Si vous étiez un arbre, lequel seriez-vous ?

( Galates 5 )


Si notre Eglise était un verger, quels fruits voudrions-nous voir s'y développer ?...

En ce jour de Pentecôte où la chrétienté se souvient de ce moment historique où l'Esprit Saint a été répandu sur chaque croyant, arrêtons-nous sur l'essence, la nature mais aussi les facteurs de croissance du " fruit " de l'Esprit.

Voyons ce que Dieu dit à ce sujet, par le moyen de l'apôtre Paul, inspiré par l'Esprit Saint lui-même... Galates 5.22ss...

1. L'essence " surnaturelle "

1.1. L'Essence du fruit

    En décrivant la " marque du chrétien ", l'homme régénéré, sous les traits d'un fruit, Paul fait écho à une image que l'on trouve déjà dans l'AT (Ps 1.3, Jr 17), puis dans la bouche de Jean-Baptiste (fruit digne de la conversion Mt 3.8) et de Jésus (Mt 7.16, Rom 6.21-22).
L'image montre avec force que la foi chrétienne ne consiste pas en une série de rites à accomplir scrupuleusement pour être sauvé, mais est associée à une dynamique de vie, de croissance.

    Jean dans son évangile utilise l'image de la vigne.
C'est parce qu'il est greffé au cep, que le sarment porte le fruit. Mais à l'origine il fallut l'action du divin Vigneron.. en effet, nul n'a jamais vu un sarment se greffer lui-même sur un autre pied ! Et si le sarment reste sur le sauvageon initial, jamais il ne pourra porter les fruits du cepage sélectionné pour sa notorité ! Le vin tiré d'une vigne sauvage ne pourra bénéficier de la reconnaissance des " appellations contrôlées "... fusse-t-il agréable à déguster !

    D'un point de vue de la foi, cette image de la greffe illustre ce dont parle Jésus à Nicodème ; la nouvelle naissance. " Ce qui naît d'une naissance naturelle, c'est la vie humaine naturelle. Ce qui naît de l'Esprit est animé par l'Esprit " (Jn 3.6). Dieu le Père a envoyé Jésus pour nous greffer sur son " arbre généalogique ", en nous adoptant au prix de la mort de Jésus, étape nécessaire avec la résurrection et l'ascension pour que l'Esprit puisse, comme la sève dans la vigne, venir vivifier les sarments afin qu'ils portent le fruit de la vigne de Dieu. " C'est l'Esprit Saint lui-même qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ; Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas... ceux qui sont conduits par l'Esprit sont fils de Dieu..." (Rom 8.9, 14, 16).

    La première question à nous poser ce matin, avant de parler du fruit, c'est celle de savoir si nous sommes un sauvageon, ou comme un sarment qui s'est laissé greffer par le divin vigneron au Cep...

1.2. L'évangile qui trouble les destinataires de cette épître

    L'Epître aux Galates est adressée à des chrétiens qui avaient bien compris l'enseignement des apôtres. Mais hélas, après avoir " bien commencés " fondant leur foi sur la seule grâce de Jésus, ils s'étaient laissé déstabiliser par un autre évangile. Certains étains venus leur dire que pour être sauvé, il fallait impérativement ajouter à la foi en Jésus-Christ, la pratique de Lois du culte Juif comme la circoncision. Paul souligne combien est pernicieux ce faux enseignement ; car imposer la circoncision aux païens et leur dire que c'est l'obéissance à la Loi qui leur permet d'être déclaré juste devant Dieu, c'est dire que le Christ était mort pour rien ! (Ga 2.21, 5.2). Paul lui-même n'a-t-il pas résisté devant la pression de ceux qu'il désigne comme " faux-frères " et qui voulaient que Tite soit circoncis (Ga 2.3-4). N'avait-il pas repris publiquement Pierre à Antioche qui avait quitté la table des païens craignant les croyants d'origine juive venus de Jérusalem (Ga 2.11ss) ?

    La liberté chrétienne autorise certes ceux qui le souhaitent de respecter les sabbats, de faire circoncire les hommes, de manger casher, mais ces pratiques ne sauvent pas, seule la foi au Christ sauve. En effet, la loi montre plutôt à l'homme sa culpabilité, car nul ne peut prétendre obéir sans faille à chacune des prescriptions légales, sauf Jésus, c'est pourquoi il a pu prendre sur lui volontairement la condamnation qui découle de la Loi. En fait, la Loi ne peut que conduire le croyant à la grâce que Dieu offre en Jésus et que l'Esprit applique à sa vie pour le sauver de la condamnation divine mais aussi pour lui permettre de vivre selon Dieu.

    Alors, celui qui est conduit par l'Esprit Saint n'est plus sous la Loi, mais le fruit de l'Esprit ne s'oppose aucunement aux ordonnances éthiques de la Loi transmise par Moïse ! Au contraire, c'est lui qui lui permet de vivre selon Dieu ! C'est ce que Paul rappelle aux Chrétiens qui se sont laissé endoctriner par ces faux-frères.

2. La nature du Fruit

D'essence surnaturelle, ce fruit qui suit un processus " naturel " de croissance est souvent présenté sous la forme de trois grappes :

2.1. La première grappe : " l'amour, la joie & la paix "

L'amour

    On le sait, c'est à l'amour qu'ils ont les uns pour les autres que l'on reconnaît les disciples du Christ (Jn 13.35).

    à notre époque où le ressenti fusionnel et l'accomplissement de soi prime, il est juste de nous rappeler qu'il est question ici, de cet amour associé à Dieu lui-même (1 Jn 4.7). Le Dieu de la Bible " est amour " dit Jean (1 Jn 4.8 & 16). Il s'agit d'un amour qui se manifeste par des actes concrets, il se donne volontairement, résolument, même si cela en coûte (Jn 3.16, 1 Jn 3.18).

    Celui qui est animé par cet amour ne cherche pas par ce moyen à s'enrichir des dons des autres, mais il cherche comment enrichir les autres en leurs donnant la considération, l'estime, les égards, le respect, l'encouragement, voir la compréhension et l'assistance responsabilisante qui est juste et bonne.

    Cette qualité d'Amour ne se fabrique pas en laboratoire par une savante transformation chimique de nos sentiments, mais est versée par Dieu lui-même dans le cœur des siens, par l'Esprit Saint qu'il nous a donnés (Rom 5.5). C'est de cet amour dont il est question, lorsque Jésus parle d'aimer ses ennemis, eux qui naturellement ne nous sont pas aimables à cause de leurs actes !

Que dit l'Ancien Testament ?

 

Ex 23.4-5 " Si tu rencontres le bœuf de ton ennemi ou son âne égaré, tu ne manqueras pas de le lui ramener. Lorsque tu verras l'âne de celui qui te déteste succomber sous sa charge, et que tu n'auras pas envie d'aider cet homme, aide-le quand-même à délester son âne.

Pr 25.21 Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire (ms pas un plat empoissonné !). Ce sera comme si tu lui mettais des charbons ardents sur sa tête et l'Eternel te le rendra.

Lev 19.9-10 Quand vous ferez les moissons, tu ne couperas pas les épis jusqu'au bord de ton champ... tu laisseras tout cela au pauvre et à l'immigré

Lev 19.14 Tu n'insulteras pas un sourd et tu ne mettras pas d'obstacles sur le chemin d'un aveugle, et ainsi tu révéreras ton Dieu.

Lev 19.18 Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les membres de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même.

 

    Le faux amour tire sa force des intérêts qu'il produit, s'il n'y a plus de bénéfice à tirer, de satisfactions suffisantes, l'amour disparaîtra jusqu'à ce que l'objet de cet amour soit remplacé par un autre. Seul l'amour qui tire sa force de valeurs éternelles, demeurera toujours.

La joie

    La joie dont il est question n'est pas non plus une joie " naturelle ". Il s'agit de la joie du salut que " produit l'Esprit " (1 Th 1.6) Il y a de la joie lorsque l'on accueille la Parole du Seigneur qui nous dit que notre nom inscrit dans le livre de vie (Lc 10.20).

    Jésus lui-même connu cette joie " A ce moment même (retour des disciples de mission), Jésus fut rempli de joie par le Saint-Esprit et remercia le Père... (Lc 10.21)...

    Cette joie n'a rien d'un éphémère moment où l'homme " s'éclate ", elle a de la " consistance ", n'est rien de la " reve partie ". L'Ecriture nous dit que nul ne pourra arracher cette joie aux disciples (Jn 16.22) même si la douleur ne leur est pas épargnée. Cette joie est indissociable de la personne et de l'amour de Jésus.

    En comparant l'union du croyant à Jésus à celui du cep au sarment Jésus dit à ses disciples : " tout cela, je vous le dis pour que la joie qui est la mienne vous remplisse vous aussi, et qu'ainsi votre joie soit complète ", (Jn 15.11, 17.13). La joie de nous savoir co-héritiés du Christ, adoptés, membres de la famille de Dieu, non à cause de nos œuvres mais en vertu de la grâce de Dieu, la joie de savoir que nous sommes " plus que vainqueur par celui qui nous a aimés... que rien ni personne ne pourra nous arracher à l'amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur " (Rom 8.37-39).

    C'est cette joie, qui fut la force des premiers chrétiens, c'est encore elle encore qui est moteur dans la vie des chrétiens d'aujourd'hui, même lorsque la vie est loin d'être parsemée de pétales de roses !

Que dit l'Ancien Testament ?

 

Dt 28.47 Si vous ne servez pas l'Eternel avec la joie et le bonheur au cœur au sein de l'abondance en toutes choses, vous serez asservis aux ennemis que l'Eternel enverra contre vous.

Dt 12.12 vous vous réjouirez en présence de l'Eternel votre Dieu...

Lv 24 40 Pendant 7 jours vous vous réjouirez devant moi (cf fête des cabanes)

Hb 11.24 en vue de cette joie Moïse avait renoncé au titre de fils de la fille de Pharaon avec toutes les facilités qui en découlaient

 

    La fausse joie est aussi celle qui est plutôt tournée vers soi et qui est communément assimilée à l'euphorie, aux rires bruyants ; la joie dont parle avec abondance le NT se rapproche plutôt du mot " grâce "...

La paix

    En parlant de paix, Paul ne pense pas à l'armistice... il ne s'agit pas de l'absence de conflits ou de guerres, mais de cette paix que Jésus donne déjà sur cette terre, par la présence de l'Esprit dans le cœur de ses disciples et ce indépendamment des circonstances extérieures (Jn 14.27, 2 Th 3 ;16, Eph 2.14). C'est Dieu qui donne par son Esprit la paix et la joie, à ceux qu'il a rendus " justes " (Ro 14.17), associant " paix & joie " à la justice.

Que dit l'Ancien Testament ?

 

Es 32.17 le fruit de la justice sera la paix

Es 26.3 A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures une paix parfaite, parce qu'il se confie en toi

 

    Le thème de la paix messianique du Shalom marque l'attente de tous les Israëlites de l'AT, c'est Jésus qui la donne !

2.2. La deuxième grappe : " la patience, l'amabilité/bienveillance & la bonté/bonnes dispositions"

    La certitude de l'amour de Dieu en nous qui engendre la joie et la paix, constitue le sûr fondement à partir duquel nous pourrons faire preuve de patience, d'amabilité et de bonté envers ceux que nous côtoyons.

    Dans le contexte biblique, la personne patience désigne celle qui sait endurer les difficultés sans s'emporter au 1/4 de tour à la moindre égratignure contrariante... cherchant à " se faire justice " en usant de représailles contre qui l'aurait touchée. Etre patient, c'est faire preuve de foi ; c'est croire que Dieu tient ses promesses en son temps, qu'en jetant la graine dans le sol, elle produira en du fruit en sa saison ... c'est aussi accorder à l'autre la chance de se ressaisir, en lui laisser le temps de prendre les mesures qui lui permettront de faire des progrès...

    Mais la patience ne s'achète pas en conserve sur les rayons d'un supermarché ni en comprimés effervescents & vitaminés à la pharmacie... la patience se développe avec le temps, selon la façon dont nous cheminons dans l'épreuve !

    Job est dans l'AT un exemple d'homme qui apprit la patience tout au long de son cheminement lorsqu'il souffrait, Jacques propose aussi les prophètes de l'AT qui ont souffert comme modèle de patience... souvenons-nous de Jérémie par exemple... (Jcq 5.10-11)...

    L'autre jour, sous mes fenêtres un petit incident tout banal a ameuté une partie du quartier. C'était l'aubaine à ne pas manquer, il y avait juste une place libre rue Leibniz. Un automobiliste ralentit se préparant à faire un créneau pour se garer. Derrière lui un conducteur non attentif et le serrant peut-être d'un peu trop près... avançait et... accrocha légèrement l'arrière de la première voiture.

    Voilà un incident qui n'a rien de comparable aux souffrances de Job, mais qui pourtant est une occasion de manifester ce qui domine en nous ; nos propres instincts humains ou le fruit de l'Esprit ?... Dans le cas de nos deux automobilistes, le conducteur de la seconde voiture immobilisa son véhicule, sorti de sa voiture et très vite le ton monta, les insultes fusèrent... touchés au plus profond de leur amour propre, les deux conducteurs en vinrent aux mains... tout cela s'est terminé avec l'intervention de la police et des pompiers pour soigner quelques contusions... les voitures n'ayant manifestement pas souffert du choc... L'expression de leur réponse qui se voulait " virile " n'avait finalement rien d'honorable, ni pour l'un ni pour l'autre...

    Si seulement au moins un des deux conducteurs avait agi avec amabilité & bienveillance cela aurait arrêté net l'escalade de la violence ! Mais lorsque l'on se sent " agressé ", et si l'on n'y prend pas garde... notre réflexe est souvent d'abord de répondre vertement plutôt que de chercher à veiller à agir pour le bien de tous sans en cherchant à mettre de l'huile dans les rouages plutôt que sur le feu.

    La conduite automobile est sans doute un haut lieu de sanctification moderne ! Quoique...faire la queue devant une caisse de supermarché au à moment d'affluence aussi !!! surtout si par malheur quelque chose coince avec un client, que le prix ne figure pas sur l'étiquette ou que la monnaie manque ! Mais notez que si les jérémiades d'une personne impatiente peuvent agacer toute la file, une parole courtoise d'un client peut dérider toute la queue de personnes tendues et rentre l'attente moins pénible...

    John Stott définit l'amabilité comme " l'attitude qui va au-delà de la simple tolérance, qui ne souhaite de mal à personne ",. La personne aimable ne se dira pas " ah c'est bien fait pour lui ! "...mais manifestera plutôt de la sollicitude envers qui est en difficulté.

    Cette bienveillance est l'attitude de cœur résolument orienté vers le bien de chacun, c'est un terme essentiellement attribué à Dieu dans la Bible. L'Eternel qui est riche en bonté, plein de patience, ne nous traitant pas selon le mal que nous avons commis " (Ps 103.8-9 ; 86.15, 145.8, Ex 34.6). Il appelle à lui, mais ne se délecte pas à faire la morale et d'incessants reproches à qui vient à lui sincèrement !

    La bonté, est très liée à l'amabilité ou à la bienveillance. C'est une qualité divine par excellence : " Dieu seul est bon " (Mt 19.17), tout ce qu'il a créé était " bon " sauf l'homme... qui était lui " très bon " ! L'homme aux bonnes dispositions, n'est pas passif ! L'homme bon est celui qui volontairement choisit de valoriser la grâce et ce qui est aimable, il retient ce qui est bon plutôt que d'exhiber comme un collier de perles toutes les imperfections enfilées les unes derrières les autres. L'homme bon cherche plutôt à accueillir qu'à vite rejeter...

 

Ex 17.6 A Rephidim , l'Eternel donne de l'eau au peuple revendicatif

Pr 14.31 Opprimer le pauvre, c'est outrager son créateur, mais avoir de la compassion pour les indigents c'est l'honorer

Pr 17.5 Se moquer du pauvre c'est outrager son Créateur et celui qui se réjouit du malheur d'autrui ne restera pas impuni

 

    Dans certaines circonstances, cette attitude dynamique peut nous amener à reprendre quelqu'un qui part à la dérive... Le sage ne nous invite-t-il pas à user de discernement en répondant stratégiquement au sot selon sa sottise, pour l'interpeller par effet de miroir (Pr 26.5), mais veillons à nos motivations ; Est-ce pour agir de façon malveillante à l'égard de l'autre, nous moquer de lui... ou bien pour le conduire à prendre conscience de son état, afin qu'il cherche du secours et change de comportement...

    Mais dans les cas extrêmes, pour protéger le juste du violent comme le violent de ses propres excès, c'est rendre service à tous que de recourir à l'assistance d'autorités compétentes pour fixer des limites et endiguer le mal. Une passante qui s'était interposée cherchant à séparer les deux conducteurs étant pris à partie dans leur querelle, seule l'intervention de la police pouvait mettre un terme définitif à l'escalade de la violence.

2.3. La troisième grappe : " la fidélité, la douceur & la maîtrise de soi "

    Par la fidélité il faut entendre le fait de pouvoir compter sur nous. La fidélité est synonyme de solidité, c'est la vertu responsable de ceux qui tiennent leurs promesses et vont jusqu'au bout de leur mission même si elle s'avère difficile. " Bon & Fidèle serviteur " voilà la mention du diplôme dont parle Jésus dans la parabole des Talents...
Prov 11.20 L'Eternel a horreur de ceux qui ont le cœur tortueux, mais il aime ceux qui se conduisent de façon intègre

    La douceur n'est pas la qualité des inconsistants et des faibles, mais celle des hommes forts et énergiques, dont la force et l'énergie sont contrôlées.
" Une réponse douce calme la fureur, mais une parole blessante excite l'irritation... Pr 15.1.
Paul qui connaissait le stress de situations tendues, depuis sa prison exhortait les Philippiens comme les Colossiens ; que votre douceur ou amabilité soit connue de tous les hommes... (Ph 4.5 Col 3.12), et lorsqu'il s'agit de reprendre quelqu'un qui part à la dérive la douceur est deux fois de mises !(Ga 6.1).

    Mais souvenons-nous de l'homme que la Bible présente comme le plus " doux " ou " humble "(No 12.13) il s'agit de... Moïse... n'a-t-il pas commencé par être un assassin, cherchant à venger lui-même son peuple maltraité par les Egyptiens ?... Voilà en tout cas un bon exemple propre à nous encourager... en nous montrant comment Dieu sait y faire pour nous amener nous aussi porter un fruit qui d'emblée ne nous est pas " naturel "

    La maîtrise de soi est bien le signe qu'il nous faut être vigilent et ne pas nous laisser simplement conduire pas nos instincts et nos passions débridés... mais s'entraîner à prendre le recul nécessaire avant de répondre, si une réponse s'avère juste...
Dans ce domaine, le courrier électronique doit retenir toute notre attention, répondre à la hâte à certains mels enflammés est souvent tout sauf ce qu'il faut faire pour être constructif et cultiver de bonnes relations !

    Prov 16.32b mieux vaut savoir se dominer que de conquérir des villes
   Prov 25 ;28 Celui qui ne sait pas se dominer est comme une ville démantelée qui n'a plus de remparts

3.Conclusion :

Les facteurs de croissance " naturelle " du Fruit

Si un fruit vient à la vie de façon " surnaturelle ", quels sont les facteurs naturels qui peuvent favoriser sa croissance ?

3.1. L'alimentation par les racines et par les feuilles !

    L'Esprit ne pratique pas l'auto-nutrition ; 2 fertilisants sont nécessaires à une croissance vigoureuse : il s'agit d'une part de l'étude de la parole de Dieu & d'autre part de la prière.

3.2. La chaleur des éclairages fraternelles

    La communion fraternelle, le service ensemble...

3.3. Le temps de la croissance

    Mais pour qu'un fruit mûrisse, il y a des étapes à respecter ; celle de la croissance et de la maturation... Prendre le temps de tirer de profondes racines pour tenir bon face aux difficultés climatiques... Ps 1

3.4. Crucifier l'homme livré à lui-même et Laisser l'Esprit diriger notre conduite

    Si ailleurs dans l'épître (Ga 2.20 & 6.14) Paul dit que nous avons été crucifié avec le Christ, ici l'accent porte sur notre part active : mais quand est-ce que ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié " l'homme livré à lui-même " avec ses passions et ses désirs ?...

    L'acte par le moyen duquel a été " crucifié " notre " moi autonome " c'est notre repentance, lorsque par la foi ouvrant notre cœur à la grâce, l'Esprit nous donnait de reconnaître notre perdition, et nous engageait à rompre avec nos désirs dévoyés tout en nous assurant du pardon de Dieu. Chaque fois que nous reconnaissons aujourd'hui encore avoir fait fausse route, laissant nos réflexes non-régénérer prendre le dessus, demandant au Seigneur l'aide d'agir selon lui, cette démarche correspond à " crucifier " ces actes infructueux, ou pour reprendre l'image du cep et des sarments, c'est ainsi que le divin vigneron émonde les sarments de sa vigne.

    Ne nous y trompons pas, ce ne sont pas les conditions extérieures difficiles qui entravent le plus la maturation du fruit, je dirais que c'est plutôt le contraire ; jusqu'à un certain point, les situations contrariantes sont celles qui permettent au fruit de se développer de façon sensible et ce peut-être parce que nous nous savons vulnérable et d'autant plus dépendant de la grâce de Dieu pour faire bien... " Un bateau ne coule pas quand il est dans l'eau, -dit B Graham- mais il coule quand l'eau entre dans le bateau !... "

    Les plus grands obstacles se trouvent souvent en nous-mêmes ! Mais Jésus n'est pas venu pour appauvrir notre vie, pour nous ôter toute occasion d'initiative ou nous décourager en plaçant la barre trop haute, mais bien au contraire Jésus a tout accompli pour enrichir notre vie l'amener à sa plénitude spirituelle (Jn 10.10) et renouveler notre intelligence pour des décisions responsables et toute emprunte des qualités de notre Père. C'est par son Esprit que cela est rendu possible ! C'est notre privilège à nous qui vivons sous la Nouvelle Alliance !

    Alors que cette semaine nous soyons particulièrement rendu attentif au fruit que le Seigneur voudrait faire mûrir en nous... Que par l'attachement au Christ de chacun de ses membres, notre Eglise puisse ressembler à un verger resplendissant où fleurissent, se développent des relations toute empruntes de ces qualités que Jésus a su revêtir tout au long de sa mission !

    Et si pour le pique-nique de demain, ou celui de dimanche prochain vous comptez préparer ou déguster une salade de fruits... n'oubliez pas Ga.5.22...

A.Ruolt
30 Mai 2004

Petite bibliographie :