Avoir le Dieu sage & fort comme conseiller intelligent en 2003 et à jamais

Job 12:13


Auprès de Dieu se trouve la sagesse et la force, cíest à lui quíappartiennent le conseil et líintelligence (Job 12 ;13) Cíest là la devise qui a été retenue pour cette année, mot díordre que nous voulons graver dans notre cœur car à qui irions-nous díautre cette année encore, quíà ce Dieu qui en sa personne conjugue toutes les qualités ?

Introduction : Contexte de líénigmatique livre de Job

Cette devise est tirée du livre de Job. Avez-vous déjà lu ce livre ?

Il síagit díun récit assez surprenant, qui a donné lieu a une expression courante en français " pauvre comme Job ". Dieu dévoile dans ce livre sa souveraineté même lorsque des malheurs atteignent líhomme, et qui plus est líhomme juste. Trois cycles de discours semblent comme faire tourner en rond le lecteur qui essaie díentrer dans la logique de ceux qui cherchent une explication rationnelle pour apaiser leur malaise face au mal, et plus particulièrement le mal qui ronge un ami, qui nía pas " mérité " de souffrir !

La devise se trouve dans le premier cycle de discours du livre. Elle est tirée de la réponse que formule Job à son ami Tsophar le Naama, peut-être le plus jeune des 3 amis.

Pour saisir le sens de la devise, il ne sera peut-être pas superflu díesquisser à grands traits la trame générale de líhistoire, puis de souligner brièvement les points essentiels du premier discours de Tsophar avant de considérer la réponse que Job lui adresse

I. On se souvient du cadre de líhistoire.

Dans un langage poétique et imagé, le livre síouvre sur un tableau céleste. Il síagit díun grand conseil où Dieu avait convoqué les anges. Satan qui est un ange (et non un dieu !), même déchus, était de la partie.

Le récit se resserre tout de suite sur le dialogue que Dieu initie avec lui.

Le Seigneur évoqua avec grand bonheur la figure de cet homme appelé Job.

Job était un homme riche qui selon líappréciation même de Dieu était " un homme intègre et droit, un homme qui révère Dieu et qui évite de mal faire " (Jb 1.8). Cíest líexemple de la personne quíil serait juste de voir récompensée pour ses qualités et ses efforts, récompensée par une vie prospérant loin de la souffrance, protégé des maux qui font si mal sur cette terre.

Soupçonnant le mal, Satan impute à Job de níadorer Dieu que par intérêt, et comme pour prouver à Dieu la justesse de son propos, il lui de priver Job de ses biens. Ce bref dialogue qui síinstaure avec Dieu montre que le diable níest pas un électron libre qui fait ce que bon lui semble. Il ne peut entrer en action que si Dieu le lui permet et dans les limites quíIl permet. Plusieurs malheurs vont alors síabattre successivement sur Job. La perte de ses biens, de ses enfants ne suffisant par à lui faire maudire Dieu, cíest par la maladie que Satan espère le voir flancher.

Apprenant quels malheurs avaient atteints Job, ses 3 amis, virent auprès de lui pour le consoler. Après 7 jours de présence silencieuse, après que Job se soit exprimé, ils finirent par prendre la parole líun après líautre, avec la bonne intention díaider Job à sortir de cette mauvaise passe, et indirectement eux avec lui !...

R On casse souvent beaucoup de sucre sur le dos des amis de Job. Certes Dieu leur reproche de ne pas avoir parlé de lui avec droiture (Jb 42.7), mais tout de même, ne jetons pas le bébé avec líeau du bain...

Ils commencent par pleurer avec celui qui souffre, sans chercher à étouffer le deuil par un flot de paroles sortant de leur bouche comme díun kalachnikov. Ils ne viennent pas avec des " YAKA ", pas plus quíavec de longs sermons, ou les longues prières-sermons !

Quelquíun míécrivait hier quíune Eglise en CI organisait des formations pour aider ceux qui accueillent des réfugiés à les accompagner, et díajouter, on est si prompt ici à exhorter et si lent à écouter. Mais ce níest sans doute pas quíun trait ivoiriens...

Pour prolonger le message, vous pourrez méditer chez vous les premiers chapitres du livre pour en tirer des instructions pratiques, en matière de visites de malades mais... là níest pas directement notre propos ce matin..

II. La théologie des amis de Job

Notre propos a pour objet cette parole de Job à son ami Tsophar : " Auprès de Dieu se trouve la sagesse et la force, cíest à lui quíappartiennent le conseil et líintelligence " (Job 12 ;13)

Après ces 7 jours de silence, Job " craque " et rompt le silence. La pompe est alors amorcée, un flot de paroles exhortatives se répand. Les amis prenant successivement la parole et Job leur répondant.

Que dit Tsophar à Job ? (Job 11 : 4-5, 11-16)

" tu as osé dire : Ce que je dis est vrai, je suis pur devant toi.

Ah ! Síil plaisait à Dieu de te parler lui-même, síil desserrait les lèvres... líhomme a líintelligence díune tête creuse, líêtre humain est né comme le petit díun âne sauvage.

Quant à toi, si tu affermis ton cœur et si tu tends les mains vers Dieu, si tu éloignes le mal de ta main et si tu ne laisses pas líinjustice demeurer sous tes tentes, alors tu lèveras ton front sans tache, tu seras ferme, tu níauras pas peur, car tu oublieras ta peine, tu tíen souviendras comme de líeau qui síest écoulée. "

Autrement dit, le bien portant quíest Tsophar prend ses distances et du haut de sa sagesse, dit à son ami souffrant : Job tu es insensé lorsque tu affirmes que tu níes pas coupable. Si tu souffres, cíest parce que tu as péché. Cíest simple, YAKA maintenant simplement te repentir, et Dieu te rendra la santé et la prospérité !

Au lieu de se voir encouragé, Job se fait passer un savon et traiter díâne ou de tête de bourrique ! Il sait pourtant que ses peines ne sanctionnent pas un péché.

12.4 Je suis pour mes amis un objet de risée, moi qui invoque Dieu afin quíil me réponde, un juste, un homme intègre, voilà líobjet des railleries.

Job sait que la repentance níest pas ce qui apaisera son cœur tourmenté et son corps malade.

R Même dans le langage courrant on entend parfois des expressions comme " quíest-ce que jíai fait au bon Dieu pour quíil míarrive cela ?. " Parmi les chrétiens authentiques, on entend aussi parfois des propos qui vont dans ce sens, " síil síabat tel malheur sur untel, cíest sans doute parce quíil a péché, ou nía pas assez prié, ou líEglise nía pas assez prié pour quíil ait été mis hors díatteinte de tout mal... "

Soyons prudents, ne parlons pas trop vite sans réfléchir sans quoi, cíest nous risquons de devenir líâne dans líhistoire !!!...

Síil est juste et normal de síattendre à ce que le péché et en particulier le péché non confessé soit sanctionné, síil est biblique de dire que la maladie est entrée dans ce monde à la suite de la désobéissance díAdam, la souffrance díun ami níest pas forcément la conséquence de sa défaillance morale ou spirituelle ou celle de son Eglise. La santé et la prospérité ne garantissent pas nécessairement la droiture de celui qui en jouit. Abel par ex est mort à cause du péché de son frère !

Líœuvre sournoise de líAccusateur des frères est souvent bien plus raffinée que certaines équations qui ne prennent pas en compte tous les paramètres en cause.

III. La théologie de Job

Mais sûr de son bon droit, face aux bien-portants qui se croient sages, Job ne se laisse pas faire. Dans sa réponse, il met les pendules à líheure, et montre líinsuffisance de la théologie de ses amis.

(Job 12.2-3, 5-6) " En vérité, à vous tout seuls, vous êtes le genre humain ; avec vous mourra la sagesse. Jíai autant díintelligence que vous, je ne vous cède en rien...

Au malheur le mépris ! Voilà líopinion des gens satisfaits, (le malheur) cíest un coup pour ceux qui chancellent sur leurs jambes.

Mais les brigands jouissent de la paix sous leurs tentes... Il y a sécurité pour ceux qui irritent Dieu, pour quiconque met Dieu dans sa main. "

Si la vie sur cette terre se réduisait à cette formule : fidélité ou repentance = santé et prospérité, alors comment comprendre que les méchants prospèrent et vivent dans líinsouciance ?... Dans la théologie des amis de Job, il y a quelque chose qui cloche... parce quíil tire díune vérité biblique une interprétation universelle qui ne prend ni le reste de líEcriture en compte ni les évidences manifestes de tous peuvent voir sur la terre !

Nous ne sommes hélas pas à líabri de pareils propos et aveuglements, inconsciemment ou non... sans pour autant souscrire à des principes qui régissent la sagesse pervertie de ce monde. Rappelons-nous que de citer des versets bibliques ne garantit pas que líon dise vrai... Satan a cité des versets bibliques à Jésus, lors de la tentation, cela nía pas impressionné Jésus...

Aussi, disposer de Dieu à sa guise, le mettre dans notre main, níest pas que le fait des " méchants païens idolâtres ", cela ne peut-il pas aussi nous arriver aussi, comme les amis de Job, dans leur discours qui sonne faux ?

R Mais lorsque líon souffre, les lieux communs qui sonnent faux sont díautant plus insupportables et révoltants à entendre, quíils sont exprimés avec arrogance et sentiment de supériorité. Veillons à fonder nos propos sur une réflexion (une théologie) qui prenne en compte líensemble des enseignements de líEcriture, et pas seulement ce qui nous arrange pour court-circuiter certains processus, en particulier lorsque cela nous remet en question ou nous ouvre à des questions sans explications satisfaisantes...

IV. La Sagesse, la force, le conseil, líintelligence, cíest Dieu

Mais que veut dire Job lorsquíil dit :

Auprès de Dieu se trouve la sagesse et la force, cíest à lui quíappartiennent le conseil et líintelligence (Job 12 ;13)? et poursuit : " Voici : ce quíil détruit, nul ne le rebâtit. Et síil enferme un homme, personne níouvrira. Il arrête les eaux, et cíest la sécheresse. Et dès qu'il les déchaîne, la terre est dévastée... "

1? Dieu est souverain. Même sur la terre ou le péché est venu dérégler la logique et líharmonie originelle, le Seigneur est celui à qui toutes choses sont soumises. Satan ne peut agir sans líautorisation du Seigneur. Rien ne peut nous atteindre, ou atteindre nos proches, voire líEglise sans que Dieu líait permis dans sa souveraineté. Certes, devant líintensité de certaines épreuves nous pourrions redouter flancher, si ne nous nous en remettions quíà nous-mêmes. Mais selon sa promesse nous savons le Seigneur veille sur les siens comme sur la prunelle de son œil, empêchant quiconque de nous arracher de sa main, le Seigneur nous mène avec efficacité vers le but (1 Jn 518, Jn 10).

Nous savons que celui qui est né de Dieu ne commet pas le péché qui mène à la mort, car le Fils de Dieu le protège. Aussi le Diable ne peut-il rien contre lui. Nous savons que nous appartenons à Dieu, alors que le monde entier est sous la coupe du diable. Mais nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu et quíil nous a donné líintelligence pour que nous connaissions le Dieu véritable. Ainsi, nous appartenons au Dieu véritable par notre union à son FilsJjésus-Christ. Ce Fils est lui-même le Dieu véritable et la vie éternelle. (1 Jn 5.18-20).

R Cíest donc Dieu quíil nous faut craindre et servir et lui seul. Il est donc légitime de le prier et de le révérer, lui qui tient les rênes de ce monde entre ses mains, mais de le prier en reconnaissant sa souveraineté, sans le mettre dans notre main, ou notre poche, en prenant autorité sur lui, lui dictant la conduite à suivre selon líinspiration de notre propre sagesse (díânes ou de pierre ou?...)...

R Cela dit, si Dieu permet líépreuve, cela ne signifie pas quíil líexalte et quíil nous faille la rechercher et la valoriser comme si elle était une palme académique, offerte aux plus dignes ou méritants. La souffrance níest pas un " bon point " pour les meilleurs élèves, pas plus une pénitence pour expier les fautes des mauvais élèves !... même si parfois elle peut être éducative ou la conséquence díun comportement malheureux.

Síil nous arrive de vouloir expliquer ou justifier la souffrance, níest-ce pas souvent plutôt pour apaiser notre propre révolte, notre propre malaise face à ce qui est étranger à la création bonne de Dieu, ce qui est étranger à la nature divine ?

2? Pris dans le tourbillon des propos qui sonnent faux que lui tiennent ses amis, pour le souffrant quíest Job cíest un peu comme pour leur fermer la bouche ; quíil leur lance " Auprès de Dieu se trouve la sagesse et la force, cíest à lui quíappartiennent le conseil et líintelligence " (Job 12 ;13).

La sagesse, la force, le conseil, líintelligence, Job aurait pu espérer les trouver auprès de ses amis. Mais non, ces qualités ne se trouvent pas dans líhomme qui se suffit à lui-même... en revanche elles se trouvent toujours en Dieu. Ce sont là, des qualités propres à la nature divine, qualités qui se sont incarnées en Jésus.

Les fêtes de Noël nous ont permis de relire certains textes comme, celui díEsaïe qui annonçait : " pour nous un enfant est né, un fils nous est donné, et il exercera líautorité royale, il sera appelé ; Merveilleux Conseiller, Dieu Fort " mais aussi " Père à Jamais et Prince de la Paix " (Es 9.6), Jésus est " ce rameau poussant sur le tronc díIsaï... sur qui líEsprit de líEternel repose, souffle de sagesse et díintelligence, souffle de conseil et de vaillance, souffle de connaissance et de crainte du Seigneur. " (Es 11.2).

Jésus est la seule réponse profonde au mal, mal quíil nía certes pas pratiqué, pourtant il níen a pas été épargné, cíest pourquoi il peut compatir à notre faiblesse. Lui le juste par excellence nía ni éviter ni nier la réalité de la souffrance, mais il lía prise sur lui, pour nous sauver, par la folie de la croix !

Conclusion

Nous commençons líannée en entendant parler de délivrance, de rétablissement, de joies, de victoire, mais aussi díinquiétudes, de maladies, de guerres, de bruits de guerre...

Osons regarder lucidement les réalités en face, sans nous laisser bercer par de fausses illusions, ni voler notre espérance, car un jour justice sera parfaitement faite. La fin du livre de Job en est une préfiguration, quíatteste clairement de par ailleurs la Parole de Dieu.

En attendant les nouveaux cieux et la nouvelle terre, pour que lían 2003 soit réellement une " bonne année ", cultivons la communion à Jésus-Christ, afin que par sa Parole, sa sagesse, sa force, son conseil façonne notre intelligence pour accomplir avec fidélité et soumission la part qui nous revient, et ce même si la vie ne nous souriait pas comme nous le rêvions ou le lui demandions le 1er janvier !

Alors, quíà la suite de notre Maître nous vivions 2003 en disciples incarnés qui portent la marque des qualités de notre Seigneur.

Et líhumilité níen est pas une des moindres même si ce níest pas une vertu très " à la mode " !... Parce que Dieu tient Parole, nous pourrons vivre chaque jour dans la sérénité. Il gardera notre foi et fera fructifier le travail quíil nous confie.

Puisquíen lui se trouve la sagesse et la force, que cíest à lui quíappartiennent le conseil et líintelligence, faisons lui confiance, il saura comment y faire, même si nous, nous líignorons !

le Tabí, le dimanche 5 janvier 2003
A. Ruolt