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Le " pauvre " riche et Lazare Lc 16.19ss En ce week-end de la Toussaint, nous aurions pu méditer ensemble cette parole de Dieu " Soyez saints car je suis saint " cité du Lévitique par Pierre (1 Pi 1.16, Lv 11.44, 19.2, 20.7 & 26, No 15.40), mais M. Jean-Charles a déjà évoqué ce sujet récemment. J? du coup plutôt choisi de méditer avec vous ce matin une parabole, que seul Luc rapporte. La tradition l?surnommée la " parabole du mauvais riche et de Lazare ", je la rebaptiserais " la parabole du pauvre riche et de Lazare " bien qu?cun qualificatif ne figure dans le texte. Nous avons là, une scène en 2 tableaux pour souligner par contraste un enseignement spirituel on ne peut plus " existentiel ". Le premier tableau évoque très sobrement, en 2 versets sans jugement de valeur, la vie de 2 personnages vivant sur la terre, avec un accent plus particulier mis sur le pauvre mais cela pour accentuer les contrastes. Le second tableau nous dépeint ces deux hommes une fois mort, c?t alors le riche qui occupe très clairement les devants de la scène. L?seignement de cette histoire, ne touche pas au deuil, à la légitime peine que l? éprouve lorsqu? être cher meure, mais nous met face à notre propre mort. Cette histoire montre le danger extrême qu? y a à placer sa confiance dans de fausses sécurités, comme le firent nombreux pharisiens de l?acute;poque. 1. Tableau n°1 : sur la terre des vivants 1.1. L?mme riche L?mme riche est un homme sans nom, mais non sans famille ; il a 5 frères, et manifestement beaucoup d?is (on ne festoie pas seul !). Cet homme fait chaque jour bombance, jouissant de la vie en toute insouciance, sans pour autant tomber dans le vice. En tout cas ce n?t pas suggéré dans le texte. C?t un homme religieux qui connaît Abraham et les écrits de Moïse. Cet homme riche est vêtu de pourpre et de fin lin (16.19), des habits plein d?acute;clat qui se remarquent, à l?age des habits royaux. La richesse n?t pas un péché, pour peu qu?le ne soit pas une fin en soi. C?t l?our de l?gent, qui est source de toutes sortes de maux (1 Tim 6.10). Autrement dit c?t la relation que l?mme entretient avec les biens matériels qui peut l?acute;garer loin de la Foi et lui infliger bien des tourments. Sommes-nous maître ou esclave des biens de consommation ? Juste avant le récit de cette parabole, Luc rapportait l?acute;tonnante parabole de " l?tendant gaspy ". Ce intendant infidèle avait pourtant bien compris que les richesses étaient données pour qu? s? fasse des amis et non pour thésauriser notre " cassette " et croire qu? elle réside notre assurance tout-risque et notre paix... Luc situe ces paraboles dans un échange avec les Pharisiens avares nous est-il dit, si attaché à l?gent qu? s? faisait un dieu. Et l?acute;vangéliste de dire qu? ne peut servir Dieu et Mammon... Mais n?acute;taient-ils pas eux des " bénis " de Dieu ? Leur richesse n?acute;tait-elle pas le signe intangible qu?s étaient dans la vérité ?... Si on voulait transposer, cet " homme riche " serait à comparer ce fidèle père de famille qui comme ses 5 frères, aime venir au culte. Il n?jamais ni tué ni volé. C?t un homme qui a " réussi " professionnellement, qui n?pas de soucis financiers. Il trouve une grande jouissance à porter de beaux habits, à se montrer en public vêtu de la sorte, à rouler dans une super auto, ne se lassant pas de faire joyeusement et très régulièrement la fête avec ses amis autour de raffinés repas arrosés des meilleurs crus...
1.2. Lazare Ce qui choque dans cette histoire c?t le contraste avec la vie de Lazare. Pourtant, ce texte ne valorise pas plus la pauvreté que la résignation du pauvre à s?foncer dans un dénuement toujours plus grand. La précarité n?t pas une " planche de salut "... Il n?t question ici que de l?trême misère dans laquelle vit cet homme, l?carnation même de l?pureté et de la malédiction aux yeux des Pharisiens...
Pour lui point de pourpre ni de fin lin, mais des ulcères, Mais on ne dit rien d?plicite ni sur la morale de Lazare, ni sur ce qui l?conduit à devenir SDF, ni sur sa piété... bien que... ce nom de Lazare ne doit pas avoir été choisit au hasard par Jésus... On remarque habituellement que l? ne donne pas de noms aux personnages mis en scène dans une parabole. Je pense qu?i ce nom très commun à l?acute;poque a été volontairement choisi pour apporter au récit une des clefs de l?terprétation. Lazare vient d?éazar qui signifierait " Dieu secourt ". Dieu secourt ceux qui se sentent malades, et font appel à ses bons soins... si Lazare est " juste " ce n?t pas parce qu? est pauvre, mais parce qu? s?t confié en Dieu ! Et en matière de vie éternelle on sait bien que seul Dieu peut secourir, les richesses matérielles ne permettent pas de marchander le salut... 1.3. L?différence de l?mme riche choque L?ti-héros de l?stoire, c?t cet homme riche, « pauvre riche » aimerais-je dire. Pauvre parce que sa " pseudo-réussite " le pousse dans une spirale aveuglante qui va le conduire à la mort spirituelle. Si Jésus force ici sur les contrastes c?t pour mettre en avant l?titude de cœur de celui qui se croit «arrivé»1, auto-suffisant et à l?ri de tout reproche, se plaçant sous la sécurité que lui procure ses richesses... Peut-être que cet homme riche était-il un généreux donateur, apprécié à la synagogue, ou on l?norait proportionnellement en lui réservant une place bien en vue... Mais ce pauvre devant sa maison ... il le voyait sans le voir, sans éprouver le moindre sentiment envers lui. Cet " impur " qui faisait parti du décor renforçait plutôt son sentiment d?circ;tre Lui béni de Dieu. Face aux horreurs de celui qui souffre, la jouissance insouciante de cet homme riche a de quoi nous révolter nous aussi. Son indifférence vis-à-vis de celui qui est entièrement démuni et qui ne demande pas plus que les miettes qui tombaient sous la table est symptomatique d?e réalité bien plus profonde. Seul face à la mort, les deux seront égaux. Elle les arrachera l? comme l?tre de la terre des vivants, sans qu?s puissent s?soustraire. Que l?gent permette de souscrire à " une assurance vie ", cela ne change plus rien à la destinée du souscripteur !
2. Tableau n°2 : dans l?-delà 2.1. L?acute;tat intermédiaire Aujourd?i on entend autour de nous un peu tout et n?porte quoi à propos de la mort. Peut-être pour mieux la domestiquer ou exorciser les craintes et questions qu?le suscite, on la tourne en dérision, revenant parfois à une imagerie très moyen-âgeuse ou au paganisme... La Bible de façon plus générale nous enseigne que lorsque l? meurt, tout n?t pas fini, sauf pour se repentir ! Certes, le corps se décompose, mais l?circ;me continue de vivre en attendant la résurrection des corps au dernier jour. Les Juifs désignaient le lieu où vont les justes ; " le sein d?raham ", et le lieu réservé aux impies " l?des " ou le " Sheol " bien que ces deux termes désignent plus généralement " la tombe ". Ici en tout cas " l?des " a son sens grec habituel de lieu réservé aux réprouvés, en opposition aux Champs-Elysées, où séjournent les bienheureux dans la mythologie grecque. A partir de la mort de Jésus, le " sein d?raham " devient le lieu ou est présent le Seigneur (Lc 23.43, Ph 1.23, Act 7.59, Ro 8.38). Cette parabole nous montre en particulier qu? n?a plus de relation possible pour les défunts avec les vivants sur la terre ni réciproquement. Aussi, c?t un abîme et non une porte verrouillée qui sépare définitivement le " sein d?raham " et " l?des ". Comme le " juste ", l?pie est conscient. Sa culpabilité lui est manifeste (Es 14.9 ; Ez 32.21), mais ne peut plus faire marche arrière : après la mort vient le jugement (Hb 9.27). C?t sur la terre des vivants que les choix décisifs doivent se faire, après la mort, s? est fini. Et les vivants sur terre ne peuvent plus rien y changer non plus. Puissions-nous saisir l?casion de ce week-end de la " toussaint " pour apporter un clair enseignement biblique, sur la mort et la vie qu? y a après la mort... Car l?pérance à laquelle aspire -parfois secrètement- tout homme, en dépend... 2.2. La félicité n?rien à voir avec l?terrement Dans cette parabole, on voit Lazare goûtant cette paix dans la félicité, bien que n?ant pas eu de bel enterrement... en a-t-il même eu un ? Qui pourrait bien avoir l?ée de décorer sa tombe alors que nul ne l?remarqué de son vivant ?... Dans le Proche-Orient ancien, ne pas ensevelir le corps d? défunt était considéré comme un signe de profond mépris, et de malédiction, voir comme crime abominable, (voir Ec 6.3 ; Es 34.3 ; Ps 79.2). Même le cadavre d'un ennemi (Joab, 1 R 2.31), celui du pire des scélérats (Jézabel, 2 R 9.34), ou d'un condamné à mort (Dt 21.22-23), avait droit à un traitement digne. C'est là, pour plusieurs une dernière façon de marquer la différence qu'il y a entre l'être humain du monde animal... On a le souvenir que les premiers chrétiens se faisaient un devoir de secourir les malades rejetés par les leurs mais aussi d?terrer tous ceux que méprisaient ou n?aient pas enterrer les païens. En revanche l?mme riche a eu un bel enterrement, mais... cela ne va rien changé à son salut. Aujourd?i encore on sait combien il est douloureux pour des familles qui ont perdu un être cher dans une catastrophe aérienne, ou maritime, ou dans un incendie... de vivre ce deuil sans pouvoir " voir " et " ensevelir " le corps du défunt. Cette parabole peut être un puissant encouragement, en nous rappelant que l?acute;ternité ne se joue pas sur un rite funéraire. Notez du reste qu? n?a dans la Bible aucune liturgie prescrite, aucun exemple de cérémonie funéraire à suivre. Cela doit aussi apaiser les chrétiens dont un parent est enterré selon les coutumes païenne. Ce n?t pas la cérémonie qui est déterminante pour le salut ! C?t à tord que certains ont cru devoir interpréter Am. 2.1 comme interdisant la crémation. Ce n'est pas l'incinération comme mode de sépulture pour les défunts qui est condamné ici (voir : Am 6.10 ; 1 S 31.12), mais l'irrespect pour la sépulture. Saül et ses fils furent incinérés (1 Sam 31.12), de nombreux martyrs finirent ainsi (Ap 6.9).Dieu ressuscitera les uns comme les autres, au dernier jour. Lui sait comment ! 2.3. La félicité et l?tre bord, une réalité Mais ce récit montre que le mode d?sevelissement ne garantit pas la félicité ! Les " propres justes " se mettent hors d?tente de la grâce, or seule la grâce de Dieu sauve de la perdition. C?t à présent l?mme riche et respectable qui est dans la position de celui qui souffre, et qui voudrait bien que Lazare lui rafraîchisse la langue avec le bout de son doigt... ce ne sont plus des miettes mais des gouttes d?u apaisantes dont il est question... Le feu, est sans la Bible le symbole du jugement de Dieu. Le lieu de perdition n?t pas un haut-fourneau où sont anéantis les impies, mais un lieu de non-retour ou la conscience d?oir passé à côté de ce qui était essentiel ronge la conscience. Voir Le Lien Fraternel de Juin & Juillet dernier sur «Les peines Eternelles»2 et sur «le Ciel»3 Le " pauvre riche " est bien conscient du non sens de sa vie, il reconnaît et Abraham et Lazare, mais c?t d?ord pour leur demander un soulagement... point de signe de repentance... juste des regrets d?oir loupés le coche... puisque rien y fait, alors qu? moins on envoie quelqu? du séjour des morts prévenir ses frères qui vont eux aussi droit à la perdition... 3. L?seignement de la parabole 3.1. La recherche effrénée du miracle cache parfois l?crédulité Mais ce n?t pas à Lazare d?ler avertir la famille de l?mme riche ! Luc fustige ici l?trait des miracles qui chatouillait les Pharisiens qui ne voulaient pas croire, et l? se souvient comment cela a peiné Jésus. On ne croit que si l? voit, et lorsque l? voit, on en demande encore plus pour s?surer que c?t vraiment vrai... On entend parfois certaines personnes dire aujourd?i " jamais personne n?t revenu du séjour des morts pour nous dire ce qu? y a là-bas ; on ne croira que lorsque quelqu? en reviendra... ". David en son temps savait bien que ce n?t pas aux morts de venir parler aux vivants. Devant la dépouille de son fils, il disait " est-ce que je peux le faire revenir à la vie ? C?t moi qui irai le rejoindre, mais lui ne reviendra pas vers moi " (2 Sam 12.23). Rq encouragement4 pour tous ceux qui ont perdu un enfant en bas âge... Jésus est pourtant revenu, et pourtant cela ne mène pas les incrédules à la foi... 3.2. Écouter la Parole de Dieu L?riture suffit pour croire. Celui qui ne croit pas en ce qu?le dit, l?terprète de travers, ne reconnaîtra pas en Jésus le Christ, le Messie annoncé par les prophètes. Ceux-là ne croiront pas en sa résurrection, malgré les témoignages nombreux qui l?t attestée, malgré les démonstrations scripturaires que les apôtres en ont fait dans leurs prédications. Ce qu? fallait aux frères de " l?mme riche " c?acute;tait se convertir, croire tout simplement que ce que les prophètes avaient annoncé s?t accompli en Jésus, et de vivre une vie tout empreinte des fruits digne de la repentance. N?t-ce pas ce que Jean-Baptiste avait déjà annoncé ? 3.3. La foi comme un grain de moutarde Il est significatif qu? ch 17, Luc rapporte cet enseignement sur la foi. Pour être sauvé, il ne faut pas une grande foi qui frappe les regards de tous, mais juste un peu de foi, à la mesure de la plus petite graine qui soit, la graine de moutarde... Avoir conscience de la maladie spirituelle qui nous ronge tous : le péché, reconnaître en Jésus le seul médecin pouvant nous sauver de ce mal, et nous soumettre volontairement à son traitement, même si nous gardons sur cette terre des séquelles de ce mal qui fait des ravages sur cette terre. En son temps, justice sera faite. C?t ce qu?fre Jésus a tous ceux qui placent leur confiance en lui, et ne se trompe pas de sécurité. Conclusion : C?t ce que le Seigneur veut nous dire ce matin. Ne nous trompons pas de sécurité, comme ce " pauvre riche ", mais comme Lazare appelons Jésus à l?de, conscient de notre misère, et le Seigneur nous sauvera pour l?ernité. Selon les Ecritures, il nous accueillera auprès de lui, là, il n?a plus de pleurs ni de grincements de dents, ni d?justices. Mais en nous sauvant, il changera aussi notre cœur dès ici-bas, pour faire de nous des instruments de sa miséricorde nous stimulant à " investir " ce qu? nous donne afin de Le réjouir. Mais qui dit " investir ", ne dit pas forcément investir des milliers d?ros. Cela commence par appeler quelqu? par son nom, et lui manifester l?tention et le respect que sa dignité d?mme impose, même si on n?pas " d?omes crochus " ou que l? ne peut pas cautionner certaines choses... Aujourd?i encore, Dieu veut se laisser trouver par les " pauvres riches " comme les Lazare SDF. Puissions-nous tous nous reconnaître sous les traits de Lazare et dire : oui le Seigneur m?sauvé, mon impérissable trésor est en Lui. Je sais que mon Rédempteur est vivant, parce que sa Parole dit vrai. Alors nous aurons encore la joie de nous retrouver, et ce, jusque dans l?ernité avec tous le peuple des " Lazares " réunis. Article paru dans " Le lien fraternel " Échos des conférences de la Pastorale 2002. Cette année, le sujet des conférences traitait du monde à venir. Henri Blocher et Jacques Buchhold avaient ajusté leur télescope respectivement sur les peines éternelles et sur la vie éternelle qui attend les rachetés, dans la présence du Seigneur. Même si aujourd?i nous sommes loin des fausses représentations moyenâgeuses où l? dépeignait d? côté les réprouvés dans les flammes, constamment torturés par le diable au trident bien affûté, et d? autre les élus flanqués d?e paire d?les dans le dos, chantant en boucle l?mne à la joie de Beethoven, l?age que l? se fait de ces vérités bibliques demeure pourtant souvent confuse. Parfois même, la crainte d?circ;tre pris par de tournis, nous pousse à faire l?truche... Alors on s?force d?norer ce que le Dieu parfaitement Juste et Bon nous révèle dans Sa Parole, justifiant même parfois cet engourdissement intellectuel en s?puyant sur une malheureuse interprétation de Dt 29.29 cité inconsidérément. Tel n?acute;tait pas le travail qui nous a été présenté à Evian, en ce début du joli mois de mai. Le sujet des peines éternelles nous a été exposé en deux temps : le premier volet ce que je crois rappelait le fondement biblique de la doctrine, le second volet annoncé apologétique, touchait au comment le dire ? Les peines éternelles ont de quoi nous attrister, la notion de souffrances éternelles nous bouleverser. Henri Blocher n?pas manqué de le souligner en présentant ainsi son approche : Il ne nous sied pas de prêcher le dogme autrement qu?ec larmes mais d?outer que c?t dans la confiance docile du simple disciple, dans le respect du révélé, à laquelle je veux me tenir. Marchant dans les ténèbres de cette question, avouant que je manque de lumière, je veux me contenter d?acute;couter son Seigneur et de m?puyer sur mon Dieu (Es 50.10). Ma foi tremblante et nue repose en un Dieu que je " sais " plus sage, et plus amour, infiniment plus amour qu?cune de mes notions de l?our n?jamais pu en rêver. Dans l?stoire de l?lise, on distingue deux grands courants extrêmes. D? côté il y a les théologiens universalistes qui enseignent que tous les hommes sont sauvés, Jésus étant le sauveur de tous les hommes (1 Tim.4.10). Pourtant en désignant Judas comme le fils de la perdition, l?riture montre qu? y aura au moins un réprouvé ! À côté de cette hérésie, il y a les théologiens qui ont glissé vers l?reur annihilationniste, c?t-à-dire la doctrine selon laquelle les réprouvés seront anéantis après le jugement dernier. La seconde mort est pour eux synonyme de destruction. Certains théologiens évangéliques britanniques ont fini par adopter cette thèse erronée. Parmi eux, John Stott est sans doute le plus connu en France. La position traditionaliste qui nous a été proposée rappelle que dans la Bible, la mort n?t pas anéantissement. La mort c?t une autre forme d?istence, qui n?plus rien en commun avec le monde des vivants qui ont encore une espérance. La seconde mort c?t la terrible et juste prise de conscience du réprouvé qu? a raté sa vie et qu? n?plus aucun espoir de retournement de situation. C?t le juste jugement de Dieu, que reconnaît le réprouvé, qui engendre cette souffrance. Celle-ci n?donc rien de commun avec la perversion du mal, comme il n?a rien de commun entre un escroc qui prive de liberté ses otages pour obtenir une rançon et le juge qui confond un dangereux criminel et le fait mettre en prison. Pour le réprouvé, la souffrance qu? connaît alors est celle du remords, remords qui perdure dans cet état de condamnation fixe. Nous nous sommes souvenus que le jugement dernier marque la totale et définitive victoire du Christ sur le mal (Col 1.12ss, Ph 2.6ss). Le Diable et sa cour seront alors jugés, et ils ne pourront plus nuire à qui que ce soit (1 Jn 3.18, Mt 25.41, Ap 20.10). Dans l?acute;tat final, le péché ne se commettra plus, même là où les réprouvés seront réunis. Tout genou fléchira alors devant le Seigneur, et tous considéreront selon Dieu ce que fut leur vie, comme le mauvais riche de la parabole reconnaît sans révolte et avec justesse son échec et son impossibilité, de changer quoi que ce soit (Lc 16.19ss), cela déjà dans l?acute;tat intermédiaire. Pastoralement, comment parler de cette doctrine aujourd?i ? L?posé a été bâtit sur quatre colonnes. Il y a d?ord le pilier d?e attitude à travailler. La crainte de l?ernel est la disposition fondamentale à cultiver. La foi biblique est celle qui a pour objet le Dieu des Ecritures qui est à la fois parfaitement amour et parfaitement juste. Le croyant est l?mme qui se soumet au Seigneur, dans le respect et la confiance. Celui qui ose qualifier de sadique le Dieu de la doctrine traditionnelle, alors même qu? s?time l?eacute;ritier spirituel des Augustin, Luther, Calvin, Wesley, Spurgeon, fait preuve d?e étonnante présomption : quelle que soit sa conclusion au terme de son exégèse, le sens de la sainte majesté, la crainte du Seigneur , devrait tenir en bride l?pression de ses sentiments personnels. Mais le discernement exige un travail, même chez celui qui est né de nouveau ! Il faut ensuite déblayer le terrain, non pas en attaquant de face les défenses intellectuelles et affectives organisées comme une forteresse, mais en agissant plutôt par effet de surprise en dénonçant l?agerie moyenâgeuse courante, en admettant que nos représentations de l?acute;ternité sont toutes inadéquates, et en renonçant à l?proche courante qui justifie l?acute;ternité du châtiment par l?solutisation du libre-arbitre. La troisième étape nous mène à creuser jusqu?x raisons fondamentales qui sous-tendent la doctrine. Il faut affirmer et définir avec force quelle est la nature de l?our de Dieu pour l?mme pécheur. La croix qui en est la preuve historique éclatante allie amour et jugement. Le châtiment s?scrit aussi dans cette perspective, montrant paradoxalement quelle est la valeur de l?mme aux yeux de Dieu (Pr 3.12, Hé 12.6). La grâce ne fait pas l?acute;conomie de la dénonciation de l?te mauvais et de son jugement, d?ugrave; l?portance de réveiller le sens biblique de la justice, qui rappelle à chacun sa responsabilité. Mais l?tention de toute l?riture, c?t d?noncer l?acute;vangile, de susciter la foi qui met le croyant à l?ri du châtiment, qui se rit même du jugement, comme on peut traduire (avec la Bible de Jérusalem) le verbe employé pour la miséricorde en Jacques 2.13 ! La croix de Jésus est l?acute;quivalent du châtiment final pour tous ceux qui se réfugient en lui. Jésus est la porte, la porte de l?pérance qui est vie. C?t sa personne et son œuvre qu? nous faut annoncer !
Mais qu?viendra-t-il des sauvés dans le monde à venir ? Jacques Buchhold avec la flamme qu? lui connaît nous a fait offert un superbe voyage céleste les pieds bien sur terre... Notre second conférencier de la Faculté de Théologie de Vaux-sur-Seine, a particulièrement insisté sur l?stoire dans laquelle l?pérance du ciel se déploie. Ce qui caractérise les rachetés ressuscités c?t la vie qu?s mènent en tant d?mme incarné, dans la communion la plus parfaite avec le Seigneur, et l?pérance des croyants, celle de voir le ciel descendre sur la terre pour la transfigurer. L?stoire du ciel et l?pérance des saints commence par ce que l?cien Testament nous en dit. Pour les fidèles de l?cienne Alliance, le ciel n?t pas directement l?jet de leur espérance, l?ée d?fin mourir pour êtres arrachés aux réalités de la création terrestre ne nourrit pas leurs rêves. Nous voyons dans le prologue du livre de Job, mais aussi tout au long du livre des Psaumes, que le langage utilisé pour parler du lieu où Dieu réside, suggère une matérialisation de ce lieu. Aussi le Tabernacle est-il présenté comme une faible réplique du Temple céleste, mais une réplique tout de même ! Les livres qui préparent à l?complissement du salut, enracinent leur message dans celui de la création, et du mandat créationnel de régent de la création confié par Dieu à l?mme. L?pérance que nourrissent les croyants après la désobéissance d?am tend inexorablement vers l?tente de la résurrection et le renouvellement de toutes choses ; un pays de Canaan transfiguré ou les déserts refleurissent, ou les sourds entendent... une nouvelle Jérusalem ou les nations afflueront, ou tous les saints seront disciples de l?ernel, ou l?rmonie règnera et le péché ne sera plus... Les prophètes annoncent avec force que ce renouvellement de toute chose sera opéré par l?prit Saint. La gloire du Seigneur reviendra dans le Temple dans la Nouvelle Jérusalem, Temple qui suggère la présence même de Dieu sur lette nouvelle terre. Esaïe parle d?e mère dans le ciel qui viendra vers les croyants les consoler, cette mère c?t la Jérusalem céleste, Sion (Es 66). Le schéma général qui se dégage de ces écrits est celui de la Nouvelle terre accueillant le Dieu du Ciel. Le temps manquant pour montrer comment on retrouve tout cela aussi dans les écrits intertestamentaires juifs, c?t ce que le Nouveau Testament, et plus particulièrement ce que les 7 tableaux du livre de l?ocalypse révèlent du sujet qui a fait l?jet de la dernière partie de l?posé. Dans le ciel, un agneau égorgé, monté de la terre se tient debout. Jésus homme, s?t assis, il y a près de 2000 ans sur le trône céleste. Tout dans ces descriptions laisse voir que le ciel n?t pas un lieu d?conscience. Les anges sont conscients, les âmes des martyrs aussi, les prières des saints atteignent Jésus... Le mouvement de ces 7 tableaux tend vers cet aboutissement du ciel qui va à la rencontre de la terre. Le Temple descend sur la terre pour la transfigurer, la terre épouse son fiancé, eux qui se faisaient face se trouvent alors unis, sans confusion des natures. L?neau c?t le Temple de cette nouvelle terre, le jardin, c?t la ville, dans cette ville vivent des hommes et des femmes ressuscités. Que ferons-nous sur cette terre ? La vie sera changée, c?t une réalité qui nous dépasse à plus d? titre, cependant, ce qui touche aux réalités créationnelles demeureront : nous nous reconnaîtrons, nous apprendrons encore, nous travaillerons, nous mangerons... tout cela dans un corps... les richesses des nations seront là... alors notre terre sera devenu ciel. Echos des trois conférences de la pastorale 2002, A. Ruolt
Le mauvais riche et le pauvre Lazare vers 1875-1878 Aquarelle 27 x 15 cm Paris, musée Gustave Morea 1 Le prophète Amos avait en son temps déjà mis en garde les croyants du royaume du Nord à lapogée de sa gloire contre leur erreur. 2 Voir aussi H. BLOCHER, La Revue Réformée, « Les peines éternelles », n° 206, T.LI, Janvier 2000 (http://www.unpoissondansle.net/rr/0001/?i=2), que résume larticle paru dans « Le lien fraternel ». 3 J. Buchhold, « le ciel », Le lien fraternel, 78/Juillet 2002 4 Hayford Jack, Je te retrouverai là-haut, Nîmes, Vida, 2000, 79p. |