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« Vacance » ou « Sabbat » ? Dans l’un de ses numéros les plus réussis, Coluche fait parler un ancien combattant de la guerre des tranchées. Il en évoque les horreurs, " c’était pas des vacances ", et il accroche alors ce commentaire : " Heureusement, dans un sens, parce qu’il n’a pas fait beau ! " (je cite de mémoire). Le comique dévoile ce qui est devenu comme le credo tacite autour de nous : rien ne peut arriver de pire que la pluie pendant les vacances ; le mauvais temps sur la plage figure le mal absolu. Car on vit pour les vacances. Elles constituent l’idole. L’idole est vanité, vacuité. Il est frappant que le même mot (qui fait temps rêver), vacance, signifie le vide. Une maison " vacantes " est une maison où il n’y a personne. A l’opposé, c’est un temps plein que Dieu veut pour les siens : un repos de sabbat. Certes, il sait de quoi nous sommes faits, qu’une pause (cessation) nous est nécessaire – c’est le sens du mot ; selon la sagesse, nous jouissons d’un temps allégé des tâches quotidiennes. Mais il n’est pas vide pour autant : il est sanctifié, rempli de la présence de Dieu. Telle est l’extraordinaire disposition qu’enseigne le calendrier de l’Ancien Testament : Dieu veut faire coïncider notre repos, la détente festive, et l’hommage qui lui est rendu, la contemplation de ses merveilles, la " culture " de sa présence. Bonnes vacances sabbatiques !
Henri Blocher |