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Un mariage pas caomme les autres... à Cana Jean 2 Il était une fois... un mariage pas tout-à-fait comme les autres... C'était, au tout au début du ministère de Jésus. Nous sommes en Galilée, à quelques 15 km au nord de Nazareth Véronèse1 a, à sa façon, représenté la scène... sur le plus grand de tous les tableaux exposés au Louvre... -bien que l'on peut se demander si le flot de visiteurs qui s'arrêtent devant la Joconde, remarquent vraiment ce tableau juste à côté !...- Ce jour là, on célébrait des noces, comme me semble-t-il... plusieurs parmi nous en préparent ces temps-ci... C'était sans doute le mariage d'un cousin de Jésus, puisque Jésus y assiste avec Jean, André, Pierre, Philippe et Nathanel, les premiers disciples qui l'ont suivi ainsi que sa mère. On ne manque pas de souligner que, si au cours du festin Marie se met en peine au sujet d'une négligence, c'est sans doute parce qu'il en va de l'honneur d'un proche... et si elle s'adresse à Jésus, c'est sans doute en sa qualité de soutien de famille, Joseph étant probablement déjà mort à cette époque, puisqu'il n'est pas présent au repas... Comme ailleurs dans la Bible, il n'est pas fait mention de liturgie religieuse particulière. Le mariage était un engagement sociale ce qui n'ôtait rien au sérieux des engagements pris. L'alliance était juridiquement déjà scellée entre les familles aux jours des fiançailles. Le banquet de noces marquant quant à lui l'entrée des époux dans la vie commune.
Et Jésus était de la fête ! Mais... là n'est pas vraiment la pointe du récit que Jean a voulu nous le laisser. Jean le témoin que Jésus aimait, lui aussi semble-t-il le cousin de Jésus par Marie... parle de ce mariage comme le cadre du premier miracle de Jésus, le miracle de l'eau changée en vin. Bien que ce récit nous soit familier... relisons-le ensemble : Jean 2:1-12
Plan :
1. Un signe déconcertant à plus d'un titre... 1.1.La mention divin... Comme ce doit être le cas pour plusieurs d'entre vous, nos racines françaises étant -et même française de l'extérieur pour ce qui me concerne...!-, nous ne sommes pas particulièrement choqués par la présence de vin ici. Je me souviens volontiers par exemple de cette loi sur les dîmes, ou Dieu commandait à son peuple : Lorsque L'Éternel t'aura comblé de bénédictions, si tu ne peux pas transporter ta dîme jusqu'à l'endroit que l'Éternel ton Dieu aura choisi pour y établir sa présence parce qu'il sera trop loin de chez toi, tu vendras la dîme, tu prendras l'argent et tu te rendras au lieu que l'Eternel ton Dieu aura choisi. Là tu achèteras avec l'argent tout ce qui te plaira : bœufs, moutons ou chevreaux, vin ou autres boissons alcoolisés, bref, tout ce dont tu auras envie, et tu le consommeras là devant l'Eternel ton Dieu, en te réjouissant avec ta famille (Dt 14.24-26) Bien qu'il s'agisse ici de fêtes religieuses, et non de mariage, l'appel à la fête en famille semble encourager à la consommation de vin qui réjouit le cœur de l'homme (Ps 104.15). Mais ailleurs, il y a eu des thèses de doctorat qui ont été rédigées pour prouver qu'il n'est pas question ici de vin mais de jus de raisin non fermenté, et que le plus grand miracle résidait justement en ce que ce jus n'a pas fermenté... C'est là sans doute forcer le texte pour le faire cadrer dans une éthique lié à un contexte historique bien précis... mais ne jetons pas la pierre... nos traditions sont bien vivantes... 1.2. Un signe de luxe ?... La sobriété, pour ne pas dire l'austérité protestante n'est-elle pour rien aux sentiments toute fois mélangés que nous laissent malgré tout ce texte ? N'êtes-vous pas comme moi, de prime abord un peu heurtés par ce que j'aurais vite tendance de qualifier de miracle de luxe ou il y va du confort d'une noce villageoise, et non d'une question de vie ou de mort. Nul n'est affamé ni malade ici... Tout de même, ne pouvaient-ils pas festoyer sans encore plus de vin ? Et puis, malgré ce que nous disait dimanche dernier M. Appéré au sujet du champagne qui vient avec le dessert lors des repas de noces aujourd'hui,... fallait-il vraiment un si grand cru en fin de festivités ? Pourquoi faut-il que Dieu se fatigue et en vienne à pallier à pareille négligence ? Et pourquoi près de 600l de vin ? Même si l'on sait qu'à l'époque le vin était largement coupé (1/2 à 1/9), et que les festivités duraient plusieurs jours, 600l cela fait toujours beaucoup... sans compter qu'il y en avait déjà eu avant... Il serait intéressant de comparer avec ceux qui parmi nous sont en pleins préparatifs de mariage... combien de litres comptez-vous acheter pour 1 repas ?... Cela est juste, la beauté d'une fête n'est pas proportionnelle aux grandioses dépenses que certains estiment nécessaire de faire... dépenses hélas trop souvent motivée pas un souci de concurence, pour faire mieux que... quitte à s'endetter lourdement et à être sur la paille après... Ce qui touche à nos motivations est souvent quelque chose d'un peu compliqué, mais il vaut la peine d'y réfléchir... pour dans ce domaine aussi chercher la gloire de notre Seigneur et la joie véritable des uns et des autres. Qu'est-ce qui est vraiment important dans une fête ? Soyons réalistes, il y a dans tous les pays des coutumes, qui n'ont rien de bibliques, mais qui ne sont pourtant pas non plus forcément d'anti-biblique... J'ai cru comprendre qu'en Côte d'Ivoire, la réussite d'une fête chez les protestants se mesure souvent au nombre de bœufs tués... (chez les non protestants ajoutez simplement l'alcool). Il n'y a pas de plus grande honte pour les organisateurs que de voir les invités partir l'estomac dans les talons et colporter tout autour d'eux qu'ils ne nous ont même pas bien donné à manger . Dans certaines autres traditions il faut que les invités puissent encore ramener de quoi manger chez eux... Manquer de vin à Cana eut socialement été un sujet de grande honte pour les familles responsables du repas... Mais tout de même... cela nécessitait-il un miracle, et qui plus est le premier attribué à Jésus (2.11) ?!... 1.3. La mythologie grecque Lorsque l'on apprend que la tradition chrétienne a un temps commémoré le souvenir des noces de cana le 6 janvier2, date correspondant au culte de Dionysos, dieu du vin dans la mythologie grecque... et que ce jour-là les païens disaient qu'à Andros et à Theos, les fontaines du temple de ce dieu laissaient couler du vin au lieu de l'eau habituelle ; qu'à Élis, la veille de la fête, on plaçait dans le temple trois jarres vides et, le lendemain matin, on les trouvait pleines de vin3... Cela a encore de quoi nous surprendre... 2.Les miracles 2.1.Le but du signe 2.1.1.Signe plutôt que miracle, actes de puissance Jean insiste sur le signe de Cana, le désignant comme le n°1 dans la liste de 7 signes4 associés au ministère de Jésus avant sa mort et sa résurrection... Ce miracle est suivi d'un n° 2 opéré à distance depuis Cana... il s'agit de la guérison du fils d'un fonctionnaire attaché au service du roi Hérode (Antipas) (4.43), habitant avec sa famille à Capernaüm. Jean qui préfère résolument parler de signes plutôt que de miracles, voit dans ces signes des gestes significatifs5 qui authentifient Jésus comme le Messie annoncé par les prophètes6, tout au moins pour ceux qui n'étaient pas aveuglés (Jn 12.37ss). C'est là du reste le but du IVe évangile que de donner aux lecteurs de croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant, ils possèdent la vie en son nom (Jn 20.31). 2.1.2.Un signe pour croire Le signe est comme une parabole en acte7, et non une fin en soi, ni une manière de se rendre populaire pour Jésus en offrant des services gratuits au tout venant. Le signe est une façon pédagogique de conduire ceux qui en sont les témoins à reconnaître en Jésus Le Messie annoncé par les prophètes, les amener à croire en lui. Dieu avait déjà donné à Moïse d'opérer des signes pour que le peuple le croit et l'écoute (Ex 4.1).
C'est aux signes qu'il produirait, que les Juifs comptaient reconnaître le Messie : Quand le Christ viendra, disaient-ils, accomplira-t-il plus de signes miraculeux que n'en a déjà fait cet homme ? (Jn 7.31). A Jean-Baptiste qui du fond de sa prison avait appris tout ce que faisait Jésus, et qui envoya deux disciples auprès de lui pour lui demander Es-tu celui qui devait venir pu bien devons-nous en attendre un autre ? Jésus répondit en citant Es 35.5ss et 61.1 les aveugles voient, les paralysés marchent normalement, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Mt 11.2-6). 2.1.3.Le signe n'est pas un fin en soi Cependant souvent Jésus se plaint, voyant nombre de personnes se tromper quant au sens de ses signes. Par exemple ; après la multiplication des pains nombreux étaient-ils le lendemain à partir à la recherche de Jésus. Quel zèle, quel amour pour le Seigneur pourrions-nous être tenté de dire... et Jésus de dire : Vraiment, je vous l'assure, si vous me cherchez, ce n'est pas parce que vous avez compris le sens de mes signes miraculeux. non ! C'est parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasié (Jn 6.26). S'ils accourent auprès de Jésus c'est pas pour ce qu'il est, mais seulement dans pour profiter de ses services, pour gagner un soulagement matériel qui ne coûte rien Mais même la recherche des signes pour pour croire, n'est pas ce que Jésus loue par-dessus de tout... Au fonctionnaire dont le fils se mourait à Capernaüm Jésus exprime sa déception : A moins de voir des signes miraculeux et des choses extraordinaires, vous ne croirez donc pas ? (Jn 4.48). Heureux ceux qui croient sans avoir vu dit Jésus à Thomas (Jn 20.29). 2.2.Les signes charnière dans l'histoire du salut 2.2.1.Les signes, pas preuve d'une foi plus grande Les signes ne sont pas la preuve d'une foi plus grande, mais des événements ponctuants des moments particuliers dans l'histoire du salut. En effet, Jean-Baptiste est qualifié d'homme le plus grand de toute l'Ancienne Alliance, or il nous est dit qu'il n'a pas opéré de miracles (Mt 11.11 ; Jn 10.41). De même Abraham, David, Esaïe, Jérémie, Ezéchiel et d'autres prophètes n'ont pas fait de miracles. S'il y a concentration de signes à des moments charnières de l'histoire du salut8, à d'autres périodes nous constatons une absence de miracles. 2.2.2.Les signes ne tombent pas au hasard C.S. Lewis illustre de façon très saisissante ce constat : Dieu ne saupoudre pas les miracles au hasard comme sortis d'une poivrière. Ils surviennent aux grandes occasions ; on les rencontre aux grands nœuds de l'histoire- non pas de l'histoire politique ou sociale, mais de cette histoire spirituelle qui ne peut pas être parfaitement connue des hommes. S'il se trouve que votre vie n'est pas proche de ces grands nœuds, comment pouvez-vous espérer en voir ? ... Si vous n'habitez pas à côté du chemin de fer, vous ne verrez pas les trains passer sous vos fenêtres9 2.2.3.Le disciple n'est pas appelé à produire des miracles L'attrait du miracle pour lui-même, existe aujourd'hui encore... J'en veux pour preuve, cette dépêche que j'ai trouvé mi-décembre dans les insolites de l'APF ... dépêche qui n'a malheureusement rien d'insolite, jugez-en vous-mêmes : N'est pas Jésus qui veut
mercredi 13 décembre 2000, 11h23, heure de Paris © 2000 AFP. A Cana, l'ambiance, si j'ose parler ainsi, était tout autre... Jésus ne cherche pas les acclamations d'une foule enthousiaste et toute gagnée à sa cause... Aussi, ce miracle est quasi anonyme. Seuls les disciples, Marie (?) et les serviteurs sont au courant... Jamais nous ne voyons Jésus chercher à faire du spectacle, ni donner pour mission à ses disciples d'inviter à des feu d'artifice de miracles, mais Jésus leur confie simplement; de faire de toutes les nations des disciples, de les baptiser et de leur enseigner tout ce que Jésus a prescrit... C'est la Foi au Christ que nous devons garder en point de mire, c'est à la juste compréhension de la Bible et à sa mise en pratique que nous avons à travailler. 3.Le sens du premier signe à Cana Mais tout cela n'explique pas encore le sens de ce signe. Que signifie alors ce premier signe ? 3.1.Manifester sa gloire de Jésus (messianité) Le but des signes avons-nous vu, c'est d'amener à la foi, ceux qui en sont les témoins. C'est là l'objectif atteint par ce signe. Par ce miracle Jésus a manifesté sa gloire envers ses disciples qui, nous dit Jean, crurent en lui (2.11). Non pas qu'ils n'avaient pas déjà vu en lui le prophète dont Moïse avait annoncé la venu, le Fils de Dieu, le Christ. Ils avaient cru dans le témoignage de Jean-Baptiste, mais maintenant ils ont vu se réaliser ce que les Ecritures avaient annoncé : Lorsque le Nouveau Moïse viendra il s'opérera par lui de nombreux miracles. La manifestation suprême de la gloire de Jésus éclatera au cours des événements qui le mèneront de la mort à la vie, du tombeau vide au Père. Mais pour les premiers disciples de Jésus ce signe, préfigurait déjà quelque chose de la gloire qui allait éclater lorsque cette heure capitale sera venue. 3.2.La portée des images symboliques Plusieurs images jalonnent encore ce récit significatif de la mission du Christ... 3.2.1.L'image des noces L'image des noces, est particulièrement suggestive ; Jésus présente à plusieurs reprises le royaume des cieux sous les traits d'un banquet de noces. Il y a la parabole des invités, (Mt 22//Lc 14), ou l'on voit Dieu sous les traits d'un Roi célébrant les noces de son Fils, envoyant ses serviteurs appeler les invités qui rechignent à venir... ou qui viennent sans revêtir l'habit de noces que la famille se devait de leur remettre gratuitement... La parabole des 10 vierges, attendant le fiancé qui tardait à venir (Mt 25), met l'accent sur la bonne manière de se préparer à accueillir le fiancé. Jean décrit dans l'Apocalypse l'aboutissement du projet de Dieu pour son peuple sous les trait d'un repas de noces Ap 19.6, 21.9. La cène que nous prenons préfigure ces moments ou réunis avec les chrétiens de tous les temps nous serons à la table de l'époux, de l'agneau de Dieu, de Jésus qui auprès du Père prépare déjà ces moments ou nous seront à jamais réunis en sa présence. Nous avons déjà eu l'occasion de nous souvenir ensemble des premiers chapitre d'Osée à ce propos... 3.2.2.Jésus dans le rôle de l'époux Dans ce récit Jésus, prendre la place de l'époux10 ... en donnant lui-même du vin destiné aux invités En effet, la remarque du maître du festin au marié (2.9-10), à qui il attribue d'avoir gardé le meilleur vin pour la fin, semble indiquer que c'était au marié que revenait une certaine responsabilité11 quant au vin. Juste avant ce récit, Jean-Baptiste s'était présenté sous les traits de l'ami du marié, qui une fois tout préparé pour les jours des noces, se retire pour laisser au marié la place qui lui est due (Jn 3.29). 3.2.3.Les 6 jarres de pierre Un autre détail mérite notre attention, c'est celui des 6 jarres de pierre (2.6). A nous qui n'avons pas été élevé dans la tradition juive, c'est un détail qui pourrait nous sembler anodin, pourtant Jean précise qu'il s'agit des jarres de pierre12 que les juifs utilisaient pour leurs rituels. On sait qu'avant, pendant et après le repas les Juifs pieux observaient des rites de purifications13, sous forme d'ablutions, comme aujourd'hui l'islam demande aussi aux fidèles de pratiquer des ablutions avant la prière. L'eau des 6 Jarres avait servi... les jarres n'étaient plus pleines... En transformant l'eau qui symbolisait la purification sous le régime de l'Ancienne Alliance, en vin, Jésus annonce déjà ce qui va pleinement purifier le croyant de la Nouvelle Alliance : c'est le sang de Jésus qui nous purifie de tout péché (1 Jn 1.7). L'eau des ablutions n'étaient que l'ombre des choses à venir... 3.2.4.La qualité du vin Venons en justement au bon et abondant vin ? Le vin symbolise ici les jouissances des temps messianiques. Le meilleur était pour la fin... pour l'Alliance Nouvelle. Dans l'AT le vin était déjà associé à la joie et son absence à la tristesse14 (Ps 104.15 ; Es 24.11 ; Za 10.7). La vie à laquelle Jésus invite ceux qui reconnaissent en Lui le Christ, est aussi marquée par la joie et la qualité. C'est là ce à quoi nous sommes destinés et ce que nous sommes appelés à incarner dès maintenant. Puissions-nous y travailler pour réjouir notre Père et nous avec lui, mais aussi pour donner à d'autre l'envie de partager cette joie et venir revêtir l'habit de noces, que Jésus nous offre gratuitement, l'habit du salut seule condition nécessaire pour être admis aux festivités ! On caricature souvent aujourd'hui la piété catholique comme étant celle des bons vivants et la piété protestante comme celles des appliqués mais austères chrétiens. La Bible n'oppose pourtant pas la joie de vivre à l'application...., peut-être vaudrait-il la peine d'en tenir aussi compte pour un quotidien vécu tout à la Gloire de Dieu... 3.3.Marque de piété filiale Mais plus directement, ce miracle souligne sans doute aussi le souci qu'avait Jésus de venir en aide à ceux de sa famille selon la chair en situation délicate. Jésus ne néglige pas non plus son rôle au sein de sa famille charnelle. Conclusion Ce signe inaugural, un peu surprenant à première lecture... est donc un signe qui dès le départ pointe tout entier vers Jésus, qui a "juridiquement" scellée l'Alliance Nouvelle à la coix avec ceux que le père lui a donné, Jésus qui prépare à présent son Eglise ... aux noces de l'Agneau. Cette parabole en acte est pour nous ce matin un appel à venir à Jésus pour être de la fête, pour être de la joie qui nous attend dans toute sa plénitude dans la présence du Seigneur lorsqu'il reviendra, lorsque le mal ne sera plus... mais joie dont les prémices nous sont déjà accordées dès à présent par l'Esprit-Saint qui est répandu le cœur de quiconque le reçoit. Faire ce que nous dit Jésus, à la suite des serviteurs se conformant à la parole de la mère de Jésus, est une chose excellente, mais cela ne garanti pas encore d'être admis à la fête.... Les serviteurs du récit étaient bien au courant du miracle... pourtant il n'est pas dit qu'ils ont cru en Jésus. Ils ont fait ce qu'il leur avait dit de faire, mais cela n'a pas changé leur vie... comme la foi en leur Maître va changer la vie des disciples... Alors, comme les disciples, croyons d'abord que Jésus est le Christ, celui dont avaient parlé les prophètes dans l'AT et qu'ils attendaient, celui que Dieu a envoyé pour nous sauver de la vaine manière de vivre, et qui a pris nos fautes sur lui mourant à notre place comme un criminel, alors qu'il n'avait commis aucun péché... Aujourd'hui, nous savons bien plus sur Jésus que n'en savaient les disciples à Cana et pourtant, ils savaient déjà qu'ils étaient les disciples de l'Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde (Jn 1.29)... Là réside le plus grand signe de l'Amour de Dieu pour nous... car Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jn 15.13). Que notre vie entière rende dignement témoignage à celui qui a accompli ce miracle suprême... qui aujourd'hui encore change la vie de qui par la foi croit en Lui. Qu'à l'image de Jésus, nous ne méprisions pas les bonnes choses d'ici bas, mais qu'en tout nous cherchions à glorifier notre Père, en apprenant aussi à nous réjouir dignement dans nos moments de fête à caractère plus social que religieux, comme les repas de mariage, et autres festivités qui ont pour cadre la famille, des amis ou le milieu professionnel... Que notre vie entière rende gloire et honneur à celui qui s'affaire aujourd'hui comme un fiancé s'affaire en préparant son mariage... veillant sur nous tout en nous préparant une place... : Jésus... Jésus qui vient bientôt !
18 février 2001
A.R. 1 Paolo Caliari dit Paolo Véronèse, Vérone 1528-Venise 1588 2 Le récit biblique, ne précise pas de date, bien que Jean fixe cet événement le 7e jour d'une période qui commence par le témoigne de Jean-Baptiste aux responsables religieux venu enquêter sur son identité. 3 M. E. BOISMARD, l'Evangile de Jean, Paris, Cerf, [1987], p.103. 4 n° 1 Cana (Jn 2), n° 2 La guerison du fils d'un fonctionnaire habitant Capernaüm (Jn 4.43), n° 3 guérison du paralysé à Bethesda (Jn 5), n° 4 Le multiplication des pains (Jn 6.1ss), n° 5 La marche de Jésus sur les eaux (Jn 6.16ss), n° 6 La guerison d'un aveugle né (Jn 9.1ss), n° 7 La résurrection de Lazare (Jn 11) 5 En grec il se trouve deux mots pour traduire les miracles : le signe shmeion et pour le miracle acte de puissance dunami" La TOB dans sa note souligne ainsi la distinction entre les deux termes : Les évangiles synoptiques avaient réservé l'usage su mot "signe" aux grands prodiges qui devaient marquer l'inauguration des temps messianiques (Mt 12.38 ; 16.1-4 ; Mc 8.11-12 ; Lc 11.16-29) ; par contraste, ils désignent les miracles par des mots comme "dynameis". Jean, renouant avec l'AT (Es 66.19), considère les miracles comme des événements eschatologiques qui permettent déjà au croyants de percevoir, dans une certaine mesure, la gloire de Jésus. 6 Ceslas SPICQ, Lexique Théologique du Nouveau Testament, Paris, Cerf, [1991], p. 1389. 7 DODD, cité par Joachim JEREMIAS, Théologie du Nouveau Testament, Paris : Cerf, [1996], p. 77. 8 Les époques ayant produit des miracles sont essentiellement : l'époque de l'Exode et de la conquête de Moïse à Josué, où Dieu confirme ainsi la délivrance de son peuple ; l'époque d'Elie et d'Elisée, ou Dieu veut fortifier la foi des siens face au paganisme fleurissant ; pendant l'Exil, Daniel est un personnage-clef dans un monde païen ; au début de l'histoire du christianisme, les signes sont là pour attester la messianité de Jésus et confirmer la mission des apôtres. 9 C.S. LEWIS, Miracles, Paris, SPB, [1985], p. 166. 10 Aux disciples de Jean et aux pharisiens qui demandent à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, Jésus répond : Comment les invités d'une noce pourraient-ils jeûner pendant que le marié est avec eux ?(Mc 2.19). 11 Selon une ancienne tradition juive, le jeune homme qui désirait se marier devait remplir 3 conditions principales : - avoir atteint la majorité religieuse (12 ans) - avoir planté sa vigne - avoir un métier. Les noces pouvaient avoir lieu dès lors que le fiancé avait préparé le logement où il allait vivre avec sa femme. 12 Les jarres en terre pouvaient être contanimées par l'impureté de ce qu'elles contenaient (Lv 11.33), celles en pierre non. 13 Souvenez-vous de ce reproche que firent un jour les pharisiens à Jésus : Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas (Mt 15.2 ; Mc 7.1-5) 14 Il ne faut pourtant pas imaginer une ivresse excessive des convives. Le vin pur était considéré dans l’antiquité comme spiritueux et du coup réprouvé ; on avait l’habitude de le couper avec de l’eau, dans la proportion de 1/2 jusqu'à 1/9 parait-il... |