Choisis la vie !

Dt 30:15-20 ; Gn 2:7-9,15-17 ; Jn 14 :6

Introduction

    "Voici, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal... Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité."

    Voilà une invitation, claire, nette et positive. Une invitation que Dieu adresse à son peuple, après lui avoir donné la loi. Une invitation qu'il nous adresse encore, au travers des siècles, et qui nous rappelle que choisir fait partie des responsabilités qui nous reviennent toujours, à un endroit ou à un autre de notre vie.

    J'aimerais que nous réfléchissions, ce matin, à cette question du choix, qui détermine tant de choses dans nos vies. L'homme, tel que le décrit la Bible est un "décideur". La capacité de choisir fait partie de ses caractéristiques.

    Ainsi avons-nous été faits par Dieu. Ainsi sommes-nous appelés à vivre, du mieux possible, et avec le secours de Dieu.

Le don et la limite

    On est frappé de voir, dans le récit biblique des origines, comment, dès le départ, l'homme apparaît en situation de choix. Cela vient de Dieu. Et dans un cadre donné par Dieu.

    Que voyons-nous dans la Genèse ? Nous voyons, d'abord, que Dieu donne la vie à l'homme, et le crée pour qu'il vive en relation avec lui. Mais, ensuite, nous voyons comment Dieu appelle l'homme à choisir cette vie qu'il lui donne et lui propose. D'un côté le don de la vie ; de l'autre l'appel à choisir la vie.

le don

    Première prise de vue : le don. Le récit insiste sur cet aspect des choses. L'homme est créé par Dieu et placé en Eden. Le nom même du jardin est évocateur : Eden, c'est le "jardin des délices", rempli des dons de Dieu. Il y a là une multitude d'arbres qui "donnent leur fruit en leur saison" et dont Adam peut se nourrir à satiété.

    Et puis, nous dit la Genèse avec son langage imagé, au centre du jardin se trouve un arbre qui représente le "don central" parmi tous ceux faits à l'homme : le don de la "vraie vie", celle qui se renouvelle auprès de Dieu et dans sa communion. D'où le nom d'"arbre de la vie", à cause de ce qu'il représente. Ce don central, c'est en quelque sorte celui par lequel on savoure tous les autres. D'où sa localisation au centre du jardin.

    Et l'homme est invité à manger de cet arbre comme de tous les autres arbres du jardin. Autrement dit : il est invité à venir vers Dieu et à tirer auprès de lui toutes les sources de sa vie.

le choix

    Mais le jardin, lieu du don, est aussi celui du choix. Car le récit nous parle également d'un autre arbre, interdit celui-là : l'arbre de la connaissance du bien-et-mal. Là, il y a, nettement, une limite : "Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien-et-mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras." (2:16s)

    Sur quoi porte précisément l'interdiction représentée par cet arbre ? Ce qui est interdit, ce n'est pas le fait de discerner entre le bien et le mal - cela, l'homme en a besoin, ne serait-ce que pour comprendre ce que Dieu lui dit lorsqu'il lui interdit cet arbre ! Ce qui est en cause, c'est plutôt le fait de décider ce qui est bien et ce qui est mal. Là, il y a une limite : c'est Dieu qui décide, et non l'homme. Car il est le Seigneur. Vouloir être la norme soi-même, c'est se révolter contre Dieu.

    Ces deux arbres placent donc l'homme, dès le départ, en position de choix, radical : soit pour une vie qui se ressource auprès de Dieu ; soit pour une vie qui veut se prendre en charge indépendamment de Dieu. Les deux perspectives ne sont pas égales : l'une est pour la vie, l'autre pour la mort. C'est pourquoi Dieu donne une orientation.

    Réfléchissons un peu plus à cette situation de choix, sous ses divers aspects.

la primauté du don

    D'abord, j'aimerais souligner que, dans le récit de la Genèse, tout commence par le don, et est orienté par la générosité du Dieu qui donne.

    Car quel est le premier commandement de Dieu pour l'homme, sa première invitation ? "Tu mangeras de tous les arbres du jardin !" L'invitation est adressée avec force. En hébreu, il existe un procédé qui permet d'exprimer l'insistance : il suffit de doubler le verbe de son infinitif. Ainsi, pour dire : "je viendrai sûrement", on dit "Venir je viendrai". Ici, c'est cette construction qui est employée : "MANGER tu mangeras de tous les arbres du jardin !"

    MANGER tu mangeras... Dieu insiste sur l'invitation qu'il adresse à l'homme. C'est presque un ordre de profiter de la vie. "La nuance est ici celle de l'ampleur dans la permission : LIBREMENT tu mangeras, à satiété et sans que te manque aucun des biens que j'ai créés. Les arbres du jardin représentent toutes les richesses de la terre mises à la disposition de l'homme. Dieu se révèle, dans cette première disposition, le Dieu de la grâce surabondante : à l'opposé du père castrateur de nos pauvres fantasmes, il est le Père donateur dont la joie est dans le bonheur de l'homme. Dieu COMMANDE cette permission, dit le texte. C'est un ordre pour l'homme de profiter de la vie que Dieu lui donne, d'explorer le parc magnifique et d'en goûter les fruits. En ne se contentant pas d'une vie rabougrie, l'homme montrera sa gratitude et glorifiera son Seigneur."

    Le don est premier, et l'orientation du commandement de Dieu est la vie, largement.

    Cela, il faut le souligner. (1) d'abord parce que cela rappelle que nous restons dépendants de Dieu et de ses dons, toujours. Que pourrions-nous choisir si Dieu ne nous donnait pas, le premier, ce qui rend possibles ces choix ? (2) ensuite, parce que, souvent, nous oublions cette générosité. On parle bien plus du "fruit défendu" que de la surabondance des fruits donnés par Dieu. Ce regard là est un regard faussé : c'est le regard du péché ! Il nous faut y résister. Et apprendre, pour cela, à explorer et à valoriser dans nos coeurs, tout ce que Dieu nous offre et nous propose dans le cadre de sa volonté. Il y a là des dons amples, pour une vie riche, constructive et bien renouvelée. Ne laissons pas ce regard être faussé. " Il y a d'abondantes joies devant ta face " (Ps 16 :11) : à nous de les saisir, de les explorer, de leur donner une pleine valeur dans nos coeurs, d'en mesurer aussi l'ampleur - Dieu, notre créateur, nous invite à mordr e dans tous les dons de la vie qu'il nous offre.

l'interdit

    Primauté et ampleur du don. Mais réalité, aussi, de l'interdit : "Tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien-et-mal". Il y a là un arbre, une attitude, que Dieu invite à refuser. Cet interdit marque une limite. Il rappelle que Dieu est le Seigneur, que nous ne sommes pas tout-puissants. Notre liberté, nous la recevons, de lui ; mais avec la liberté, Dieu nous donne aussi le cadre dans lequel elle pourra s'exercer, se vivre harmonieusement.

    Nous avons besoin de ces limites, nous en aurons toujours besoin. Vouloir vivre sans limites, c'est se perdre soi-même, c'est s'abîmer dans le " toujours plus loin ", dans le " toujours autre chose ". C'est aussi ne rien construire : partir dans tous les sens, sans rien tenir en mains. C'est enfin s'illusionner, car les limites sont des réalités, nous les rencontrons tôt ou tard, dans toutes sortes de domaines. Que Dieu nous donne des limites correspond donc profondément à ce que nous sommes. Il nous a créés, il sait de quoi nous sommes faits.

    Mais quel est-il, précisément, cet interdit ? C'est celui d'une vie qui se couperait de Dieu. Déterminer le bien et le mal soi-même, c'est s'affirmer suffisant face à Dieu. C'est vouloir faire ses choix de vie sans lui. C'est refuser à Dieu d'être Dieu, d'être lui-même, pour ce qui concerne nos vies. Il y a là, en même temps, une sorte de défiance par rapport à Dieu : c'est comme le soupçonner de vouloir nous étouffer, nous empêcher de vivre, nous confisquer quelque chose, lui qui nous a tout donné ! Ce choix, dans sa nature même, est révolte, rupture. Il l'est aussi dans ses aboutissements : car celui qui veut se déterminer lui-même le fera concrètement, aussi, et vivra de plus en plus loin de Dieu.

    C'est donc le choix mortel par excellence. Car il coupe du Dieu de la vie. La sentence n'est pas arbitraire : "... car le jour où tu mangeras de cet arbre, MOURIR tu mourras".

    Dieu interdit donc, avec force. Mais cet interdit est juste. Tout comme les motivations qui le sous-tendent. Il n'y a pas d'arrière-pensée cachée en Dieu, qui voudrait nous " priver " de quoi que ce soit : cela, c'est la suggestion toujours " maligne ", et fausse, du Tentateur. Dans les intentions de Dieu, il n'y a que générosité. Volonté de nous voir vivre, pleinement, devant lui et avec lui. Et de nous donner, en abondance, l'espace et les moyens de cette vie. " Tu mangeras de tous les arbres du jardin... "

intentions divines

    Un mot, ici, sur les intentions de Dieu. On dit souvent : " Dieu refuse la prétention à l'autonomie humaine ". C'est juste. Mais il faut préciser ce que cela implique. Ce que Dieu refuse, c'est " l'autonomie " dans le sens radical : une vie qui voudrait se passer de Dieu, se déterminer sans lui. Mais cela ne signifie pas que Dieu veuille pour nous une vie " servile ", sans initiatives ni capacités à mettre en oeuvre : en créant Adam, il donne une volonté, il donne une capacité de choisir, il donne une intelligence, il ouvre l'espace pour une vie qui se construit. Son but est que nous puissions devenir pleinement adultes, accomplis, utilisant pleinement, en harmonie avec lui, tout ce qu'il nous a donné. " Tu n'es plus esclave, mais fils ! " affirme l'apôtre Paul (Ga 4 :7). Et Jésus, dans son testament à ses disciples, tient les mêmes propos : " Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l'esclave ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai entendu de mon Père. " (Jn 15 :15)

    Ce qu'il faut reconnaître, humblement, c'est qu'à cause du péché qui nous travaille, et qui nous tient encore, nous gardons de grandes fragilités dès que l'on parle de vivre " en adulte ". Si vite, nous retombons dans le vieux schéma : " adulte " égale " faire ses choix tout seul ", à " notre idée " indépendamment de Dieu. Cela montre que nous restons bien marqués par ces schémas, comme des convalescents qui ne sont pas vraiment sortis d'une dépendance qui les tenait. Mais l'objectif de Dieu demeure : nous faire vivre la " liberté des fils " (Jn 8 :34-36), dans la pleine possession de leur statut filial. C'est ce qui s'exprimait, dès les origines, dans le récit de la création de l'homme en image de Dieu. Veillons à ne pas oublier cet objectif du Dieu qui nous dit : " Choisis la vie ! "

Le choix et sa signification

    Mais j'aimerais relever, à présent, que Dieu, dans le jardin, n'a pas placé l'homme devant un arbre seulement. Il voulait qu'Adam se nourrisse constamment, et librement, de l'arbre de la vie. Mais il ne lui a pas caché l'existence de l'autre arbre, interdit, qui représente une mauvaise manière d'utiliser sa liberté. Dieu joue, ici, "franc-jeu".

    Excite-t-il ainsi l'intérêt de l'homme vers ce qui est mauvais ? Le tente-t-il en plaçant devant ses yeux la possibilité interdite ? Nous le savons trop bien : le fruit défendu est si souvent le meilleur...

    C'est vrai... pour nous qui sommes déjà marqués par le péché. Il suffit qu'on nous dise : "Ne fais pas cela" pour que nous ayons envie d'essayer. Il n'en était pas ainsi pour Adam avant la chute : le fait de passer à côté de cet arbre interdit ne signifiait pas attirance. Au contraire, cela pouvait être un moyen pour constamment raffermir sa bonne disposition envers Dieu, par le refus de cette possibilité.

    Nous pouvons connaître quelque chose de cela dans le domaine de l'amour conjugal. Nous aimons notre conjoint, et voulons l'aimer d'un amour entier. Il y a autour de nous, bien d'autres personnes du sexe opposé au nôtre, avec bien des qualités. Mais, quand on aime son conjoint, la présence et même les attraits de ces autres personnes ne sont pas une menace pour cet amour. Au contraire, c'est l'occasion de manifester encore plus fort que l'on aime son conjoint, en lui disant : "C'est toi que je veux, même si je vois d'autres personnes qui ont bien des qualités".

    Telle était la situation en Eden. C'est pour cela que le Seigneur a joué franc-jeu avec Adam, en lui parlant de l'autre arbre. Ce n'était pas pour le mettre en danger, mais dans le but de lui permettre d'exprimer un attachement "motivé", volontaire, renouvelé. Adulte. Et Adam avait tout reçu pour que ce " oui " librement renouvelé, s'affermisse en lui de plus en plus jusqu'à devenir inébranlable, par le jeu même de sa liberté. Il n'y avait aucune faille.

    Nous avons là une très belle attitude de la part de Dieu : il a tout donné, et il sait que nous dépendons totalement du renouvellement de ses dons. Mais il a voulu que nous puissions lui dire un vrai "oui". Il a voulu que nous puissions lui montrer, authentiquement, personnellement, notre attachement. Aussi a-t-il fait de nous des êtres capables de choix, dans des situations de vrai choix.

    C'est vrai pour nous encore, aujourd'hui, malgré les immenses changements intervenus de puis la chute. Nos choix sont l'occasion de renouveler notre "oui" à Dieu. Sommes-nous tentés, en présence du mal qui est là, devant nous ? Souvenons-nous que la tentation est faite pour être vaincue. Et que nous avons là des occasions nouvelles pour dire et approfondir notre "oui" à Dieu. "Voici, je place aujourd'hui devant toi le bien et la vie, le mal et la mort. Choisis la vie !"

Pistes

    Quelles sont les pistes qui s'ouvrent à partir de cette invitation ?

"Tu aimeras..."

    La première piste est celle de saisir les occasions de choix qui sont les nôtres pour manifester notre attachement à Dieu. D'en faire un langage personnel : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, dans tous tes choix".

    Ce n'est pas une "recette" que je donne ici, qui supprimerait tous les débats. C'est plutôt une orientation que je voudrais rappeler. Nous sommes constamment en face de choix, petits ou grands. Vivre, c'est décider, c'est choisir. Vivre avec Dieu et pour lui, c'est chercher à l'aimer dans tous nos choix. "Connais Dieu dans toutes tes voies", nous dit le livre des Proverbes. Le connaître, cela veut dire, ici, l'intégrer, vivre près de lui. Chercher à agir, à penser, à réfléchir selon les principes de vie qu'il nous donne dans sa Parole. "Si vous m'aimez, gardez mes commandements", disait Jésus. Et dans le Dt, l'invitation à "choisir la vie" passe par celle de "marcher dans les voies du Seigneur, en observant ses ordonnances." (v.16)

    Une question test : quand cherchons-nous " la volonté de Dieu " ? C'est souvent à la croisée des chemins, pour les grandes décisions, lorsque nous sommes insécurisés, incertains. Là, nous voulons savoir " la volonté de Dieu "... Mais quel est le but ? Reconnaissons qu'il est, souvent, de mettre fin à notre incertitude. C'est, pour une bonne part, tourné vers nous.

    " Tu aimeras le Seigneur dans tous tes choix "... La piste qui s'ouvre, ici, est de " chercher la volonté de Dieu " de manière un peu plus tournée vers lui. Lorsque, par exemple, je sais très bien ce qui est " selon Dieu "... mais qu'il y a aussi d'autres choix qui, peut-être, me tirent dans d'autres directions. Lorsque je suis tenté par la colère, ou la paresse, ou le découragement, ou l'infidélité, ou le mensonge... C'est là aussi, c'est là d'abord, que je suis appelé à vivre la " volonté de Dieu ". Et à aimer le Seigneur dans les choix d'attitude que je ferai. La force, ici, sera de donner un plein sens au " oui " que je dis à Dieu, plutôt qu'au " non " de ce que je refuse.

    Tu aimeras le Seigneur ton Dieu dans tous tes choix...

"Tu honoreras le Seigneur..."

    Une deuxième piste tient compte du fait que Dieu a placé Adam, dès l'origine, en situation de choix. Cela veut dire que choisir est une capacité que Dieu valorise en nous. C'est lui qui a fait de nous les êtres du choix responsable, clair, et non simplement de l'instinct ou de l'obéissance aux pulsions. Aussi, c'est "honorer le Seigneur" que d'utiliser, et de bien utiliser, cette capacité qu'il nous a donnée. "Tu honoreras le Seigneur, ton créateur, en assumant ta responsabilité de décision".

    Je dis cela parce que, en face de ce privilège et de cette responsabilité du choix, il y a mille occasions et tentations de fuite.

    C'est le problème de la standardisation, où l'on se contente de suivre pour "être comme" ce qui nous entoure, mais où l'on ne choisit pas vraiment.

    C'est aussi le problème de ce que j'appellerais un certain "attentisme chrétien". Nous voulons tous faire la volonté de Dieu. Mais nous avons parfois tendance à penser que cette "volonté" de Dieu doit s'imposer à nous "de l'extérieur", par les circonstances, les " portes qui s'ouvrent ou qui se ferment ". C'est comme si nous attendions que se dessine tout seul le chemin, de telle sorte que nous ne puissions rien faire d'autre que d'y marcher. Et nous avons beaucoup de mal à considérer que nous sommes dans la volonté de Dieu si un choix repose sur notre décision : il nous faut des signes extérieurs. Et nous les attendons tellement que parfois nous sommes prêts à les créer : à prendre le moindre élément qui survient comme un signe. Il nous est dur de dire, simplement : "J'ai décidé". En priant, en réfléchissant, en cherchant les principes bibliques relatifs à ma situation, j'ai décidé. Nous pensons plus spirituel ou plus soumis à la volonté de Dieu de dire : "Ca a décidé pour moi".

    Cette vision est réductrice ! Car le Dieu de la Bible nous invite au choix responsable. Mieux, il réalise ses plans par le moyen de nos choix. Toute l'histoire biblique est là pour l'attester, et pour nous encourager : les choix y sont entiers, responsables. Mais Dieu n'est jamais dépassé : par tous ces choix, finalement, Dieu réalise son plan pour les siens. Et il nous dit : " Choisis la vie ". Et il invite : " Tu mangeras de tous les arbres du jardin... mais tu ne mangeras pas.. "

    Exercer notre responsabilité de "décideurs", c'est honorer dieu qui nous a crées ainsi. Ne tombons pas dans le piège qui donne plus de valeur à toutes sortes de signes extérieurs, plus ou moins clairs, parfois fantaisistes et indéchiffrables, auxquels nous accorderions le droit de " décider pour nous ". Dieu nous invite au choix, il nous a équipés pour cela, il nous a donné des critères par sa Parole... Pourquoi Dieu dirigerait-il mieux par des signes extérieurs et impersonnels que par une relation personnelle aimante, réfléchie, ouverte à sa parole ? Pourquoi agirait-il mieux en court-circuitant notre intelligence et notre volonté, plutôt qu'en les éclairant et en les conduisant au fil d'un cheminement ouvert et fondé sur sa parole ?

    Pourquoi nous cacher derrière " ça a décidé pour moi ", alors que Dieu, lui, nous dis " tu " ?

    "Tu honoreras le Seigneur, ton créateur, en assumant ta responsabilité de décision".

"Fais confiance à Dieu dans tous tes choix"

    Tout cela ne peut se vivre que dans la confiance. C'est pourquoi, la troisième piste ouverte est un appel dans ce sens : " Aie confiance en Dieu, dans tous tes choix ".

    Nous pouvons avoir confiance en son accompagnement, en sa volonté de nous conduire, son engagement à le faire. Il se déclare lui-même le " berger " de son peuple : celui qui " marche devant " son troupeau, mais aussi qui prend soin, restaure, rassure, va chercher, ramène... Il est bon, ici, de nous nourrir de l'histoire biblique : elle nous dit que Dieu est là, au coeur des choix humains. Il accompagne. Il soutient. Il répare. Il donne de nouvelles chances. Si bien qu'au bout du compte, on voit sa trace. Il y a là pour nous un appel à la confiance : "Fais confiance à Dieu dans tous tes choix", même s'ils t'insécurisent parfois.

    Mais fais confiance, aussi, aux directives de vie qu'il te propose dans sa Parole. Car ses directives sont des directives de vie, et de générosité. Si tu marches selon cette parole-là, et selon ses critères de vie, tu es bien orienté. Dans la bonne direction, même si tu n'en vois pas le but. Et dans une direction qui est bonne pour toi.

    C'est au nom de cette même confiance que j'aimerais, pour terminer, m'adresser à celles ou ceux qui n'ont pas fait encore le choix le plus décisif de notre vie, celui qui conditionne notre destinée éternelle : celui d'ouvrir notre vie à Dieu, de recevoir le pardon qu'il nous offre en Jésus-Christ, et la vie nouvelle qu'il veut développer en nous par son Esprit. Quelle est notre position par rapport à Dieu, ce matin ? Vivons-nous comme ceux qui veulent se déterminer eux-mêmes, qui mangent chaque jour de l'arbre du " Je vis comme je le veux " ? Ou avons-nous fait le choix d'une vie clairement ouverte à Dieu, dans la confiance en son amour et en sa sagesse pour nos vies ? Il y a tant à recevoir, tant à découvrir en s'ouvrant à Dieu. Certes, il faut délaisser le mode de vie où " Je vis comme je le veux ". Il faut le déposer, demander pardon à Dieu d'avoir vécu ainsi sans lui, ou loin de lui, ou " un peu avec lui, un peu sans lui selon que cela nous arrange "... Pour goûter à tous les fruits de la vie que Dieu veut nous donner, et aux fruits de la vie éternelle, il faut laisser de côté, résolument, la vie sans Dieu.

    Mais son amour pour nous est entier, et généreux. Jésus a donné sa vie pour que, malgré notre rejet de Dieu, malgré nos fautes et nos écarts, nous puissions recevoir, gratuitement, le cadeau d'une relation retrouvée avec Dieu, et de la vie éternelle. Il nous suffit de venir à lui, tels que nous sommes. De lui dire : " Je regrette ma vie loin de toi. Je veux m'ouvrir, sincèrement à toi. J'ai confiance en ton amour, en ton pardon. Je les reçois, pour moi. "

    Il y a là un choix, un véritable choix de vie, que nul ne peut faire pour nous. Mais un choix tellement ouvert, sur tant de dons de Dieu ! Ferez-vous ce choix, ce matin ? " Voici, dit le Seigneur, je place aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur. Choisis la vie, afin que tu vives, en aimant le Seigneur ton Dieu, en l'écoutant, en t'attachant à lui. "

Thierry Huser
3 octobre 2004