Jésus envoyé par l'Esprit au désert pour être éprouvé

Lecture Mt 4

Introduction

    Dans la ligne " Jésus est un homme ", pour reprendre le titre du livre de CAMERON Nigel M. de Segur, je vous propose de méditer ce matin le récit de la mise à l'épreuve de Jésus au désert.

    C'est le récit de Matthieu que je vous invite à lire, bien que Luc (4) rapporte lui aussi en détail cet épisode de la vie du Christ.

    Comme le récit de la naissance de Jésus, celui de son baptême -qui précède notre texte-, nous montre le Seigneur s'identifiant pleinement la nature humaine. Mt 3 se termine sur l'image trinitaire de la colombe qui descend sur Jésus et du Père qui dit " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie ", attestant que Jésus est bel et bien le Messie annoncé par les prophètes de l'Ancien Testament, celui que Jean-Baptiste appelait : l'agneau de Dieu qui efface les péchés du monde (Jn 1.29)...

    C'est ce même Esprit qui conduit maintenant le Messie au désert, comme, en leur temps, les Israélites libérés d'égypte furent conduits par la nuée au désert (Es 63.14//Ex 13.21).

    Qu'évoque aujourd'hui le mot tentation ?

    La gourmandise ou autres " péchés mignons " comme on entend parfois ? Ou plus gravement les pratiques illicites en matière de sexualité ou d'argent ? Mais ici, il n'est pas question de cela !

    Très sobrement le texte nous dit ; l'Esprit Saint conduisit Jésus au désert pour y être tenté par le diable.

    N'est-ce pas déconcertant ; Celui qui vient de dire " celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie ", envoie son bien-aimé au " casse-pipe " ? Jacques ne dit-il pas ; " Que personne, devant la tentation ne dise : " C'est Dieu qui me tente " (Jcq 1.13). Mais Matthieu est inspiré de Dieu lorsqu'il rédige ce récit. Pourtant, il n'est pas un témoin oculaire de ce qui s'est passé, c'est donc l'enseignement qu'il a reçu de Jésus lui-même qu'il transmet !

    Qu'est-ce que ce récit nous enseigne sur le rôle de Dieu, du diable et de l'homme selon Dieu dans le processus de la tentation ?

1. Pour Dieu, la mise à l'épreuve est synonyme de " test de qualité " et occasion d'affermissement

1.1. Le but positif de l'épreuve : révéler la valeur de la foi et la conduire vers la maturité

    Si aujourd'hui, le mot " tentation " signifie communément d'abord séduction et péché, le sens le plus courrant dans la Bible est autre ; c'est celui du " test-qualité " qui met en évidence aux yeux de tous, les qualités de foi d'une personne ; " Les épreuves servent à éprouver la valeur de la foi " dit explicitement Pierre (1 Pi 1.7)

    C'est le sens des 40 ans de pérégrination du peuple dans le désert " N'oublie jamais tout le chemin que l'éternel ton Dieu t'a fait parcourir pendant ces 40 ans dans le désert afin de te faire connaître la pauvreté pour t'éprouver. Il a agi ainsi pour découvrir tes véritables dispositions intérieures et savoir si tu allais, ou non, obéir à ses commandements " (Dt 8.2). " L'Eternel votre Dieu vous mettra à l'épreuve, afin de voir si vous l'aimez réellement de tout votre cœur et de toute votre âme " (Dt 13.3)...

    C'est un peu comme le vol-test de l'A380. Celui-ci avait pour fonction de montrer à tous, la crédibilité du travail accompli par airbus industrie, et non pousser l'avion au crash ! Les ingénieurs ont tout fait pour que ce vol inaugural soit un succès, leur honneur était en jeu !

    En cette période d'examens, c'est aussi ce que les examinateurs veulent vérifier en soumettant les étudiants à toutes sortes d'épreuves. Le diplôme est le minimum garanti pour l'employeur ensuite. Le parchemin atteste que l'étudiant maîtrise les bases de son domaine de formation, l'expérience et le perfectionnement viendront après ! C'est l'honneur d'une école d'avoir un haut pourcentage de réussite aux examens, et toute école sérieuse mettra tout en œuvre pour atteindre ce but.

1.2. épreuve sur mesure ouvrant vers une porte de sortie

    L'apôtre Paul souligne deux traits particuliers de la pédagogie divine ; " Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Au moment de la tentation, il préparera le moyen d'en sortir pour que vous puissiez y résister " (1 Co 10.13).

    Belle promesse n'est-ce pas ? Belle promesse à lire, surtout lorsque tout va bien... mais lorsque l'épreuve surgit, ne nous arrive-t-il pas de parfois dire à Dieu, qu'il se méprend de nos forces, qu'il tire trop sur la corde... et si c'est aux meilleurs élèves qu'il donne les devoirs les plus difficiles, il se trompe d'adresse, nous ne faisons pas partis de ses meilleurs élèves !... juste pour cela!!!...

    Ce n'est qu'une fois l'épreuve traversée que l'on se rend compte du chemin parcouru, de l'effective parole tenue par le Seigneur. C'est avec le recul que l'on reconnaît qu'il nous a permis de tenir bon et qu'au bout du compte il a même pu nous façonner à la manière du potier ... Ou pour prendre une autre image souvent associée à ce sens de l'épreuve dans la Bible ; c'est lorsque le métal est passé par le creuset qu'il est épuré qu'il donne le meilleur de ce qu'il est (1 Pi 1.7)

1.3. Jésus le nouveau Moïse

    Dieu n'a pas éprouvé Jésus pour éliminer son " Fils bien-aimé " de la course, mais pour confirmer sa vocation messianique de libérateur plus grand que Moïse (Dt 18.18). Matthieu en effet met un soin particulier à présenter Jésus comme celui qui est venu récapituler de façon typologique, mais sans pécher, ce " qu'Israël son fils aîné " (Ex 4.23) a vécu depuis la sortie égypte jusqu'au désert (Mt 2.15ss//Os 11 ;1). Jésus est le nouveau Moïse promis qui vient libérer l'homme de l'esclavage du péché et de la mort (Os 13.14, 14.5-8). Du reste, la mention des 40 jours de jeûne n'est pas sans faire échos à ce que Moïse avait vécu, sur la Montagne du Sinaï (Ex 34.29), lorsque Dieu lui donnait ses lois...

    Pour lever toute ambiguïté, je voudrais souligner ici que la tentation n'est pas une conséquence du baptême, pas plus d'un manque de foi de Jésus (les peines de Job n'étaient pas non plus une conséquence de son impiété mais parce que Satan estimait sa foi liée à sa prospérité et non à l'attachement à Dieu). C'est encore moins à cause d'un péché que Jésus aurait commis qu'il est tenté.

    C'est l'Esprit qui conduit Jésus au désert.... Ce n'est pas Jésus qui décide de vivre en ermite parce que l'ascèse aurait en soi quelques vertus bonifiantes ! Lorsque Jésus enseigne ses disciples à prier il demande plutôt à Dieu : " ne nous soumets pas à la tentation "... C'est de façon, souveraine que le Père décide de soumettre " son Fils bien-aimé " à l'épreuve du manque, mais nous savons que Jésus a connu bien d'autres " mise à l'épreuve " tout au long de sa vie jusqu'à le mener à la croix. Ce récit fait fonction de grand portail, attestant formellement que Jésus est le Christ, et non que le baptême est le portail d'entrée à toutes les tentations jamais imaginées !

    Que nul donc, par crainte d'avoir à prêter le flanc aux attaques redoublées du diable ne renonce au privilège de témoigner publiquement de sa foi en passant par les eaux du baptême par exemple. Ce texte ne suggère pas du tout que le baptême engendre toutes sortes de tentations qui n'eurent pas été autrement..., comme l'expérience de nombreux baptisés le confirme. Les épreuves arrivent plutôt sans crier gare !, à différents moments de la vie du jeune chrétien comme du chrétien mûr, du jeune serviteur de Dieu comme du plus expérimenté parmi eux.

2. Pour le diable, la tentation, est synonyme de " piège " et occasion de chute

2.1. Le diable instrument dans les limites fixées par Dieu

    Pour le diable, la tentation a un autre sens. Pour lui tenter c'est tendre des pièges et pousser à la faute. C'est le deuxième sens du mot " tenter " que R. France ne voit qu'explicitement dans deux passages du NT sur les 36 qu'il recense (Jc 1.1 & 1 Co 7.5)

    L'objet de la tentation est ici dans le contexte du récit que nous méditons, de disqualifier le Christ du ministère auquel Dieu l'a appelé, et qu'il vient d'attester formellement.

    La décision de mettre à l'épreuve vient certes de Dieu, mais dans un moment de vulnérabilité particulière (faim, cadre de vie hostile) le diable intervient en tant d'instrument du test. Cependant sa marge de manœuvre reste toujours circonscrite dans les limites que Dieu le Tout-Puissant fixe... comme dans le cas de la vie de Job.

    Il est important de rappeler que c'est Dieu le Tout-Puissant, le Souverain, c'est lui qu'il nous faut craindre et non un ange déchu fuse-t-il le chef de ceux-ci ! Ne l'oublions pas lorsque nous regardons à ce qui nous manque, se dont nous sommes privés, afin de passer avec succès le test de la fidélité à notre Père. Nous ne sommes pas plus grands que notre maître !

    En outre, le diable n'est pas personnellement dernière toute épreuve ! il n'est de toute façon pas omniprésent, pas " caché derrière chaque placard " comme aimait à dire Jules Marcel Nicole. Seul Dieu a cette capacité qui nous dépasse, d'être auprès de chacun simultanément ! Et s'il l'est, c'est uniquement pour notre bien !

    Dans le texte évoqué plus haut, c'était par le moyen de faux prophètes que Dieu avait éprouvé la nature de l'amour d'Israël pour lui ! Les tests ne sont pas standardisés, ils ne se présentent pas de la même façon pour tous uniformément.

    Nous relèverons juste deux éléments significatifs qui concernent le diable. Ce qu'il dit ici montre d'une part qu'il connaît bien la Bible, d'autre part qu'il connaît bien l'homme avec ses points sensibles.

2.2. Le diable connaît la Bible

    La première parole du diable à Jésus : " Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains " s'inscrit avec en toile de fond ce qui était pour les Juifs le plus éclatant miracle de Dieu au désert ; le don de la manne (Ex 16).

    " Si tu es le Fils de Dieu ", c'est-à-dire si tu es Dieu, si tu as été capable de nourrir le peuple avec la manne pendant 40 ans, prouve maintenant ce que tu es par un tout petit miracle, change juste quelques pierres en pains, et arrête d'avoir l'estomac dans les talons. Cela ne convient pas à un roi d'avoir faim... de connaître le manque...voyons donc.... il n'y a rien d'illégitime à manger à sa faim, ou bien ?

    Dans un sens, c'est bien vrai, en Eden c'est la générosité de Dieu qui frappe, " manger de tout ce qui se trouve dans le jardin "... et non privez-vous parce que l'ascèse vous rendra meilleurs ! Certains religieux d'alors n'avaient-ils pas du reste reproché à Jésus d'être un " mangeur et un buveur " alors qu'eux pratiquaient une ascèse rituelle stricte (Mt 11.19) ?

    Mais voilà, ici dans notre histoire, Dieu avait choisi de tester Jésus en le soumettant à la faim, comme le peuple au désert. C'est ce que suggère la réponse de Jésus tirée de Dt 8.3 " l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " ! Jésus s'est soumis au test du Père sans y déroger pour simplement un confort meilleur, fusse-t-il en soit légitime.

    Aujourd'hui cette parole peut nous en rappeler une autre " si tu es le Fils de Dieu... descend de la croix ! " (Mt 27.40). Si Jésus était descendu de la croix, il se serait soustrait à sa mission et nous ne serions pas sauvés !

    Cet exemple doit nous rendre attentif ; d'abord il nous faut considérer que tout manque n'est pas forcément une sanction de Dieu contre nous, ensuite d'évaluer si nos aspirations légitimes sont bien celles que Dieu veut pour nous dans l'immédiat.

    Cela est en particulier vrai dans notre société ou le confort, la santé, la vitalité, la performance, le rassasiement immédiat nous pressent... L'attente non amère, le manque accepté, le renoncement volontaire... tout cela n'est pas franchement valorisé ! Alors le risque de brûler les étapes guettent, comme le surendettement, avec son lot de jalousies naissant dès lors que l'on se compare à ce que d'autres ont.

    Ensuite un peu à la manière d'Ezéchiel (Ez 8) qui se voit transporté en vision au Temple, le diable emmène Jésus vers ce lieu symbole de la présence de Dieu. " Lance-toi dans le vide " (50m de haut !), tu n'as rien à craindre car il est écrit (Ps 91.11-12) : " il donnera des ordres à ses anges à ton sujet. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte aucune pierre "

    Ici en toile de fond c'est sans doute l'épisode de Rephidim/Massa, et de l'eau qui a jailli du rocher (Ex 17 & No 20) qu'il faut voir. A ce moment, le peuple voulu forcer la main de l'éternel en disant : " éternel est-il oui ou non au milieu de nous ? "

    Le diable cite le Ps 91, mais à mauvais escient. Il se sert de cette parole pour justifier un acte insensé (qui là n'a rien existentiel comme la faim). Un tel saut est synonyme d'acte d'irrespect envers Dieu, c'est inverser les rôles en matière d'épreuve ; c'est au Maître d'éprouver ses serviteurs et non au serviteur de mettre son maître à l'épreuve !

    Vas-y ! fonce ! tu n'as rien à crainte, fait du 120 km/h en agglomération, tu ne risqueras rien, c'est pour le Seigneur que tu voyages, il te protègera forcément, s'il est Dieu !...

    Va sans te préparer à l'examen, si Dieu veut que tu réussisses, il te soufflera au moment voulu les bonnes réponses et inclinera le cœur du jury en ta faveur !...

    Non, on ne défie pas Dieu, on ne parle pas ainsi nous qui nous réclamons de ses disciples !

    Connaître même par cœur la Bible ne suffit donc pas pour penser et vivre selon Dieu, encore faut-il être des siens c'est-à-dire cultiver une juste et saine relation avec lui... ce qui aura forcément des répercussions dans notre vision des autres et des relations à cultiver avec eux.

2.3. Le diable connaît l'homme

    Le glissement majeur du diable est de présenter la parole de Dieu en faisant oublier qui est son auteur, afin de chatouiller l'homme à un lieu ou il est particulièrement vulnérable... afin de le pousser à prendre des décisions valorisent son autonomie.

    Pain à satiété a tout moment, saut en delta-plane garanti sans aucun risque avec atterrissage en très grand douceur, et surtout... le monde entier à mon service... donc la gloire pour moi ! enfin pas tout à fait gratuit, tout se paie... mais là juste une petite courbette... ce n'est pas grand chose par rapport à ce que l'on gagne... la réalisation de son rêve d'enfant le plus profond... Etre Roi comme dans les contes de fées !...

    Et puis... après le rêve... c'est la désillusion, car c'est à Dieu et non au diable qu'appartient le monde ! Le diable est bien le père du mensonge !

    De façon subtile, l'adversaire cherche à aveugler l'homme, pour le soustraire à la relation que Dieu veut sceller avec lui, celle qui l'établit au rang de Fils (fils adoptif dira Paul Ga 4), avec tout l'héritage qui se rattache à ce statut d'héritier.

    Et le diable sait y faire, il connaît nos lieux plus sensibles et les moments où nous sommes le plus vulnérable ; ici c'est lorsque Jésus a faim, qu'il entre en action. Un plat de lentille a déjà coûté l'héritage à quelqu'un... mais pour d'autres ce sera peut-être la fatigue physique ou de l'âge, ou la solitude, ou la popularité, le trop de stress ou son absence, ou ... Quels sont nos points de vulnérabilités particulières ? Y a-t-il des zones que nous savons particulièrement sensibles chez nous, endroits qu'il faut particulièrement protéger, des lieux ou redoubler de vigilance ?

3. Pour Jésus ; la tentation est l'occasion d'affirmer son OUI à son Père.

3.1. Jésus est vigilent, il résiste au diable en se soumettant à Dieu

    L'attitude de Jésus face à l'épreuve qu'il n'a ni choisit ni recherché est pleine d'enseignements pour nous.

    D'abord, Jésus est sobre et vigilent (1 Pi 5.8). Bien que Fils de Dieu, Jésus n'aborde pas le diable avec l'arrogance d'un général invulnérable qui partirait la fleur au fusil. Pas plus d'insouciance ni de naïveté que d'anxiété paralysante, mais une réponse juste, forte, qui tombe à pic remettant les pendules à l'heure et coupant ainsi toute poursuite de discussion forcément infructueuse à cause de la volonté vicéralement mal orientée de l'interlocuteur ; " l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " (Mt 4.4, Dt 8.3).

    Ensuite Jésus résiste avec une foi ferme (1. Pi 5.9) disant " NON " au diable qui l'incitait à forcer la main Dieu en s'attendant à se qu'Il couvre un geste insensé. S'il est des discussions auxquelles il faut couper courts, il y a des sollicitations auxquelles il faut radicalement dire " NON " !

    Et puis, le " Fils bien-aimé de Dieu " se soumet à Dieu (Jcq 4.7), et le diable vaincu, bat retraite. A l'abri du Tout-Puissant, nous sommes en lieu sûr, il ne reste plus qu'à l'ennemi de Dieu de fuir...

    Nous voyons alors que Dieu met (alors) à la disposition de Jésus ses anges pour lui accorder légitimement ce qu'il avait refusé de s'approprier injustement ! En son temps, Dieu comble ceux qui place leur confiance en lui et en lui seul, quelque soit les circonstances extérieures.

   

3.2. Jésus le nouvel Adam

    Mais, pourquoi ces trois exemples de tentation placés comme en préface au récit du ministère de Jésus, alors que l'on sait que Jésus dû endurer encore bien d'autres épreuves tout au long de sa vie, la croix étant la plus éclatante, acte de victoire complète sur le diable...

    Au début du livre de la Genèse, comme au début du premier livre du Nouveau Testament, Dieu nous met face à un récit de tentation : le premier Adam ne résiste pas au " test qualité ", il succombe à la tentation, alors que Jésus, le " nouvel Adam " (Rom 5.14) passe avec succès l'épreuve (Hb 4.15) à laquelle il est soumis d'autorité.

    Notez que comme en Eden, la première parole de Satan touche à quelque chose de très ordinaire ;

  1. la nourriture (fruit/pain), mais un besoin légitime que l'adversaire propose de satisfaire par des moyens illégitimes,
  2. puis il insinue que le passage à l'acte est sans danger, quoi qu'on en dise (vous ne mourrez pas/les anges te porteront)
  3. pour finir en enfonçant le clou et en promettant en récompense la toute-puissance ; Dieu comme ses créatures à mon seul service (vous serez comme Dieu/tu auras tous les royaumes du monde)

    Le récit de la tentation de Jésus nous montre cependant qu'il n'y a pas de fatalité, la mise à l'épreuve ne conduit pas fatalement au péché. L'exemple de Jésus en est la preuve !

3.3. l'exemple de Jésus et nous

    à la suite de Jésus, nous pouvons nous aussi vivre pleinement notre dimension d'homme et de femme qui ne cède pas à la tentation !

    Car ne nous y trompons pas, certes Jésus est bien sûr aussi Dieu, mais ce qu'il a vécu dans le désert, comme, à la croix, il l'a vécu pleinement en sa qualité d'homme, avec ses limites, volontairement acceptées.

    Mais quelles armes avait-il pour combattre ?

    Ce n'était pas une baguette magique, ni des YAKA, ni même une légion d'anges... Il avait pour lui les armes de Dieu avait donné à l'époque aux croyants à savoir son Esprit indissociablement lié à sa Parole : l'Ancien Testament. A la suite de Jésus, c'est toujours la Parole de Dieu qui est notre seul guide, nous permettant de discerner là où il faut dire " OUI " et là ou il faut dire " NON ". Là ou tel actes serait synonyme d'arrogance et de défiance à Dieu, et là ou il est signe d'humilité et de soumission au Maître.

    Certes la Bible n'est pas un grand placard, ou à chaque question personnelle se trouve une réponse personnalisée pour peu que l'on tire le bon tiroir, mais toute la Bible nous fixe les principes de vie qui honorent Dieu et ceux qu'il a créés à son image... et tout cela commence par reconnaître qu'Il est notre Dieu, car son Esprit est donné à ceux qui croient en lui, c'est eux qu'ils élèvent au rang de fils et de filles dans sa maison !

    L'auteur de l'épître aux Hébreux nous dit encore quelque chose de remarquable et de bien dans la ligne de notre méditation :

    " Bien qu'étant Fils de Dieu, Jésus appris l'obéissance par tout ce qu'il a souffert. Et c'est parce qu'il a été ainsi amené à la perfection, qu'il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l'auteur d'un salut éternel." (Hb 5.8-9)

    " Nous n'avons pas un grand prêtre qui serait incapable de se sentir touché par nos faiblesses. Au contraire, il a été tenté en tous points comme nous ne sommes, mais sans commettre de péché.

    Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment " (Hb 4.15-16).

Invitation...

    C'est là l'invitation qui nous est faite ce matin, de nous approcher de Jésus pour être secouru.

    Jésus ne nous garantit pas une vie sans épreuves, sans manques, ni des réponses immédiates et sans travail de notre part mais il nous assure son efficace secours, pour nous mettre et nous maintenir debout, dans la foi, sur les routes des hommes. Et si nous avons manqué de vigilance et sommes tombés dans le piège du diable, c'est encore auprès de lui que se trouve le pardon qui seul libère du piège, qui seul restaure et remet debout... pour marcher à sa suite, en membre d'un peuple qu'il a racheté, lui qui a poussé son obéissance jusqu'à donner sa vie pour nous sauver... Souvenons-nous de Pierre, et son ministère malgré son triple reniement...

    A qui irions-nous d'autre ?

    Tu es le Fils de Dieu, le nouvel Adam qui fait de ceux qui croient en toi le peuple de Dieu (Rom 9.16, 1 Pi 2.9-10), tu es le nouveau Moïse qui nous conduira sûrement jusqu'au port, jusqu'au jour où avec tous les rachetés nous seront réunis avec toi dans la joie de notre maître, sur cette nouvelle terre, là ou le mal ne sera plus et ou nous pourrons pleinement prouver notre amour envers notre Créateur en le servant d'un cœur tout entier.

A.Ruolt