribunal applique la sentence: il vous verse VOTRE salaire, Ce que vous avez gagné! Car LE SALAIRE DU PECHE C'EST LA MORT !

- Mais...

- Attendez! Monsieur Webovitch, je n'ai pas fini!

La mort de votre corps n'est que la mort physique, après vient la seconde mort, l'autre mort.

L'AUTRE MORT! Monsieur le juge, dis-je épouvanté.

Oui! L'AUTRE. La Mort Totale, celle de votre esprit qui sera définitivement privé de Dieu, de la joie de sa présence, c'est-à-dire de toute joie, pour toujours.

M'entendez-vous? POUR TOUJOURS! YAN WEBOVITCH !

Comprenez-vous ce que cela signifie?


Je le comprenais maintenant.

Il me revint alors cette parole entendue, autrefois, dans mon jeune temps, je ne sais plus où, sans doute à l'église :

"Ils auront pour châtiment une ruine ETERNELLE, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force" (II Thessaloniciens. 1:9).


Je ne respirais plus qu'à peine.

Je vis alors, dans le silence énorme et comme éternisé, descendre, lentement, longuement, infiniment, une plume,

une plume noire

qui, juste à ma hauteur, sembla hésiter un peu,

avant de glisser en tournoyant vers la Ténèbre,

VERS L'EN-BAS,

VERS L'ABÎME,

et, moi, i-ne-xo-ra-ble-ment,

je me sentais glisser avec elle...


Le juge s'était tu. Je levai vers lui les yeux, implorant dans un souffle : - Monsieur le juge, que dois-je faire pour être sauvé?

- Comment! dit le Magistrat Suprême, vous osez encore poser cette question, vous, MONSIEUR WEBOVITCH?
  Vous devriez pourtant le savoir vous qui savez si bien dénicher les "bons" sites sur la toile!

Dites-moi, pourquoi n'avez-vous pas fréquenté les sites où l'on répond à votre question?
Ils sont pourtant nombreux sur l'Internet, à commencer par le TABERSITE. Là, on vous aurait dit ceci :
commencez par reconnaître tout le mal que vous faites, et désirez changer de manière de vivre.
Et puis, croyez au Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour vous, à votre place. Vous m'entendez YAN WEBOVITCH?

A VOTRE PLACE!

ET VOUS SEREZ SAUVE.

Voilà ce qu'on vous aurait dit!

Mais, maintenant...
 

J'eus alors un soubresaut.

Mon coude avait glissé du pupitre.
J'ouvris brusquement les yeux :
l'écran de mon ordinateur était bien allumé, et je lus ceci: WWW.eglisedutabernacle.org

J. Richard.