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Lectures : Ps 91, 1 R 3.1-15, Jc 4.2-3 Introduction
Il paraît que depuis le mois dernier, il y a une nouvelle
façon de se situer dans le temps : jusque-là on
parlait d’un avant et d’un après Jésus-Christ, maintenant
on parlerait d’un avant et d’un après 11 sept 2001 !
de quoi déclencher une nouvelle épidémie de sinisthrax !
Quel antidote proposer contre ce type de mal ?
La prière qui " plût à Dieu ", c’est celle d’un jeune homme de bonne et pieuse famille qui, il y a 2970 ans, accéda à la magistrature suprême de son pays. Bien administrer n’est pas chose simple, mais succéder à un père qui en 40 ans de règne avait bien assis sa renommée était un héritage encore plus lourd à porter De quoi vous donner des cauchemars Manifestement travaillé en lui-même par le poids de la charge professionnelle qui lui incombait, c’est à l’occasion d’une nuit agitée, dans un rêve, que ce jeune homme d’une vingtaine d’année alors, formula cette prière qui plut au Seigneur C’était à Gabaon où se trouvait alors la tente de la rencontre, à une époque où le Temple n’existait pas encore à Jérusalem juste après une grande célébration religieuse qui avait marqué sa prise de fonction effective roi Salomon Lecture 1 R 3.2-15 ; 2 Ch 1 ; Ja 4.2-3 PRIER QUI ? Prier POURQUOI? Prier QUOI ? (haut)
La prière n’étant ni un simple " lieu
de paroles " ou centré sur nous-mêmes nous
vidons notre " trop plein " intérieur,
ni un simple devoir cultuel comme le souligne si bien le " notre
Père " interprété par la compagnie
Sketch’Up il importe de nous interroger : avec QUI parlons-nous,
lorsque nous prions ? La prière est l’acte dans lequel la créature rencontre son Créateur, un pécheur le Dieu juste et saint, un enfant bien aimé son Père PRIER POURQUOI? Prier QUI? Prier QUOI ? (haut) La question peut à première vue sembler incongrue, et pourtant Qu’est-ce qui motive ma prière, moi qui me réclame du Christ ?Jacques dénonce une fausse motivation : vous voulez que l’objet de vos demandes serve à votre plaisir, en d’autres termes vous cherchez seulement votre confort immédiat, vous ne cherchez pas à accomplir premièrement la volonté de Dieu. En fait, " POURQUOI prier " est intimement lié à la réponse que nous donnons à la première question : " QUI prier ? ". Si nous sommes les serviteurs choisis par le Maître de l’Univers pour accomplir sa volonté, notre confort ne peut être le motif premier de nos demandes. Non pas que dans sa grâce, le Seigneur ne fasse aucun cas de notre bien-être, mais à l’image de Jésus qui priait " ta volonté et non la mienne " (Mt 26.42), il est juste de prier dans cette même perspective. Salomon savait quelle était la volonté de Dieu pour lui : c’était d’administrer le peuple de Dieu. Ce peuple nombreux était comme une montagne, ou comme un Goliath devant lui Mais pas question de démissionner ni de faire disparaître l’objet de son tourment, c’est-à-dire : ce peuple nombreux ! Allait-il voir cela comme un défi à relevé, avec ses forces, pour se faire se prouver qu’il est quelqu’un, puis se faire un nom ? La crainte de l'Éternel enseigne la sagesse, Et l'humilité précède la gloire (PR 15.33). La confession du Roi en est une belle illustration. Conscient " qu’il ne savait pas gouverner " et par-dessus le marché, se sachant jeune, donc sans grande expérience comme " capital de sécurité ", il se tourne humblement vers Celui qui sait tout. C’est Luther qui disait : " Prier, ce n’est pas vaincre la résistance de Dieu, c’est saisir sa bonne volonté ". On pourrait y ajouter : " prier ce n’est pas désarmer toute opposition, ou faire disparaître toute souffrance, mais c’est trouver auprès du Seigneur la force pour vivre les réalités de la vie sur cette vieille terre, selon la volonté de Dieu, pour que Ses projets s’accomplissent ". Dans notre société de consommation, ou on assure même la vie, et ou le risque-zéro est la norme à exiger des autres, il est assez naturel de prier pour assurer premièrement notre sécurité et notre " bien être " matériel et physique. Une " théologie de la gloire " qui fait fi de la " théologie de la croix " est déjà quelque chose d’ancien, Marc l’évoque déjà dans l’évangile qui porte son nom. Dans le beau Ps 91 que nous avons lu tout à l’heure, Dieu dit : " je serai avec lui au moment de la détresse et je lui ferai connaître mon salut ". PRIER QUOI? Prier QUI? Prier POURQUOI ? (haut) Dans ce qui aurait pu être un cauchemar, un puits sans fond, ou le pauvre Salomon sans expérience aurait pu se voir près à être englouti par cette foule en marche contre lui, maintenant que son père était mort Dieu prend les devants mais non pour lui chanter le Ps 23, ou le cantique 159 sur ATG (ne crains rien je t’aime non jamais tout seul ".De façon étonnante, Dieu intervient dans le fort intérieur de Salomon, en lui posant une redoutable question-test : " Demande ce que tu désires, que je te l’accorde ". Comment réagirions-nous, de façon consciente si Dieu nous disait personnellement maintenant : " Demande ce que tu désires, que je te l’accorde" ? Quelle est la nature de nos désirs les plus profonds ? 1° certains pourraient dire rapidement, tout en veillant bien sûr à ce que la requête soit conforme à l’Ecriture. : oh j’ai plein de chose à demander donne-moi un meilleur salaire et moins d’impôts je pourrais ainsi mieux exercer la libéralité, un conjoint et un qui sache répondre et même devancer mes besoins, des enfants et des enfants intelligents, gentils et beaux, des collègues compréhensifs et coopératifs, les voisins discrets et près à rendre service, une santé sans faille... N’est-ce pas là une réaction très centrée sur soi ? Ne serait-ce pas là confondre Dieu avec le Père Noël, et le Chrétien avec un petit enfant naïf qui ne voit guère au-de-là de ce qui lui semble être des besoins immédiats ? 2° d’autres pourraient être envahi d’un certain sentiment de malaise, se traduisant par un silence embarrassé Que demander qui fasse plaisir à Dieu tout en s’incarnant de façon incisive dans ce qui touche nos préoccupations quotidiennes, ou celles de nos amis ? Faire plaisir à quelqu’un d’autre ce n’est pas si simple que cela voyez le casse-tête que peut représenter l’achat de cadeaux de Noël L’exemple de Salomon, illustre plutôt de la seconde réaction. C’est une démarche qui n’a rien d’un simpliste " YAKA ", mais une démarche qui engage à une honnête réflexion sur Dieu et sur soi !. En effet, comment demander quelque chose qui plaise à notre interlocuteur, si nous ne le connaissons pas du tout ou s’il nous indiffère de lui faire plaisir ? La demande de Salomon est le fruit d’un cheminement qui lui a pris du temps, a coûté le voyage à Gabaon et 1000 holocaustes, occasionné du tourment, nécessité le concours de sa réflexion active mais aussi d’une nuit bien agitée et pour finir de l’aveu de sa crainte de ne pas être à la hauteur. Cependant, cela en valait la peine Salomon finit par demander à Dieu : Veuille donc donner à ton serviteur l’intelligence nécessaire pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu’il sache discerner entre le bien et le mal !(1 R 3.9). Litt. Veuille me donner un coeur qui entende, qui soit attentif, capable d’apprécier de façon juste les réalités de la vie. Salomon ne réclame pas une assurance tout risque, mais en se plaçant dans la position du serviteur, ne demande que la capacité de bien pouvoir accomplir le travail qu’il lui est confié : la compétence de mettre en lumière ce qui est juste, pour trancher et faire des choix justes. Ce qui plaît à Dieu, c’est qu’ 1° Il ne demande ni la richesse et les honneurs des hommes 2° ni que tout obstacle disparaisse devant lui comme un mirage Salomon avait compris que le but de la vie du croyant, c’est d’accomplir les oeuvres bonnes que Dieu a d’avance préparées pour lui, et non d’abord la recherche du confort d’une vie forcément facile ou tout vous souris, ou toutes les sécurités nous sont assurées, et où tous font des courbettes devant nous... Où sont du reste les sécurités inviolables à l’ère ou même le Pentagone peut être touché ? Le but de notre vie, c’est d’entrer dans les projets de vie et de paix du Dieu de la Bible et d’y oeuvrer en bon et fidèle serviteur, à l’image de Jésus qui n’a pas eu une longue vie, n’a pas vécu dans l’opulence démesurée, et n’a pas vu la mort de ses ennemis. Il ne s’agit pourtant pas de mépriser les sécurités financières et autres, une vie plus facile voir les honneurs et pourquoi pas une longue vie. Dieu va accorder par grâce en surcroît cela à Salomon, quoiqu’il ne soit pas mort très très vieux (60 ans), mais là n’est pas ce qu’il nous faut rechercher premièrement Conclusion : Comme Salomon puissions-nous réfléchir à des demandes qui visent justes, des demandes conscientes qui touchent aux outils qui nous sont nécessaires pour accomplir la part d’activités qui nous revient, sur cette terre. (en matière de travail, mais aussi nos engagements familiaux, d’Eglise, activités de loisir) Puissions-nous apprendre aussi aux enfants, dès leur plus jeune âge à prier de façon non infantilisante. Dieu est un Dieu bon, et généreux, qui nous a donné ce qu’il avait de plus précieux, en Jésus-Christ, mais il veut encore être sollicité et peut nous combler au-delà de ce que nous pourrions imaginer. Et il nous comblera, car s’il y a bien eu un " avant " et un " après " Jésus-Christ, il y aura encore un nouvel " après " Jésus-Christ ", qui sera inauguré par les réjouissances qui nous attendent dans la nouvelle Jérusalem. En attendant, dans l’intimité de la communion avec lui, invitons-le à forger nos désirs sur le modèle des siens. Que Son Esprit trouve en nous un coeur, c’est-à-dire une intelligence bien disposée à le laisser faire son oeuvre de renouvellement, par sa Parole. C’est alors que nous agirons avec sagesse et que nous formulerons des demandes qui lui plaisent. A.R. (haut) |