L’histoire cocasse d’un « voyant » qui n’y voyait rien et d’une ânesse muette qui parle...

No 22

Balaam par Rembrandt     Parmi les textes particulièrement cocasses de la Bible, se trouve celui que je voudrais méditer avec vous ce matin... Il s’agit du récit de « Balaam : le voyant qui n’y voit rien et de son ânesse muette rendue capable de parler pour faire entendre raison à ce devin patenté »

    Si cette « asinesquerie » nous est rapportée par Dieu lui-même, c’est donc qu’elle est là pour notre instruction, montrant au moins que l’ironie n’est pas une figure de style bannie du registre littéraire divin... et qu’il vaut mieux parfois l’humour au glaive pour arrêter les gestes fous de certains. Voilà déjà une première preuve de la bienveillance divine.

    Le peuple hébreu est à la fin de sa traversée du désert, juste avant l’entrée en terre Promise. Myriam, puis Aaron, sont morts. Moïse vit ses derniers jours.

    Le « cycle de Balaam », comme le dénomment certains commentateurs (No 22-25), nous transporte en terre païenne, et place sous le feu des projecteurs des personnages païens cherchant à éliminer le peuple avec lequel Dieu a scellé son Alliance au Sinaï.

    Ces chapitres nous montrent pédagogiquement comment le Dieu Souverain de la Bible est fidèle à son Alliance, et empêche quiconque de maudire ceux qu’il a bénis : les procédés occultes ne peuvent pas se déployer contre eux, restent donc inefficaces. Le plan de Dieu se déroule fidèle à ses promesses.

    Mais ces chapitres nous montrent aussi comment s’y prend alors l’adversaire, qui, ne pouvant inverser le cours des choses tel que Dieu l’a fixé, pousse de l’intérieur le peuple de Dieu à l’infidélité.

Le serpent d'airain     Juste avant, au ch 21 nous est rapporté l’épisode du serpent d’airain, symbole préfigurant le Christ en croix selon l’évangile de Jean (Jn 3.14) et le salut accordé à ceux qui après s’être repentis ont placé leur confiance en Dieu et en lui seul. Cet épisode marque une étape importante de la vie des Hébreux : un grand « nettoyage » s’est alors opéré. Les victoires militaires qu’Israël remporte ensuite font trembler les rois des peuples qui se trouvent sur leur chemin. Balak, roi de Moab, fait partie de ces rois. Pris de panique devant l’avancée des Israélites, s’estimant vaincu d’avance, le Roi Balak va solliciter le magicien Balaam pour éliminer Israël par des moyens occultes plutôt que militaires. Balaam, que le NT présente comme le type même du faux docteur ou faux prophète, sera payé par le roi de Moab, pour maudire Israël. Après une première demande de Balak et un premier refus de Balaam, celui-ci, « voyant internationalement reconnu d’alors », va finir par répondre positivement et se mettre en route pour servir les dessins de Balak.

1. Pointe ironique contre le « voyant » déraisonnable

1.1. Un âne plus sage qu’un voyant patenté

    L’image de l’âne nous fait en général sourire aujourd’hui. Si l’on se prêtait au petit jeu qui consiste à recenser tout ce qui nous vient à l’esprit lorsque l’on fait allusion à cet animal, je soupçonne que nous aurions plusieurs « bonnets d’âne » adaptés aux « oreilles d’ânes », avec quelques autres « âneries » du genre, puis en passant « du coq à l’âne », il y aurait bien quelqu’un qui se mettrait à « brairer comme un âne » en nous disant : « avez-vous déjà essayé de faire boire un âne qui n’a pas soif ?! »... et qui « têtu comme un âne » pousserait la plaisanterie jusqu’à nous faire « tourner en bourrique », nous qui ne sommes pourtant pas des « têtes de mules » même s’il peut nous arriver de venir à l’église « chargés comme un bourricot » au sens propre comme au sens figuré...

    Je ne suis pas si sûre que dans la culture du Proche-Orient Ancien l’âne soit autant un animal qui prête à rire, - la connotation négative que nous appliquons aujourd’hui le plus spontanément à l’âne s’y applique surtout à l’âne sauvage - l’âne domestique a plutôt bonne presse : c’est la monture des rois en temps de paix, alors que le cheval est l’animal de guerre (cf Jésus//Za 9.9). L’humilité et la douceur lui sont associées. Sa robustesse à porter de lourdes charges, sa persévérante serviabilité et sa fidélité sont louées dans la Bible.

    Aussi, plus facile à dresser que les mâles, l’ânesse était une monture privilégier.

    Notre texte lui-même reconnaît à l’âne une certaine sagesse : l’ânesse de Balaam avait fait ses preuves, il n’était pas dans son habitude de désobéir sans raisons valables (v.30), nous la voyons essayer jusqu’au bout de contourner l’obstacle jusqu’au moment où cela n’étant plus possible, elle parle de façon très raisonnable à son maître qui déraisonne.

    Cela dit, le style du récit se veut résolument ironique, mais c’est Balaam, et non l’ânesse, qui est la risée de tous ! Balaam frappe sa monture quand elle contourne l’obstacle en quittant le chemin, puis se met à la battre quand il se trouve le pied serré contre le mur et finit par lui administrer une volée de coups de bâton alors qu’elle se trouve à plat ventre et du coup lui, au moins, les pieds à terre...

    J’imagine volontiers les deux serviteurs rire sous cape... devant cette scène...

L'ane se rebiffe     Balaam, le grand « voyant connu et reconnu » si sûr de lui, non seulement ne voit rien sur sa route, mais en plus ne sait pas interpréter l’attitude si inhabituelle de son ânesse docile et fidèle qui n’a rien d’un animal rebelle !

    Des personnes moins réputées que lui savaient reconnaître le mouvement des saisons en observant la migration des oiseaux. Les chercheurs expliquent aujourd’hui comment certains animaux sont plus sensibles à la pression atmosphérique que l’homme... expliquant ainsi par exemple pourquoi, les jours qui précèdent un séisme, l’on assiste à un exode significatif de certains rongeurs 1 ... Le devin aurait dû vraiment être plus attentif à l’écart de sa monture.

    En tout cas ici, c’est l’ânesse qui a le beau rôle, malgré les coups qu’elle prend !... C’est grâce à elle que Balaam a la vie sauve...

    Sans ce comique court métrage, Balaam serait en effet aurait été passé par le fil de l’épée !

    Mais Dieu lui laisse la vie sauve grâce à son ânesse !

1.2. Le motif de la colère de Dieu

    Cela dit, peut-être avez-vous été surpris par cette subite colère de Dieu (v.22) alors qu’il vient finalement d’autoriser Balaam de partir ? (v. 20).

    Il faut ici revenir sur les trois moments où Dieu a pris l’initiative de parler à Balaam, car notez-le au passage, ce n’est pas Balam qui consulte l’éternel, c’est l’éternel qui prend les devants et qui lui parle !

    A deux reprises, suite à l’invitation pressante et insistante de Balak, Dieu dit clairement « non » à Balaam, au projet de partir pour maudire Israël, avec pour seule différence que la première fois Dieu lui dit de ne pas partir et que la deuxième fois, il l’autorise à accompagner les Princes mais lui interdit d’accomplir la mission que Balak veut lui assigner et pour laquelle il veut le payer grassement : v.12 « Ne va pas avec eux. Tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni » puis v.20 « Si c’est pour t’inviter à les accompagner que ces hommes sont venus, vas-y, pars avec eux. Mais tu ne pourras faire que ce que je te dirai ».

    Dieu réitèrera une troisième fois cette interdiction par l’intermédiaire de « l’ange de l’éternel », expression qui désigne dans l’AT une théophanie, une apparition de Dieu sur terre avant la venue de Jésus sur terre en tant qu’homme. Remarquez comment l’ange de l’éternel prend explicitement à son compte ce que dit Dieu. v.35 « Va avec les hommes, mais tu répéteras seulement les paroles que je te dicterai » //v.20 « tu ne pourras faire que ce que je te dirai »,

L'ange apparaissant a Balaam, de Dore     Si l’éternel se met en colère, c’est que Balaam avait bel et bien décidé d’accepter la mission à laquelle Balak l’appelait ! Du reste, lorsque l’on est un grand personnage, ne pas tout de suite répondre positivement fait partie de l’étiquette, il faut un peu se faire prier pour faire monter les enchères et montrer que l’on est important...

    Pour les princes de Moab, si Balaam acceptait de « seller son ânesse » et de les suivre, cela signifiait sans nul doute qu’il acceptait de maudire Israël. Sans cette conviction, ils n’auraient pu revenir vers leur Roi en étant satisfaits de leur mission. Balaam a probablement su leur tenir au mieux des propos assez ambiguës pour qu’ils puissent croire qu’il acceptait la proposition de Balak, ou au pire, a carrément donné son accord au funeste marché.

    A cause de ce que dit le NT et non pas par esprit enclin au pessimiste, je penche pour ma part pour le pire... je soupçonne personnellement Balaam d’avoir cédé devant les honoraires proposés par Balaam, même s’il s’en défend (v.18) (ça fait toujours plus sérieux...), à cause de ce que Pierre et Jude en disent : « les faux docteurs ont abandonné le droit chemin et se sont égarés en marchant sur les traces de Balaam, fils de Béor, qui a aimé l’argent mal acquis ; mais il a été rappelé à l’ordre pour sa désobéissance. C’est une ânesse muette qui, se mettant à parler d’une voix humaine, a détourné le prophète de son projet insensé » (2 Pi 2.15-16), et Jude parlait des faux docteurs : « Malheur à eux ! Ils ont marché sur les traces de Caïn ; par amour du gain, ils sont tombés dans la même erreur que Balaam... » (Jude 11).

    Dieu a donc dû employer les grands moyens pour faire entendre raison au magicien insensé qui partait prêt à tout faire selon la « commande » pour satisfaire le « client ».

    On ignore ce que les Princes qui accompagnaient sans doute aussi Balaam ont compris de cet incident de parcours. Il valait de toute façon mieux pour Balaam ne pas craindre le ridicule...

    Mais lorsque l’on considère aujourd’hui les magiciens du Vaudou ou d’autres traditions animistes, ou les voyants ayant pignon sur rue en France, on le sait, il vaut mieux pour eux ne pas « craindre un certain ridicule » pour exercer leur « métier »...

    Arrêtons-nous justement un moment sur Balaam, personnage aussi ambigu que déroutant.

2. Balaam personnage ambigu

2.1. Balaam, un prophète de l’éternel d’origine païenne ?

    Il est difficile de situer exactement le pays où il vivait : on pense habituellement que Balaam était un Babylonien lié à Edom (Gn 36.32), vivant à Pitru sur l’Euphrate à 20 km au sud de Karkemish (aujourd'hui Djerablus, située à l'extrême nord de la Syrie) ?...

    Ce qui est sûr c’est :

  1. qu’il n’appartient pas à Israël que Moïse conduit vers la terre Promise,
  2. et qu’il était un devin très réputé dans toute la région.

    On a même retrouvé en 1967, dans le village jordanien de Deir-jalla, des fragments de tablettes de plâtre datant du VIIIe siècle av J.-C., faisant mention d’un certain Bilaam ben Beor, qui était connu des habitants locaux en tant que prophète qui recevait ses prophéties la nuit !2 . On pense qu’il s’agit bien là du Balaam dont parle la Bible. Selon ce témoignage, le rayonnement de Balaam a duré plus de cinq siècles, puisque selon les écoles, les spécialistes situent l’Exode au XIVe ou XIIIe siècle avant J.C..

    Au fil de la lecture, un détail des propos de Balaam répondant aux Princes, vous a probablement surpris No 22.18 : « Même si Balak me donnait son palais rempli d’argent et d’or, je ne pourrais pas transgresser l’ordre de l’éternel, mon Dieu... »

    Cela donne l’impression plutôt d’un croyant à la foi ardente au vrai Dieu et au porte-monnaie fort désintéressé...

Les mages annoncés     Aussi, le récit biblique que nous avons lu nous montre-t-il Dieu parler à Balaam, et plus loin Balaam prononcer des prophéties que les Juifs comme les chrétiens interprètent comme messianiques : No 24.17 « Je le vois bien, mais ce n’est pas pour maintenant, je le contemple, mais non de près ; Un astre monte de Jacob, un sceptre surgit d’Israël... » // Jean dans Ap 22.16, 2.28 applique ce passage à Jésus. Les mages venus d’Orient pour adorer Jésus se réfèreraient-ils à cette prophétie lorsqu’ils se dirigent vers le roi des Juifs qui venait de naître disant avoir vu se lever « son étoile » ? (Mt 2.2).

    Ces prophéties sont introduites au ch 24.2, par cette affirmation que « l’Esprit de Dieu vint sur lui »...

    Alors Balaam ne serait-il pas un membre du peuple de Dieu à considérer comme un « prophète de l’éternel », issu du monde païen ?

2.2. Le témoignage du Nouveau Testament

    Le NT que nous reconnaissons inspiré de Dieu autant que l’AT ne nous permet pas d’arriver à cette conclusion. La « voie de Balaam » y est fermement condamnée...

    A l’église de Pergame il est reproché ceci : « J’ai pourtant quelques reproches à te faire : tu as chez toi des gens attachés à la doctrine de Balaam qui avait appris au roi Balak à tendre un piège devant les Israélites. Il voulait qu’ils participent au culte des idoles en mangeant les viandes provenant de leurs sacrifices et en se livrant à la débauche (Ap 2.14).

    Jean fait allusion ici à un autre épisode de la vie de Balaam. Moïse dit explicitement que c’est sur le conseil de Balaam que le peuple de Moab incita ses jeunes filles à inviter les jeunes gens d’Israël à participer à des cultes païens où les rites d’adoration des faux dieux exigeaient des pratiques sexuelles dévoyées... (No 31.16, 25.1ss). Balaam passera par le fil de l’épée, avec les coupables de Madian selon l’ordre de Moïse, leur administrant par ce geste leur châtiment de la part de l’éternel (No 31.1-8, Jos 13.22).

    Une des caractéristiques singulières du vrai prophète de l’éternel, ce qui le distinguait des prophètes païens, c’était justement son attachement à un comportement éthique que les autres ne connaissaient pas ou plutôt ne voulaient pas connaître. La réalisation de la prophétie apportée par le prophète n’était pas le seul critère permettant de distinguer un vrai d’un faux prophète.

    Souvenez-vous de ce que Jésus disait lui-même dans « le sermon sur la montagne » :

    « Or soyez en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui au dedans sont des loups ravisseurs.Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l’arbre mauvais produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. Ainsi vous les reconnaîtrez à leurs fruits.

    Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité » Mt 7.15

2.3. Appel au discernement

    Avec Balaam, nous avons une belle illustration de ce qu’est un faux prophète ! Aujourd’hui encore, aussi mystique et éloquent que soit un homme, qu’il lui arrive de dire des choses conformes à la pensée de Dieu ne fait pas encore de lui un enfant de Dieu. C’est à son éthique de vie qu’il faut regarder... ses choix éthiques sont-ils sans ambiguïté conforment à l’écriture ? Son souci est de vivre sincèrement selon la Parole de Dieu ? Ou sa vie nous inspire-t-elle objectivement des sentiments très réservés ?

    Souvenons-nous que Pilate a, quant à lui, à son insu, apporté une prophétie concernant le sens de la mort de Jésus (Jn 11.50, 18.14), sans rien avoir de chrétien.

Loup déguisé en agneau     Notez que les devins modernes font aussi un savant mélange entre « leurs dieux », consultent Dieu et les augures comme Balaam (24.1). Ils connaissent la Bible, n’hésitent pas à utiliser d’une certaine façon le langage biblique.

    Leur but étant de tromper, de se jouer de la crédulité aveugle qui n’exerce pas son discernement et prend tout pour de la bonne monnaie.

    Jacques ne nous dit-il pas que les démons croient et tremblent (Jc 2.19) ? Cela ne fait pas pour autant d’eux des êtres sauvés par Dieu. Dans plusieurs passages de l’Ecriture, nous voyons Dieu parlant à Satan sans que cela ne suggère en rien une communion avec « le Père qui est dans les cieux »...

    Les Nicolaïtes de Pergame, qui sont associés à Balaam ont d’autres noms aujourd’hui, mais existent toujours. Vous les reconnaîtrez en ce qu’ils ont un langage qui pourrait vous faire croire que ce sont d’ardents témoins de Dieu, mais à y regarder de plus près, vous trouverez certaines choses ambiguës, puis découvrirez des orientations éthiques pour le moins équivoques.

    Mais nous avons aussi avec Balaam une belle illustration de la technique utilisée par les faux prophètes, ces loups en habit d’agneaux, qui cherchent à passer incognito, pour parvenir à leur fins. Ne pouvant pas corrompre l’éternel, ils vont pousser le peuple de Dieu à la faute, en le rendant responsable de ses actes !

    Les cultes païens étaient à l’époque l’occasion de toutes sortes de réjouissances et de sensations fortes... on ne pouvait guère assister en tant « qu’auditeurs libres ». Aujourd’hui encore, il y a des lieux qui engagent ceux qui s’y rendent pour vivre ce qui y est offert, et ou l’enfant de Dieu n’a pas à se trouver, fît-ce virtuellement via le web !

3. L’action étonnante de l’éternel

3.1. Dieu prend les initiatives

    Mais au-delà de l’histoire cosasse nous voyons tout au long de ces chapitres que c’est Dieu qui tient les rênes et prend les initiatives. C’est lui l’acteur principal de ce récit.

    Ce n’est pas Balaam qui consulte Dieu, mais c’est l’éternel qui lui parle, devançant ses demandes, fermant la bouches aux augures qui ne peuvent autoriser Balaam à Maudire Israël.

    C’est l’éternel qui lui ouvre les yeux (22.31), c’est encore l’éternel qui met dans sa bouche les paroles à prononcer (23.16), le fait parler par son Esprit (24.2), et contraint Balaam à changer la malédiction en bénédiction (Dt 23.6, Ne 13.2) !

3.2. Souveraineté de Dieu

    Ce récit est pour nous une magistrale démonstration de la souveraineté de Dieu, qui non seulement maîtrise parfaitement la situation, garde les siens de toute atteinte occulte, mais en plus au lieu de simplement fermer la bouche à Balaam, nouvelle ironie du sort, le contraint à parler de sa part et à bénir son peuple !... ce qui ne fait pas pour autant de lui un membre du peuple de Dieu, mais qui l’oblige dans cette situation à se soumettre à l’éternel plutôt qu’à Balak !

3.3. La bénédiction d’Abraham s’étend à nous

    Le peuple de Dieu, qui est béni dans la lignée d’Abraham, est constitué de ceux qui placent leur confiance en Dieu, c’est eux qui sont les fils d’Abraham et qui héritent de cette bénédiction que nul ne pourra leur ôter (Ga 3.7). Nous sommes donc les bénis de Dieu, nous qui sommes au bénéfice de la grâce de Dieu en Jésus-Christ :

    « le Christ nous a libérés de la malédiction que la Loi faisait peser sur nous en prenant la malédiction sur lui, à notre place. Il est, en effet, écrit : Maudit est quiconque est pendu au gibet. Jésus-Christ l’a fait pour que, grâce à lui, la bénédiction d’Abraham s’étende aux non Juifs et que nous recevions, par la foi, l’Esprit que Dieu avait promis » (Ga 3.13.14)

    Cette bénédiction, Paul l’identifie ici au don de l’Esprit (v.14), accordé à tous ceux qui vivent sous le régime de la foi en Jésus qui nous a pleinement justifié devant Le Père : c’est cette bénédiction qui enrichit (Prov 10.22).

Abraham portant les Nations
Abraham portant les Nations

Conclusion

    Que nous puissions tous commencer cette semaine nouvelle nous sachant « bénis de Dieu », sans crainte devant les Balaam qui pourraient croiser notre route : ils ne peuvent nous ôter la bénédiction qui vient de Dieu.

    Cependant, ils peuvent chercher à nous pousser à la faute. La vigilance s’impose à nous, mais là encore nous pourons compter sur l’aide efficace du Seigneur qui, par sa Parole, nous donne des repères sans ambiguïté et par son Esprit le moyen de toujours mieux les comprendre pour les vivre.

    Les faux Docteurs existent toujours, jouant sur l’ambiguïté, pour faire du mal au peuple de Dieu, mais nous savons que l’église de Jésus-Christ repose sur un fondement solide et jamais ne disparaîtra selon la parole même du Christ.

    Alors à qui irions-nous d’autre ?

Anne Ruolt

 

1

2 Une autre vérification est facile ;
elle se situe au niveau d'une inscription qui se trouve au musée d'Amman. Datant vraisemblablement du 8ème siècle av, on l'a trouvé dans le village jordanien de Deir-jalla (1967) qui, pendant la période biblique, était un territoire moabite. Cette inscription nous informe qu'une personne se nommant Bilaam ben Beor, connu des habitants locaux en tant que prophète recevait ses prophéties la nuit ! Trois fois dans les deux premières lignes du texte, le nom de " fils de Balaam de Beor " est indiqué. Ce texte se compose de 119 fragments de plâtre, inscrits avec de l'encre noire et rouge ; il était parmi des gravas d'un bâtiment détruit par un tremblement de terre. Ce tremblement s'étant sûrement produit pendant le règne du roi Uzziah (760 av). Ecrit en araméen, il commence par le titre " du livre de Balaam fils de Beor ", ce qui laisse penser qu'il faisait partie d'un texte pré-existant. L'ensemble de ces informations tend à corroborer le Bilaam décrit dans la Bible -son nom, son prénom, son métier, ses prophéties nocturnes et le fait qu'il soit un moabite. (Nombres 21, 4-8)