
Ayons du zèle et non de la paresse
Rm 12:11
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Le week-end dernier, la MB était réunie en comité de travail au milieu de chants bien de saison du côté d'Alès ; celui des cigales !
Si je n'ai pas trouvé de mention de cigale dans la Bible, en revanche il y est question de fourmi ! et comme ce qui en est dit est tout à fait adapté aussi à cette période estivale, je vous invite à considérer les voies de cet animal malgré la chaleur... afin de devenir encore plus sage !!! |
Proverbes 6.6-11, 24.30-34, Rom 12.11
Il nous faudra dire un mot de la cigale et de la fourmi,
avant de parler de la paresse et du vrai zèle auquel nous sommes exhortés même en vacances !
La fourmi et la cigale...
Pour la petite histoire, en menant quelques enquêtes sur les insectes, je me suis vite rendue compte que la fable de Lafontaine relevait bien plus du mythe que de la science ou du plagia d'un ancien auteur grec Esope ! Mais à son corps défendant, il est vrai que du côté de Château-Thierry les cigales ne sont pas légion !
En effet, comment une cigale qui cherche à passer inaperçue (elles sont sourdes donc ne se rendent pas compte de bruit qu'elles font), et qui ne vit adulte que 2 à 3 semaines peut-elle quémander sa nourriture l'hiver venu ?... il n'y a plus de Cigales quand souffle la bise ! En outre notez que seuls les messieurs chantent !...
La Cigale se nourrit exclusivement de sève, avec son suçoir. Elle ne peut quémander l'aumône de grains de blé et supplier de lui prêter des mouches ou vermisseaux; elle serait incapable de les manger.
La réalité intervertit les rôles imaginés par la fable. Le quémandeur sans délicatesse est la fourmi ; la Cigale partage volontiers le nectar avec elle, et notre fourmi n'hésite pas à pirater son breuvage. Après cinq à six semaines de liesse, la chanteuse choit de l'arbre, épuisée par la vie. Pillarde toujours en quête de dépouilles, la fourmi la réduit en miettes qui vont grossir son stock de provisions.
Un spécialiste écrit au sujet des fourmis : Les fourmis sont les êtres vivants les plus agressifs et les plus guerriers du règne animal. Leur agressivité surclasse largement celles des hommes. Les bases de leur politique étrangère peuvent êtres résumés ainsi : Agressions sans trêve, conquête territoriale et destruction des colonies voisines par génocide, et ceci dès que possible. Pour argumenter ces faits, il faut savoir que si les fourmis possédaient l'arme atomique, il resterait une semaine à vivre au monde entier. Les fourmis sont donc les êtres les plus agressifs et les plus cruels de la planète.
On sait que les images ont leurs limites. Pour vous le prouver, si besoin en était encore, permettez-moi de vous lire cette autre version de la cigale et de la fourmi
Il faisait très chaud ce jour-là. Transpirant à grosses gouttes, Dame Fourmi traîne derrière elle un grain de mil, très imposant pour sa taille (60x son poids) ; Elle avance péniblement.
Soudain apparaît Dame Cigale, toute joyeuse, au volant de sa belle limousine. Elle s'arrête passe la tête par la fenêtre et jette un coup d'œil vers la laborieuse fourmi. - Ou allez-vous ? demande la fourmi - Moi ? fait la cigale... je reviens du studio où j'ai enregistré mon dernier CD. Ce matin, j'ai signé pour la saison prochaine au Zénith, et je pars dans quelques jours en tournée mondiale... Puis, insouciante et légère, la cigale redémarre en trombe... Alors la fourmi, extenuée, pose le grain de mil, laisse échapper un profond soupir, lève les yeux vers le ciel et murmure : - Ce La Fontaine... Quel menteur !!! A la différence de Lafontaine, la Bible ne présente pas les artistes, et les chanteurs en particulier comme des paresseux.... la question de la grève des intermittents du spectacle n'y changent rien. Mais dans le livre des Proverbes, l'image de la fourmi vise bien une exhortation opposée à la paresse et l'insouciance du lendemain qui mènent le paresseux à la ruine. Mais qu'est-ce que cette exhortation a-t-elle bien à nous dire à nous, vacanciers ou pré-vacanciers aujourd'hui , nous qui ne sommes pas tous chanteurs ou artistes ?
La paresse
D'abord, que faut-il entendre par paresse ?
Avant de faire aujourd'hui l'éloge de la paresse, dans la tradition du moyen-âge, la paresse clos la liste des " 7 péchés capitaux1 remplaçant le tristesse qui figurait sur les listes de maux que devaient rejete des premiers moines ascètes. La paresse a surtout été identifiée à l'oisiveté, " mère de tous les vices " comme chacun sait.
Mais l'activité est-elle forcément l'opposé de la paresse ?
Je ne le crois pas, et le livre des Proverbes confirme que les choses sont plus compliquées que cela. Dans ce livre, le paresseux est présenté parfois de façon assez pittoresque, jugez-en vous-mêmes ;
" La porte tourne sur ses gonds, le paresseux sur son lit
Le paresseux plonge sa main dans le plat, et est trop fatigué pour la ramener à sa bouche (Pr 19.24 & 26.15)
Le paresseux ne fait pas rôtir son gibier (Pr 12.27)
Il dit : il y a un fauve sur la route ! Il y a un lion sur la place ! " mais ne fait rien. Il ne va pas au bout de l'action ;
pourtant il se croit sage (Pr 26.13-16).
Il ne s'agit pas là d'une attitude passagère de quelqu'un de malade, ni de quelqu'un vacancier en phase de décompression ou de quelqu'un qui passe momentanément par un moment de fatigue, de découragement ou de deuil. Le paresseux est un homme ordinaire lucide, quelqu'un qui désir, mais... qui ne fait pas, quelqu'un qui remet toujours à demain ce qu'il a à faire maintenant. Par son comportement, il retarde le moment de l'action, il fait en quelque sorte office de force d'inertie.
Ce n'est pas innocemment que l'on a donné le nom de " paresseux " à ce petit singe aux mouvements très lents qui s'accroche aux arbres.
Pour paralyser l'action, on peut ralentir exagérément le mouvement (comme le paresseux), on peut traîner les pieds, s'enfuir dans le sommeil, mais ne pas entretenir régulièrement ce qui nous est confié est aussi un signe de paresse, comme ce viticulteur qui ne soigne pas sa vigne...mais pour trouver une bonne excuse pour ne pas faire la tâche qui est à accomplir on peut aussi s'activer à faire mille et une autres choses, ou s'enfoncer dans un perfectionnisme outrancier... on se donne bonne conscience, et pourtant on paralyse le travail.
N'arrive-t-il pas parfois que le moment venu de faire la vaisselle, il se trouve soudain une foule d'obligations à devoir entreprendre de toute urgence, des devoirs à finir, un coup de fil urgent à passer, quelque chose à réparer absolument dans la maison, les plantes à arroser chez le voisin parti en vacances ?...
Lorsque ce qui doit être fait ne l'est pas ; qu'il faut sans cesse rappeler à l'ordre... cela pèse sur tous, alors que celui qui est prompt à passer à l'action sans négociations ni reproches soulagera chacun.
Puissions-nous être, en famille, au travail, en vacances comme à l'Eglise de ceux qui rendent légère la réalisation des actions à entreprendre !
La paresse ne se mesure donc pas premièrement par rapport à la quantité de travail abattu, ni même par rapport à la qualité du travail accompli, c'est plutôt une manière de se positionner face à l'effort, face aux décisions à prendre et à appliquer !
Jacques nous montre comment d'écouter la Parole de Dieu, de la connaître ne suffit pas... si l'on ne la met pas en pratique (Jc 1.22..)
Le paresseux est donc plutôt celui qui freine de façon injustifié le développement de l'action, d'un projet juste et bon.
Mais remarquons que la paresse ne tombe pas sur l'homme comme une rage de dent qui fait si mal qu'on cherche par tous les moyens à en être guéri au plus vite ! " un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir... " (Pr 6.10 ; 24.33)
La paresse s'installe petit à petit sans crier " gare ! ", et fait plonger l'homme dans la torpeur (Pr 19.15a) sans qu'il s'en rende compte et le conduit à la ruine de façon " indolore ".
C'est un peu comme l'histoire de cette grenouille, qui un soir décida d'aller prendre un bain dans une casserole de soupe posé sur un camping-gaz. Une de ses congénères la voyant plonger l'avait pourtant averti du danger, mais notre grenouille baigneuse n'en avait que faire !
Au contraire elle vantait les mérites de cette eau si douce et si parfumée... invitant plutôt les autres à la rejoindre... Mais la douceur ne dura que peu de temps... l'eau devint tout-à-coup chaude, très chaude, trop chaude... et s'en fut trop tard pour notre sotte grenouille.
Les statistiques montrent hélas que parmi les étudiants qui échouent systématiquement à tous leurs examens en première année de Faculté, il se trouve un bon nombre qui consacre beaucoup de temps aux activités de détente et oublie d'étudier...le jour de l'examen venu, ils ne sont pas près. Certes ils ont eu une année très rempli, se sont engagés dans un tas de choses, se sont couché souvent plutôt tôt que tard... mais n'ont pas forcément accompli la tâche prioritaire qui était la leur en ce temps là.
Il reste alors a reprendre sérieusement les cours l'année suivante.
Mais pour qui entent l'appel du Seigneur à venir à lui, et qui remet toujours à demain ce pas, un jour " demain " risque d'être trop tard ! Et là la ruine sera irréversible ! Ne renvoyons pas le Seigneur toujours à demain. Certes il est patient, mais sa patience a aussi un terme.
Ayons du zèle, soyons tous prompt à l'accueillir et à marcher à sa suite !
Le zèle pour la moisson
Ce qui caractérise le zèle des fourmis dans le livre des Proverbes, ce n'est pas l'activité pour l'activité, mais d'agir de façon délibérée en pensant à demain. " en été, au temps de la moisson, elle amasse ses provisions " (Pr 6.8, 30.25). A la bonne saison, la fourmi pense à préparer les mois à venir. Elle ne vit pas que dans l'instantané, toutes les époques ne se ressemblent pas pour elle.
Mais la fourmi engrange ce qu'elle n'a pas semé ! Elle rassembler ce que la Providence lui offre gratuitement !
Belle image du salut ! De l'homme qui ne pense pas qu'à l'immédiat, et à la seule jouissance du moment qui passe. Heureux l'homme qui pense aussi à l'éternité !... et qui reçoit la grâce que Dieu lui offre en Jésus ; grâce qui sauve, mais aussi qui nous apprend à vivre, en homme et en femme sages.
Pour nous qui avons été touchés par la grâce du Seigneur et l'avons reçu, comment profiter de cet été, pour faire des réserves, pour l'année scolaire à venir ?
Mais au juste quelle est la nature de ce qu'il nous faudrait pouvoir moissonner cet été pour tenir bon lorsque le froid arrivera ? Envers quoi devrions-nous déployer notre zèle de moissonneurs ? Qu'est-ce que Dieu offre gratuitement aux moissonneurs que nous sommes ?
Physiquement, Sommeil, au Soleil, l'activité physique, prendre le temps de manger... sont des bienfaits accessibles sans grands frais, et ô combien profitables et réparateurs.
Socialement, changer de cadre ou de rythme de vie, investir du temps auprès de notre famille ou d'amis pour simplement leur offrir du temps d'écoute et resserrer les liens ou tisser des liens avec de nouvelles connaissances, sera fructueux. Dans cette ligne, la convention de l'AEEBLF sera un lieu privilégié pour cultiver les liens et en tisser de nouveaux. Cultiver des relations personnelles voilà une grâce excellente que Dieu nous fait !
Intérieurement, il est important de pouvoir prendre du temps pour soi, " refaire le plein " en se remémorant les temps forts de l'année, évaluant les progrès accomplis, se fixant des objectifs réalistes pour l'année à venir... mais aussi en prenant plus directement du temps avec le Seigneur pour s'émerveiller de la bonté qu'il nous a manifestée tout au long de l'année, pour peut-être expérimenter de manière particulière l'efficacité de son pardon, s'abreuver des bienfaits de sa présence par le moyen de la prière et se laisser revigorer par sa Parole vivante et féconde.
L'université d'été, le séminaire d'Islamologie, les cours d'été à l'IB Emmaüs sont autant d'occasion d'édification à notre disposition. N'est-ce pas une grâce d'avoir si près de nous toutes ses occasions d'enrichissement ?
" Vacances utiles "
Et pourquoi pas opter pour des vacances utiles, en mettant son savoir-faire et sa disponibilité au profit d'autres ? Demain 2 personnes partent au Tchad pour 15 jours de vac ances utiles ; l'une pour enseigner des langues vivantes, l'autre comme animatrice d'un groupe d'enfants. Des jeunes de l'Eglise de Mulhouse se sont joints à une équipe d'américains venus témoigner de leur foi à Chelles dans le cadre de Mission Estivale. Donner engendre aussi son lot de satisfaction et de bénédiction qui ne manqueront pas d'avoir d'heureuses et gracieuses répercussions durant l'année, et au-delà !
Alors... chercherons-nous à moissonner cet été ou " hibernerons-nous " au chaud dans notre igloo, dans notre tente igloo bien sûr ! ?
Conclusion
En conclusion, j'aimerais souligner encore un élément qui caractérise le travail des fourmis dans le livre des Proverbes : " elles n'ont ni surveillant, ni contremaître, ni chef " elles agissent d'instinct.
L'homme lui n'agit pas par instinct, mais par l'action d'une volonté responsable. La question des critères qui président à nos choix et de ce qui nous motive est essentielle.
Le zèle auquel nous sommes exhortés ce matin, est le fruit une vie renouvelée et animée par l'œuvre régénératrice de la grâce qu'applique en nous le Seigneur par son Esprit. C'est à cause de cette immense bonté manifestée envers nous par Dieu en Jésus-Christ, que notre vie pourra être tel un culte agréable au Seigneur, comme dit Paul, et que nos actions seront empruntes d'un zèle à la fois éclairé et bien orienté.
Celui qui n'a ni devancé ni retardé le plan du Père a tout accompli à la croix pour nous faire passer " de la mort à la vie ", mais aussi pour nous permettre d'accomplir des œuvres qui porteront du fruit jusque dans l'Eternité. Car c'est en lui que se trouvent la source et l'essence du vrai zèle ! Sa Parole nous est donnée pour Le révéler mais aussi pour fixer les critères sages qui prévalent aux bons choix ! A qui donc irions-nous donc d'autre ?
Cet été " Ayons donc du zèle et non de la paresse ! " sans oublier... d'observer les fourmis !...et pourquoi pas les cigales aussi, même si c'est plus difficile ?!...
Soyons " fervent d'esprit ", servons le Seigneur comme de bons et fidèles serviteurs qui remplissent leur grenier de toutes les grâces que Dieu leur offre si généreusement, pour aujourd'hui mais aussi pour demain comme il l'a déjà fait hier !
1 l'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise, la colère, la paresse