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" Ne crains pas ! " Gn 15 :1-6 ; Ac 27 :21-26 Introduction Nous voilà sur le point d'aborder une nouvelle année scolaire. Après la " trêve des vacances " est venu le temps de faire face, à nouveau, à ce qui se profile devant nous. Nouveaux projets, nouveaux cahiers, déjà des rendez-vous. Des changements, peut-être, aussi, personnels, familiaux, espérés, redoutés. Des rails, aussi, que l'on retrouve, car il n'y a pas que nouveauté : il faut " reprendre " le collier, ce que l'on avait laissé. Et tout cela se mêle en nous, avec les espoirs, les aspirations, les attentes qui nous habitent... C'est en pensant à tout cela qu'il m'a semblé bon de laisser résonner en nous l'invitation des textes que nous avons lus : " Ne crains pas ! N'ayez pas peur ! " Il y a là un " refrain " de l'Ecriture, qui nous donne un état d'esprit, pour aborder les divers temps que nous vivons. Ceci dit, chacun de nous a ses circonstances particulières. La même parole résonnera différemment, selon ces circonstances. Il y a ceux qu'une telle parole encourage, fortifie. Il y a ceux chez qui elle produit l'effet inverse, parce qu'elle réveille le spectre de certaines peurs, difficiles à contenir. Il peut arriver, aussi, qu'une telle parole agace : " Ne craignez pas... " : facile à dire, belle parole pieuse, mais qu'est-ce qu'on fait, quand on est, soi-même, très concrètement, devant une difficulté qui insécurise totalement ? Enfin, il y a ceux que cette parole culpabilise : " Ne crains pas ! ", cela ne veut-il pas dire que la peur est illégitime ? qu'un chrétien devrait être, comme le chevalier Bayard, " sans peur et sans reproche " ? La question reste donc entière : comment recevoir une telle parole ? L'approche que je vous propose, ce matin, est de tenter une sorte de " vue d'ensemble " de différentes situations où cette exhortation est adressée. La reprise de cette invitation, au fil des textes de la Bible, est riche et diversifiée. Autant nous enrichir de cette diversité... Un appel large Première constatation : cette parole d'encouragement est fréquente. On la trouve plus de 90 fois dans la Bible.
Continuons ce rapide survol, pour voir à qui cette invitation est adressée. Un bon nombre d'appels s'adressent l'ensemble ou une partie du peuple de Dieu. Ce qui ne veut pas dire que l'appel soit " dilué " dans la masse : car lorsqu'il s'adresse à son peuple, Dieu vise chacun, au sein de ce peuple. C'est probablement l'une des raisons pour laquelle le " tu " est employé, et non pas le " vous ". " Ainsi parle l'Eternel, qui t'a créé, ô Jacob ! Celui qui t'a formé, ô Israël ! Ne crains pas, car je te rachète. Je t'appelle par ton nom, tu es à moi ! " (Es 43 :1) Une visée large et personnelle. C'est pourquoi nous pouvons nous approprier ces textes, nous aussi. Car nous faisons partie du peuple de Dieu. Et aujourd'hui encore, Dieu nous dit " tu ". Mais cet appel, Dieu l'a aussi adressé, individuellement, à de nombreuses personnes, très différentes les unes des autres. L'éventail va des plus humbles aux plus éminentes, des plus faibles aux plus vaillantes. Abraham, Agar, Isaac - Jacob, Josué, Gédéon - David, Esaïe, Jérémie - ézéchiel, Daniel - Joseph, Marie, Zacharie - Pierre, Paul, Jean... Voilà quelques-uns de ceux qui, à un moment ou à un autre, ont eu besoin de cet encouragement, ont eu besoin de se l'approprier pour faire face à ce qu'ils vivaient. Personnellement, cela m'a encouragé de découvrir une si large compagnie. (1) D'abord parce que cela évite de réduire la foi à une affaire pour gens qui s'appesantissent constamment sur leurs craintes, leurs difficultés, leurs manques et leurs angoisses. Parmi ceux à qui Dieu adresse cet appel, il y a, certes, des personnes en réelle difficulté. Mais il y a aussi des gens forts, actifs, dynamiques, que cet encouragement soutient dans leur action. " Ne crains pas " ne nous concerne pas uniquement dans nos faiblesses. Mais cet encouragement nous concerne et nous rejoint dans toute notre vie, dans l'action comme dans les manques. C'est quand même plus stimulant ainsi ! (2) Deuxième réflexion qui m'a fait du bien : être en si bonne compagnie signifie que je n'ai pas à avoir honte d'avoir besoin, moi aussi, d'être fortifié par la Parole de Dieu. Je peux accepter, en toute simplicité, que Dieu me dise " Ne crains pas ". Je suis sur le même terrain qu'Abraham le père des croyants, que Josué le valeureux conquérant, que Jérémie le fidèle entre les fidèles, que Paul l'apôtre de tous les engagements. Situations et attitudes Voyons donc quelques situations où l'on découvre l'un ou l'autre de ces " Ne crains pas " . Je ne vais pas parcourir les 90 textes en cause ! J'ai plutôt choisi quatre situations représentatives. la val eur des encouragements humains D'abord, je veux relever que le Dieu qui connaît tout de nous veille à souligner, dans sa Parole, la valeur des encouragements humains. " Ne crains pas, n'aie pas peur "... nous avons parfois besoin d'entendre cela de la part de quelqu'un, à côté de nous. C'est le rôle des parents, qui rassurent un enfant, qui veulent lui donner confiance en son pas. Parfois, en situation difficile, ce type d'encouragement est absolument nécessaire, comme cela fut le cas pour Abiathar, après le massacre de sa famille par Saül. David, en la circonstance, a trouvé les mots et l'attitude qu'il fallait : " Reste avec moi, ne crains rien, car celui qui cherche ma vie cherche la tienne ; près de moi tu seras bien gardé " (1 Sam 22 :23) Il est bon qu'il y ait de tels exemples dans la Bible : ils nous rappellent l'importance de la solidarité concrète. Cette solidarité n'est pas uniquement affaire de parole, mais d'action et d'accompagnement: David prend Abiathar avec lui, lui offre le soutien et la sécurité qu'il peut offrir. Notre devoir de solidarité peut aussi être celui-là : prendre en charge, le temps que la personne puisse se retrouver, se prendre en charge. Mais il faut, aussi, de rappeler la valeur de certaines paroles positives, qui donnent force et élan même s'il n'y a pas d'action particulière pour les accompagner. Je pense, ici, à l'encouragement que David a reçu un jour de la part de Jonathan. David était à l'un des moments les plus sombres de sa fuite devant Saül : il devait se cacher de lieu en lieu, sans cesse dénoncé, sans cesse trahi. Dur, dur, dans ces circonstances, de voir plus loin. Et voilà que Jonathan le rejoint, un soir, en cachette. Il vient lui apporter une parole d'encouragement, de confiance : " Ne crains rien, car la main de Saül mon père ne t'atteindra pas. Tu règneras sur Israël, et moi je serai au second rang, près de toi. Saül, mon père, le sait bien aussi. " (1 Sa 23 :17). Le texte nous dit : " Jonathan fortifia la confiance de David en Dieu ". Il le fait, ici, par un regard autre, qui voit plus loin, et qui invite à voir plus loin, alors que David, tout entier dans ses soucis, a du mal à s'élever. Nous avons, parfois, simplement besoin de cela : le regard de quelqu'un d'extérieur qui croit à quelque chose de positif pour nous, et qui sait nous le dire. Un tel mot d'encouragement peut donner des ailes, renouveler en profondeur ! SAURONS-NOUS, CETTE ANNEE, DEVELOPPER LES UNS A L'EGARD DES AUTRES, CE GENRE D'ATTITUDES D'ENCOURAGEMENT, DE SOUTIEN, DE RENOUVELLEMENT DE NOTRE REGARD ? LA VALEUR DES ENCOURAGEMENTS HUMAINS... le Dieu des tenants et des aboutissants Mais la Bible souligne aussi combien Dieu sait être, sur ce terrain, le Dieu des intitiatives et de la proximité qui encouragent. C'est ce qui ressort avec force du texte de Gn 15, et que nous avons lu. On voit là Dieu apparaître à Abraham dans une vision, sans qu'Abraham ne l'ait spécialement invoqué, et Dieu le rassure par une magnifique promesse : " Ne crains rien, je suis ton bouclier, ta récompense sera très grande ! " Cette parole sera suivie d'une alliance, d'un engagement de Dieu avec Abraham. Initiative, donc , et attention de Dieu. Mais ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a aucune menace sur Abraham. Aucune situation d'extrémité. Au contraire : Abraham vient d'être vainqueur de plusieurs rois qui avaient emporté Loth, son neveu, avec les habitants de Sodome. Pourquoi donc Dieu vient-il le rassurer ? Abraham est à un point particulier de sa marche avec Dieu. Il y a eu l'étape de l'appel de Dieu, des promesses, suivie du grand départ, où Abraham quitte ses attaches anciennes. C'est l'étape de la nouveauté et du mouvement. Jusque là, les choses bougent. A présent, Abraham s'est installé dans le pays que Dieu lui a promis. Et maintenant les choses durent. Abraham est en sécurité sur les terres où il vit. La délivrance qu'il a vécue lorsqu'il s'est impliqué pour Loth lui rappelle que Dieu agit pour lui. Mais le temps s'étire. Abraham est encore, toujours, en attente. Une partie de la promesse de Dieu, la plus vitale pour lui, tarde. Abraham et Sara n'ont toujours pas d'enfant. Il n'y a toujours pas d'avenir pour son clan. L'usure de la durée. L'usure de l'attente de ce que l'on a tellement à coeur, et qui tarde. Et la vie qui continue, jour après jour, comme si de rien n'était. Il y a là un décalage qui fait mal. Et qui, insidieusement, peut ronger. Parfois même plus qu'un grand choc qui, d'un coup, survient. C'est cette difficulté que Dieu prend en compte lorsqu'il vient vers Abraham pour lui dire : " Ne crains pas ". Dieu a cette magnifique initiative de rappeler à Abraham qu'il veille sur sa vie, dans sa totalité. Qu'il prend en charge les tenants et les aboutissants de son parcours. Qu'il fera aboutir ce qu'il a prévu. Quelques années auparavant, le Seigneur l'avait lancé dans l'aventure de la foi. Il lui rappelle, ici, que ce chemin aura son aboutissement. " Ne crains pas... Je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande ". Nous pouvons être, nous aussi, nous retrouver pleins de questions à cause de certaines lenteurs des choses, ou parce que nous ne voyons pas sur quoi débouche ce que nous vivons aujourd'hui, ou parce que tarde à se réaliser une aspiration qui nous tient profondément à coeur. L'écoulement du quotidien, qui semble si indifférent à ce qui nous habite, peut engendrer la sourde angoisse qu'il y a là deux lignes qui ne s'unifieront jamais. Il nous faut entendre, ici, la parole de Dieu à Abraham, lorsqu'il le rejoint précisément sur ce terrain. " Ne crains pas... Je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande ". La vérité à intégrer, ici, est celle que Dieu a un plan pour notre vie. Et que ce plan, il le réalisera. Rien, ni personne, ne peut s'opposer à ses desseins. Nos destinées sont dans sa main. Rien, ni personne, ne peut nous ravir de sa main. A aucun moment. Nous pouvons imaginer toutes sortes de possibles, nous faire toutes sortes de scénarios, y compris les pires scénarios- catastrophe : seuls les possibles délimités par Dieu deviendront réalité. La courbure finale de ces possibles, c'est Dieu qui la donne, et c'est lui seul qui le fait. Et cela n'est pas une vérité générale. C'est une vérité pour nous. Pour notre vie. Ce qui peut arriver, ce qui peut nous arriver, ce qui peut advenir de telle ou telle situation est strictement limité, par l'action, la volonté du Seigneur. Et cela est vrai, je le répète, " pour nous "... Pas simplement " en général "... mais " pour nous ". Comme c'était, spécialement, pour Abraham. Et le Seigneur nous dit : " Ne crains pas ! Je suis ton bouclier. C'est moi qui donne la courbure finale des choses. Et je parle là, tout particulièrement, de toi, mon enfant... Toi que j'appelle par ton nom. Tu es dans ma main. Vis-le ! Et ne crains pas... Donne un peu de repos à ton coeur fatigué de mille questions... " Nous avons parfois du mal à in tégrer cette pensée, parce que nous avons tendance à penser la maîtrise de Dieu à partir de ce qu'il permet. Dieu permet cette situation... et cette extrémité... et ce drame encore. Et nous n'avons, bien sûr, pas de réponse, parce que nous n'avons pas la vision globale que Dieu, lui, possède. Notre difficulté à comprendre ce que Dieu fait peut nous amener à oublier le fait central : c'est que Dieu conduit. Dieu incurve le cours des choses, là où il le veut, quand il le veut, et selon ce qu'il veut. Et nous sommes, et restons, dans sa main. Aussi sûrement qu'Abraham, pour nous qui connaissons la fin de l'histoire. Aussi sûrement, aussi, que Paul, à qui Dieu n'a pas épargné un naufrage... mais à qui il avait dit, à l'avance, pour bien attester qu'il contrôlait la situation : " Paul, ne crains pas... Il faut que tu comparaisses devant César " Aussi terrible qu'aient été la tempête, et le naufrage, il y avait cet autre " IL FAUT ", choisi par Dieu. Tout a dû s'incurver dans ce sens, finalement. Alors, saisissons tout à nouveau cette pensée, en envisageant l'année qui s'ouvre. Accueillons-le, comme Abraham, comme Paul, dans la confiance. " Ne crains pas, je suis ton bouclier... les tenants et les aboutissants m'appartiennent... " le Dieu des ressources qui demeurent Pourtant, en situation, il peut nous arriver de nous retrouver à bout de ressources, à bout de perspectives. L'ensemble des textes où Dieu dit aux siens : " Ne crains pas ", nous rappelle deux vérités fortes, fondatrices. La première est que nous restons sous le regard, sous l'attention de Dieu. Nous l'avons déjà vu avec Abraham, dont Dieu anticipe les mouvements intérieurs, par son initiative et sa promesse. On le voit, un peu plus loin, dans un autre récit du cycle d'Abraham, qui met en scène Agar la servante d'Abraham, et son fils Ismaël (Gn 21). Abraham a dû la renvoyer. Il lui a donné des provisions, de l'eau. Mais elle se perd dans le désert. Arrive le terrible moment où l'eau est épuisée. C'est la fin. Plus de ressource. Plus de perspectives. La mort est la seule issue pour Agar et son fils. Elle le dépose sous un arbrisseau, puis s'éloigne pour ne pas le voir mourir. Là, elle élève la voix et pleure. C'est l'abandon. Seuls, en plein désert. Mais Dieu veille, et entend. Un ange appelle Agar du ciel, avec des paroles admirables. " Ne crains pas, Agar ! Car Dieu a entendu la voix de l'enfant dans le lieu où il est ". Elle ne pouvait plus rien pour lui. Elle avait dû lâcher prise. Le laisser. " Dieu a entendu la voix de l'enfant, LA OU IL ETAIT ". Une magnifique affirmation, pour nous, lorsque nous nous trouvons au bout de nos limites : " Dieu nous entend là où nous sommes ". Une magnifique affirmation, aussi, pour ceux que nous ne pouvons pas rejoindre, envers lesquels qui nous sentons cruellement notre incapacité d'agir : " Dieu a entendu la voix de l'enfant dans le lieu où il est ". L'attention de Dieu. Mais aussi les ressources de Dieu. Il y avait un puits d'eau, non loin de là. Dieu " ouvre les yeux " d'Agar et elle voit le puits près duquel Dieu l'avait guidée, sans le savoir. Ce puits dit toutes les ressources de Dieu. Il n'est pas à bout lorsque nous sommes à nos limites. Il faudrait lire, ici, les chapitres 40-48 du livre d'Esaïe, écrit pour un peuple dont on envisage l'exil, impensable réalité qui, humainement, signifie la fin de tout ! Mais ce n'est pas le cas pour Dieu : il garde des ressources. Et il les annonce, à l'avance, pour bien montrer sa maîtrise, et l'ampleur de ses moyens. Nous ne savons pas ce qui nous est réservé pour cette nouvelle année scolaire. Mais souvenons-nous que Dieu est, et reste pour nous, le Dieu de l'attention " là où nous sommes ", et le Dieu des ressources, encore, toujours. " Ne craignons pas " le Dieu de l'engagement actif Mais une année qui s'ouvre, c'est aussi des actions à entreprendre, des responsabilités à assumer. Il est bon, pour nous, de relever aussi que l'encouragement " Ne crains pas " nous est aussi donné pour nous lancer dans l'action. Pour nous renouveler dans notre courage, dans notre élan. Ne crains pas, ce n'est pas seulement " sois en paix ". C'est aussi : " Ne crains pas d'avancer ", " ne crains pas d'aller plus loin ", " ne crains pas de persévérer ". L'action est à la fois attirante et insécurisante. Elle remet en question ce qui existe, mais permet ainsi de nouvelles réalisations, de nouveaux enrichissements. On s'est étonné devant l'inactivité, le désoeuvrement de certains animaux. Les gorilles, par exemple, ont une vie uniforme, absolument désoeuvrée. Des heures et des heures sans rien faire... Pourquoi ? Pour le gorille, comme pour beaucoup d'animaux, cette monotonie est recherchée. Elle est le cadre qui sécurise. Rien de nouveau, c'est la sécurité. Sortir de ce cadre, c'est découvrir l'incertitude, et le règne de la peur. Nous avons reçu de Dieu, en tant qu'humains, des capacités de maîtrise, de prévision, d'analyse. Cela nous donne le goût de la nouveauté et de l'action. Mais l'action, même résolue, engendre l'incertitude, et parfois une angoisse sourde. Même quand on est enthousiasmé pour un projet, convaincu de son utilité, et sûr qu'il est réalisable ! Il reste un poids d'incertitude, tant que tout n'est pas achevé. Et ce " poids " peut être un vrai poids. Et cela aussi, Dieu le sait. C'est pourquoi dans la Bible, il s'approche souvent de ceux qui s'engagent dans l'action. Pour leur dire : " Ne crains pas ! " Nous l'avons lu, à propos de Josué, l'homme de la conquête. La parole, ici, est une " parole tremplin ". Qui lance dans l'action. En donnant une base pour avancer. Quelle est-elle, cette base ? Une parole au futur. " Le Seigneur marchera, lui-même, avec toi. Il sera lui-même avec toi, il ne te délaissera point, il ne t'abandonnera point. Ne crains pas ! " (Dt 31 :8). A Abraham Dieu avait dit : " Ne crains rien, je suis ". A Josué, il dit : " Je serai ". La première a pour fonction de garder nos pensées dans les certitudes qui fondent et qui demeurent. La seconde a pour fonction de nous lancer plus loin, avec le Seigneur, pour découvrir ses ressources au coeur même de ce que nous vivrons. Il nous faut donner force à ce futur : c'est en avançant, que nous découvrirons ce que veut être pour nous le Seigneur. Ce n'est pas avant. Lorsque Dieu a révélé son nom (Yhwh) à Moïse, il l'a expliqué en disant : " Je suis qui je suis ". Il est probablement plus juste de comprendre : " Je serai qui je serai ". Comme si Dieu réservait la découverte de son nom à ce qui serait vécu avec lui. Au Ps 138, l'auteur a une parole magnifique : " Ta renommée s'est accrue par l'accomplissement de tes promesses ". Nous avons le privilège d'être au bénéfice de tout ce que Dieu a déjà manifesté de lui. C'est une force, une fondation. Que cela puisse, aussi, nous aider, au long de cette année qui vient, lorsque nous serons amenés à agir, à avancer, à persévérer. Ayons confiance dans le " je serai " que Dieu nous dit. Nous n'avons pas fini d'être émerveillés...
Thierry Huser 29 aout 2004 |