Sage comme une image ?

1 R 3.16-28

Lectures : Pr 1.20ss ; 8 ; Jcq 3.13-18 ; Col 2.3 ; 1 Co 1.24, 29.

Introduction

    En ce début de semaine, ceux qui se sont rendus à Lognes au CEIA ont été stimulés à réfléchir à l'articulation de la Foi au politique ou du politique à la Foi. L'actualité ivoirienne nous rapporte comment ces temps les médias nationales ont tenu un langage ou le politique et le religieux s'entremêlaient sans distinction, non sans nous rappeler l'écho d'autres médias commentant les élections outre-Atlantique. Dans cette ligne, je vous invite à méditer ce matin un récit bien connu de la Parole de Dieu, un récit montrant un politique croyant en action ; il s'agit du Roi Salomon. A partir de cet exemple, nous nous laisserons interpeller quant à l'oeuvre déterminante que la sagesse doit jouer dans la vie du chrétien en évoquant quelques-unes de ses multiples facettes placées dans le cadre de la vie de tous les jours.

    Lecture 1 R 3.16-28

    Qu'en est-il donc de la sagesse de Salomon, de la sagesse " d'en haut " et de la sagesse au quotidien ?

1. La sagesse de Salomon

1.1. Un " sage " universellement reconnu

    Le récit du " jugement de Salomon " suit juste la prière de Salomon, prière où le jeune Roi demandait à Dieu la capacité de voir juste pour bien gouverner le pays. L'action se passe il y a quelque 3000 ans, et va servir de signe pour tout Israël qui dès lors reconnaît que Dieu a doté Salomon de sa sagesse (1 R 3.28). Plus tard la réputation de Salomon va encore s'étendre parmi les peuples voisins (1 R 5.9), tant et si bien que la reine de Saba (1 R 10) en personne viendra à Jérusalem pour vérifier ce qu'elle avait entendu dire. Elle n'a pas été déçue du voyage... Cela dit, nous qui connaissons le récit complet de la vie de Salomon, nous savons que le plus sage des Rois n'était pas un homme parfait. L'Ecriture dans son réalisme nous rapporte entre autres que Salomon a épousé, contre la Loi de Moïse, un certain nombre de femmes païennes parmi ses 700 de premier rang et 300 de second rang. Le Grand Sage de l'AT n'a pas été à l'abri de mauvais choix le conduisant à adorer des idoles (1 R 11.4)! Au moment de réfléchir ensemble sur la sagesse, c'est donc avec humilité que nous voulons le faire.

1.2. Le " champ d'action " de la sagesse

    Mais à quoi s'applique la sagesse de Dieu ? Au-delà de ce jugement qui remet magistralement les " pendules à l'heure " sans que quiconque ne puisse contester quoi que ce soi devant l'émergence brut de la réalité objective, la Bible nous apprend que Salomon a composé pas moins de 3000 proverbes et de 1500 chants (1 R 5.12). Il a aussi fait ¶uvre de botaniste, décrivant les plantes de sa région, s'est intéressé à tous les animaux de son temps. La sagesse biblique s'applique aussi au savoir faire de l'artisan comme Betsaléel (Ex 31.1) et d'Oholiab son aide (Ex 31.6) que Dieu remplis de son Esprit, de sagesse, d'intelligence et de connaissance pour réaliser toutes sortes de travaux en vue de la construction du Tabernacle. Les sages les plus experts servent de pilotes aux marins qui font entrer leur navire dans les ports de la côte phénicienne (Ez 27.8) Le livre des Proverbes applique encore la sagesse à la vie de famille, l'éducation des enfants. Souvenez-vous d'Actes 6, le " choix des 7 " à qui l'Eglise confie un service jusque-là assuré par les apôtres à Jérusalem. Quelles sont les qualités qu'il fallait reconnaître en eux ?... " choisissez parmi vous 7 hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse " (Ac 6.3). Ce n'est pas d'être rempli d'Esprit Saint et de bonne volonté mais d'Esprit Saint et de sagesse dont il s'agit ! à la piété et la foi, devait être associés une qualité plus " technique " visant la capacité d'évaluer de façon juste les situations pour prendre et mettre en ¶uvre de bonnes décisions. Le domaine auquel s'applique la sagesse n'est pas d'abord la piété bien que la sagesse ait aussi sa place en ce domaine ! La sagesse touche la vie dans toute sa réalité pratique et tangible. Cet " art de vivre selon Dieu " pour reprendre le titre donné par A Kuen au livre des Proverbes, s'enracine d'abord dans un art de penser juste, pour bien faire dans les contextes si variés et imparfaits que sont ceux que connaissent les hommes sur cette terre. Cela nous concerne donc tous ! Mais dans l'échelle de nos besoins ou de nos priorités, quelle est la place que nous réservons à l'acquisition de cette sagesse ? La Bible nous dit " Acquérir la sagesse vaut mieux que gagner beaucoup d'argent. Les avantages qu'elle donne sont plus précieux que l'or le plus fin ! (Pr 3.14) ? Aspirons-nous à la sagesse comme à ce qu'il y a de plus précieux dans notre vie ?

1.3. Le but de la sagesse et son fruit

    Si surprenant soit-il, le jugement de Salomon vise la paix par le moyen d'une décision juste. La mort subite d'un des deux nouveaux-né déclenche une guerre ouverte entre deux femmes qui habitaient la même maison et qui avaient accouché à 3 jours d'intervalle. Chacune s'appropriant l'enfant vivant, accusant l'autre de vouloir le lui voler ! Et pour compliquer les choses, ce drame s'est passé en l'absence de tout témoin !

    Pour que la justice tranche selon Moïse, il faut impérativement deux témoins. Il va donc falloir inventer un stratagème pour que la véracité des faits vienne à la lumière par la bouche même de ces femmes. Usant de fine psychologie, Salomon ordonne un geste à première vue complètement fou. Cet ordre " décalé " veut provoquer deux réactions ; l'une confondant sans équivoque la mauvaise foi de la première plaignante, l'autre, justifiant la bonne foi de la seconde. Le but de Salomon est clair ; c'est de mettre un terme à cette guerre entre ces deux femmes. La paix est scellée lorsque Salomon ordonne que l'on remette l'enfant vivant à sa mère. Mais pour arriver à prendre la décision juste dans ce contexte aussi confus que dramatique, il a fallu user de ruse comme une sorte de catalyseur, pour que, d'une part, le mensonge tombe de lui-même comme un fruit mûr et que d'autre part la bonne foi vienne d'elle-même à la lumière. Dans un contexte miné, en situation de guerre ouverte, toute ruse n'est pas forcément illégitime pour peu qu'elle vise la paix et ait pour fruit de justes décisions. C'est Jacques, le frère de Jésus, qui dit à propos de ceux qui sont habités par la sagesse d'en-haut : " Ceux qui travaillent à la paix sèment dans la paix une semence qui aura pour fruit ce qui est juste " (Jcq 3.17-18).

2. La sagesse " d'en haut "

2.1. La sagesse " d'en haut " est d'essence divine

    Venons-en justement à la " sagesse d'en haut ". La figure de Salomon montre avec force que la " sagesse d'en haut " vient de Dieu, elle est un don de Dieu. C'est suite à sa prière à Gabaon que le Seigneur équipe le jeune roi de sa sagesse. Jacques, de son côté exhorte les Chrétiens à demander à Dieu la sagesse d'en haut (Jcq 1.5) ! Cette sagesse ne peut que prendre naissance dans le terreau d'une saine relation personnelle avec le Seigneur ; la crainte du Seigneur dans le sens de saint respect pour sa personne est la clé ou le principe de la sagesse (Pr 1.7). L'accumulation des connaissances ne garantit pas au savant d'être forcément sage !La sagesse féconde l'intelligence mais aussi le caractère d'une personne, pour lui donner de comprendre de façon juste les choses de la vie et d'y répondre avec à propos dans l'optique de la paix véritable ! La sagesse d'en haut est donc d'essence divine. Elle nous est particulièrement rendue sensible lorsque l'on considère les perfections de la création ; c'est par elle que Dieu a créé l'univers (Pr 3.19), qu'il instruit le paysan des règles de culture (Es 28.23-29)...Cette sagesse est vie, plusieurs passages du livre des Pr la présente sous les traits d'une personne (Pr 1.20ss ; 8 ; 9). Et ce livre de préciser encore " l'Eternel donne la sagesse, et ce sont ses paroles qui procurent la connaissance et l'intelligence " (Pr 2.6). Nul ne peut prétendre avoir cette sagesse tout en rejetant le Seigneur et sa révélation. La sagesse qui anime Dieu dans toutes ses actions et ses paroles ne peut qu'être reçu que par ceux qui le révèrent.

2.2. La sagesse des hommes

    Les archéologues ont cependant montré qu'il existait depuis très longtemps des écrits de sagesse en-dehors d'Israël, en particulier en Egypte. L'apôtre Paul cite un poète grec, Epiménide (Tite 1.12). Il n'y a pas lieu de mépriser ces textes, pas plus que les manuels scolaires d'aujourd'hui sous prétexte qu'il ne faudrait plus lire que la Bible... L'homme créé en image de Dieu réfléchit et éprouve une légitime satisfaction à toujours mieux chercher à comprendre comment fonctionne le monde dans lequel il vit. Il peut découvrir de très belles et justes choses, mais le recul est nécessaire pour reconnaître ce qui peut sonner faux ici ou là. Le produit de la seule réflexion humaine qui vient d'un c¶ur non régénéré, porte inévitablement la marque d'une intelligence abîmée par le péché (Jr 17) ! La sagesse grecque par exemple est très riche en réflexions stimulantes, mais pour elle, comme pour d'autres approches, la mort de Jésus à la croix est une pure folie (1 Co 1.18)!, c'est un cuisant échec et non une ¶uvre de la sagesse divine qui sauve ainsi celui qui croit que Jésus est le Messie promis par les prophètes, le serviteur souffrant qui a volontairement porté nos péchés à la croix. Mais tout écrit ou parole de chrétien n'est pas automatiquement emprunt de sagesse, hélas !... Du reste seuls les écrits bibliques ont le caractère d'inspiration divine ! Ne nous y trompons pas, la " sagesse " en vogue de nos jours n'est pas plus authentique parce qu'elle passe à la télé ou est publié dans la presse ou sur internet!... et pourtant quel pouvoir anesthésiant ou déformant peut-elle avoir sur la pensée de gens sincères, mais qui ont le tord de tout recevoir au premier degré, sans recul se laissant emporter par des passions qui n'ont pas la sagesse pour objet. Les Chrétiens ne sont pas forcément à l'abri de cela... Salomon a dérapé lorsqu'il s'est laissé happer par la " sagesse d'en bas "... Cela dit, ce qui distingue la sagesse des hommes de la sagesse qui vient de Dieu, c'est l'authentique relation que le " sage " cultive au Seigneur de l'Univers. Une juste " vision du monde' n'est possible que replacée dans la perspective de la pensée sage de Dieu, et cette pensée, il nous la révèle par sa Parole. C'est en l'étudiant nous exerçons notre intelligence à raisonner selon ses principes.

2.3. La sagesse et Jésus

    Si Salomon est un modèle de sagesse, la Bible annonce et présente un sage encore plus grand que Salomon, un sage qui lui, n'a pas succombé à la tentation ; ce sage c'est Jésus. Jésus est celui qu'Esaïe avait décrit comme ce simple rameau, sortant du tronc d'Isaï, rameau sur qui L'Esprit de l'éternel reposera : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'éternel (Es 11.2). Luc rapporte que Jésus grandissait en stature en grâce et en sagesse devant Dieu et devant les hommes. En tant qu'homme Jésus a lui aussi du apprendre à discerner ce qui est juste, droit et équitable, et à reconnaître tous les sentiers du bien. La sagesse a pénétré son c¶ur et il a fait de la connaissance ses délices (Pr 2.9-10). à 12 ans, il écoutait les rabbins et leur posait des questions. Tous ceux qui l'entendaient s'émerveillaient de son intelligence et de ses réponses (Lc 2.47). Les évangiles nous montrent avec quelle sagesse il enseignait les Ecritures et comment, à bien des reprises, il a déjoué les pièges qui lui étaient tendus. Paul présente Jésus comme celui qui a pleinement manifesté la puissance et la sagesse de Dieu (1 Co 1.24). A la croix Jésus a été fait sagesse pour nous (1 Co 1.30). En lui se trouvent aujourd'hui cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance (Col 2.3) auxquelles l'homme aspire profondément. Pour être instruit dans la sagesse, c'est de Jésus dont nous avons besoin ! Nous pourrions reprendre à notre compte l'exclamation de la reine de Saba disant à Salomon : " Qu'ils ont de la chance, tous ceux qui t'entourent et qui sont toujours en ta présence, de pouvoir profiter sans cesse de ta sagesse ! " (1 R 10.8) pour dire quel privilège est le nôtre dès aujourd'hui de jouir de la présence du Sage et quelle joie de savoir que nous vivrons l'éternité durant en sa présence !

3. La sagesse au quotidien

3.1. L'expression de la sagesse dans les actes de Salomon

    Mais revenons sur terre, et plus précisément dans le tribunal de Salomon. Remarquez que rien dans son jugement ne fait explicitement référence à Dieu. Point de versets bibliques cités comme par exemple la 9e parole du décalogue ; " tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain " ! Il y a distinction entre le rôle de juge et celui de prêtre. En se mettant dans la peau de Salomon, certains pourraient se dire ; " moi j'aurais profité de ma position de Roi pour reprendre au nom de l'Eternel les 2 prostitués, les sommant de se marier et de ne plus pratiquer la prostitution, fussent-elles païennes, et de se tourner vers le vrai Dieu ! " Non, Salomon ne mélange pas les rôles, il accueille inconditionnellement ces femmes pécheresses, sans doute païennes, les écoutants l'une et l'autre, puis faisant justice en rétablissant simplement le juste ordre des choses, en mettant toute son intelligence en ¶uvre pour démêler le vrai du faux, puis pour faire droit à la femme injustement accusée. Salomon accompli droitement son " métier ", et tous sont remplis d'un profond respect pour lui, reconnaissant l'action de Dieu en lui. Puissions-nous aussi à notre tour assumer droitement et de toute notre intelligence nos diverses responsabilités ; qu'ainsi au travail, comme à la maison ou à l'Eglise, nous inspirions ce respect qui conduira ceux qui nous côtoient à la reconnaître la grandeur de Celui qui ¶uvre en nous. Cela est d'autant plus sensible lorsque des questions difficiles sont à résoudre. C'est là que la sagesse va particulièrement être parlante à nos contemporains qu'ils soient ou non dans la foi. Il s'agit ici d'agir avec bon sens et habileté, en posant des actes justes fruit d'un seul objectif ; la paix authentique, car Dieu n'est as un Dieu de désordre mais de paix (1 Co 14.33)! Les actes justes qui produisent la paix ne sont pas toujours indolores, voyez ce qu'il en a coûté à Jésus et l'opposition qu'il a dû endurer ! Notez aussi que Betsalel bien que rempli de sagesse, a dû fournir des efforts, réfléchir... pour produire de belles ¶uvres d'art pour le tabernacle ! Si les actes comme les paroles justes sont saisissants, c'est par ce qu'ils touchent au c¶ur du véritable enjeux des questions qui troublent la paix. Ces actes ne laissent pas l'homme indifférent, mais à l'image de ce que Jésus à vécu, ne nous décourageons pas si tous ne les accueillent pas avec joie !

3.2. Les marques particulières du chrétien sage

    Quelles sont donc les marques distinctives du sage ? Selon Jacques, le sage est la personne dont les actes sont empreints d'humilité alors que celui qui manque de sagesse en témoigne par la mauvaise jalousie et l'esprit querelleur qui l'habitent le conduisant à toutes sortes de pratiques qui ne rendent pas témoignage à la vérité (Jcq 3.13) Dans sa présentation des attributs de la sagesse, Jacques met la pureté au premier plan ; elle est sans tache, incapable de produire le mal, sans mélange. Les quatre termes qui suivent somme de façon saisissante en grec commençant toute par un même son " è " ce qui en grec constituant une assonance difficile à rendre en français.; pacifique, modéré, conciliante, pleine de miséricorde commençant par des sons différents ! Cette sagesse est pacifique en contraste avec l'esprit querelleur, elle cherche à produire la paix (Pr 3.17). Le sage est modéré ou doux, qualités de celui qui est aimable et prêt à céder, mais vertus qui étaient tout sauf des qualités chez les grecs ! Etre conciliant, c'est lorsque les principes théologiques où moraux essentiels ne sont pas mis en cause, ne pas chercher à tout prix à imposer ses vues rejetant sans considération celui qui voit ou pense autrement. Pleine de miséricorde et de bons fruits ; la sagesse n'a rien d'une image fixée, prompte à condamner et rejeter, elle est vivante et féconde. Les deux derniers attributs commencent quant à eux aussi par un même son, un " a " : la sagesse est sans parti pris et sans hypocrisie. Le sage sait prendre du recul, ce qui lui permet de ne pas se passionner pour un parti ou un autre afin de poser les actes visant le juste bien commun. Le tout vise la paix et chez Jacques la paix dans l'Eglise. C'est dire que la sagesse nous est aussi nécessaire à nous chrétiens qui souhaitons vivre en paix dans l'Eglise !

Conclusion

    Aspirons donc à cette sagesse que seul Dieu donne, laissons-là nous instruire afin d'apprendre à toujours plus finement discerner le vrai du faux, et nous appliquer aux actes justes qui produisent la paix ; dans nos maisons, au travail, à l'école comme à l'Eglise. Venons à Jésus auprès de qui se trouvent les trésors de la sagesse et de la connaissance, pour qu'il mette en nous par son Esprit, les dispositions bonnes pour une vie tout empreinte de Sa sagesse. C'est la grâce de Dieu, source de salut qui nous éduque et nous amène à nous détourner de tout mépris de Dieu et à rejeter les passions des gens de ce monde. Ainsi nous pourrons mener dans le temps présent, une vie équilibrée, juste et pleine de respect pour Dieu... " (Tite 2.12).

    Alors sages comme des images cette semaine ?

    Non !

    Mais soyons vivants attachés à la sagesse, à la manière de Salomon qui humblement confia à Dieu sa crainte de n'être pas à la hauteur, et qui temps qu'il resta dans la dépendance de Dieu fut un Roi sage aux décisions justes qui ont procuré la paix et beaucoup d'autres bienfaits à ceux qui l'ont côtoyé dans la vie de tous les jours.


A.R.