Comprenez quelle est la volonté de Dieu

Ep 5 :8-17

Introduction

    Dimanche dernier, nous avons parlé de l'invitation que Dieu nous adresse, lorsqu'il nous dit " Choisis ! " et plus précisément : " Choisis la vie, afin que tu vives ! " Nous avons souligné l'ampleur et la largeur du don de Dieu, qui précède et porte cette invitation au choix. Nous avons relevé, aussi, que Dieu, qui veut nous garder du piège d'une vie où nous déciderions tout sans lui, nous invite, cependant à être décideurs. A l'être de manière pleinement responsable.

    J'imagine que certains d'entre vous ont pu se dire : " Choisis ?! ?... C'est bien, c'est beau... mais... " Mais qu'est-ce qui peut nous guider ? Mais que c'est compliqué ! Et puis, à la longue, c'est épuisant...

    Il faut reconnaître que nous sommes de plus en plus sollicités. Pour certains, la vie professionnelle oblige chaque jour à une multitude de choix et d'arbitrages : c'est usant, à la longue ! Vous sortez du travail, et le moindre achat place lui aussi devant une multitude de possibles. Même un achat aussi banal que du yaourt : avec ou sans matière grasse, brassé ou velouté, bio ou bifidus actif, avec ou sans fruits, avec ou sans morceaux, panier de tels ou tels fruits, sans compter le critère du prix, à l'unité, au pack de 8, au kg, en équivalents francs ou en euros... Tout peut devenir très compliqué. Pour les choix de vie, il en va de même : au lycée, en faculté, il y a les grandes filières, mais à l'intérieur de chacune, le nombre des options se multiplie... et on ne peut pas tout prendre, il faut choisir, sélectionner, et donc s'orienter, se déterminer... Ce supermarché des possibles a explosé avec Internet qui vous offre, sur tout, des milliers de choix... Et la publicité, qui soigne l'image, avive le sentiment qu'on passe à côté de quelque chose si on dit " non ", ou si on privilégie un autre produit.

    Ainsi, l'abondance des choix, que l'on devrait pouvoir vivre comme une richesse, devient un poids. Une fatigue. Un éditorialiste chrétien a parlé récemment de la " tyrannie des possibles "1.

    Nous sommes pris entre deux mouvements contradictoires : d'un côté cette fulgurante ouverture des possibles, de l'autre une sélection qui peut être impitoyable, et des marges de manoeuvre de plus en plus étroites. Cela engendre beaucoup d'angoisses. Certains en viendraient à préférer des chemins tout tracés, où l'on pense pour eux, où l'on décide pour eux.

    Comment donc intégrer, au coeur de toute cela, la " volonté de Dieu " ? Est-ce un facteur supplémentaire, mystérieux, difficile à découvrir, qui s'ajoute aux multiples facteurs déjà bien complexes qui entrent en jeu dans nos décisions ? Doit-on s'angoisser plus encore, par peur de ne pas la découvrir, ou de passer à côté d'elle ? Ou est-il possible d'avancer sereinement ? Il y a là une vaste question. Qu'il nous faut prendre pas à pas. En nous donnant des priorités claires.

    L'apôtre Paul nous invite, dans le texte que nous avons lu, à " comprendre quelle est la volonté de Dieu " (Ep 5 :17). Nous avons, en effet, à bien comprendre ce qui est en cause, à bien orienter le souci de vivre dans la volonté de Dieu. Pour cela, il est nécessaire de nous laisser conduire par ce que la Bible nous dit à propos de cette " volonté ".

1. L'orientation de la recherche

    J'ai parlé d'orientation. La première clarification à faire porte sur nos motivations. Il nous faut chercher la volonté de Dieu par amour pour Dieu.

    Il faut être lucide. De tout temps, et partout, on a cherché - et on cherche - à se rassurer sur les choix que l'on fait, pour savoir si ce que l'on décide est bien ou non. Et l'invocation des dieux fait partie de ce processus.

Un besoin tellement humain

    Les anciens avaient toutes sortes de moyens : un prêtre examinait les entrailles d'un animal qu'il sacrifiait ; ou observait la direction que prenait un vol d'oiseaux que l'on lâchait (à droite, bon présage ; à gauche, mauvais présage - c'est pourquoi le mot latin "gauche" a donné en français le mot "sinistre"). Le livre d'ézéchiel décrit le roi de Babylone pratiquer de tels présages au carrefour d'une route, pour savoir s'il attaquerait Jérusalem ou Rabba, ville des Ammonites (Ez 21:24-27).

    J'ai même lu qu'au temps des Romains, certains cherchaient à découvrir ce qu'ils devaient faire en ouvrant au hasard les écrits du poète Virgile, et en pointant un passage. On appelait cela les "sorts virgiliens".

    Aujourd'hui encore, l'incertitude face aux choix de la vie est l'une des grandes raisons du recours à l'astrologie et à la voyance.

    Etre rassuré. Pour d'autres, la motivation, c'est la rentabilité. On voudrait connaître la volonté de Dieu pour ne faire que les oeuvres rentables, qui vont droit au but, sans échecs, sans tentatives qui n'aboutiraient pas.

Le recentrage

    La Bible voudrait nous porter à des motivations plus élevées. Elle nous invite à vouloir vivre dans la volonté de Dieu d'abord et premièrement pour traduire notre amour pour lui.

    La référence est ici l'exemple de Jésus. Toute sa vie est sous le signe de la volonté de son Père. Mais c'est une manifestation de son amour pour le Père. Une forme de sa relation avec le Père.

    Il y a là un véritable partage, d'orientation, de volonté. Faire la volonté du Père, pour Jésus, c'est aimer ce que le Père aime - c'est partager pleinement tous les objectifs du Père - c'est vouloir, du plus profond de lui-même, ce que le Père veut : et non parce qu'il "doit" se soumettre au Père, mais parce qu'ils sont, pleinement, au diapason, sur la même longueur d'onde.

    C'est cette magnifique communion de volonté qu'a essayé de sonder, plus particulièrement, le quatrième évangile, qui s'y arrête à plusieurs reprises.

    Jn 6:38 : "Je suis descendu du ciel, non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé". Jésus dit cela pour motiver son accueil de tous ceux qui viendront à lui. Il les considère comme ceux que le Père lui a " confiés ". Il veut honorer ce "don", cette " confiance " du Pèr e : "Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne jetterai pas dehors celui qui vient à moi. Car je suis descendu, non pour faire ma volonté, mais celle de celui qui m'a envoyé. Or, voici sa volonté : que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné." Ce qui s'exprime, ici, c'est une entière communion de volonté.

    Jn 5:30 : "Mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé". Jésus, dans le contexte, dit haut et fort que le Père lui a TOUT REMIS : le Père a donné au Fils "d'avoir la vie en lui-même" (5:26), si bien que le Fils "fait vivre qui il veut" (5:22) ; le Père a "remis tout jugement au Fils" (5:22), afin que tous "honorent le Fils" comme ils honorent le Père (5:23). Mais alors qu'il est investi de toutes les prérogatives et de tous les pouvoirs, il sait de qui il est a reçus. Et il déclare ne vouloir les utiliser que dans une pleine harmonie avec son Père.

    Cela, c'est l'expression d'un amour, d'une relation. C'est pourquoi Jésus peut dire : "Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père" (Jn 4:34). En faisant la volonté de Dieu, Jésus réalise ce qu'il a de plus cher, ce qui lui tient le plus à coeur, ce qui le " nourrit " vraiment. Car faire la volonté de son Père, c'est, pour lui, véritablement "demeurer dans son amour" (Jn 15:10)

    Et Jésus nous invite à entrer dans la même communion avec Dieu. A dire, comme lui et avec lui : "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel".

Un enjeu relationnel

    Nous touchons là aux VRAIS ENJEUX de la question de la volonté de Dieu. C'est fondamentalement une question d'amour, de relation. Aimons-nous Dieu suffisamment pour vouloir ce qu'il veut, vibrer à ce à quoi il vibre, rejeter ce qu'il rejette... Avons-nous cette communion d'orientation, de désir, de souci, de vision ?

    C'est dans ce sens que Paul prie pour les chrétiens de Colosses : "Nous demandons à Dieu que vous ayez une pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et pénétration spirituelle, afin que vous marchez d'une manière digne du Seigneur, pour lui faire plaisir à tous points de vue, portant des fruits en toutes sortes d'oeuvres bonnes..." (Col 1:9-10)

    Quel est le but, l'orientation ? " ... lui faire plaisir à tous points de vue ". Le texte d'Ephésiens 5 va dans le même sens : au début de l'exhortation qui se conclura par l'appel à comprendre quelle est la volonté de Dieu, Paul demande : "Examinez ce qui est agréable au Seigneur" (5 :10).

    L'optique est relationnelle. Peut-être pourrions-nous, pour nous la rappeler, modifier de temps en temps notre langage : au lieu de dire " Je cherche quelle est la volonté de Dieu dans ce que je vis aujourd'hui ", dire : " Je cherche comment faire plaisir à Dieu dans ce que je vis aujourd'hui. " Cela recentre les motivations. Et nous rapproche de l'exemple de Jésus.

    Comprendre quelle est la volonté de Dieu ? La clé, c'est d'abord prendre l'orientation de Jésus lui-même : vouloir ce qui est agréable au Seigneur. C'est ce qui peut faire de cette démarche non pas une difficulté supplémentaire au sein de la masse des choix de notre vie, mais une joie qui peut irriguer le cours de notre vie : " Je veux faire ta volonté, par ma manière d'être, d'agir, de réagir... ainsi tu seras là, honoré dans ma vie ". Ma nourriture, disait Jésus...

2. Le sens de la recherche

    Ceci dit, si nous voulons " comprendre quelle est la volonté de Dieu ", il nous faut comprendre ce que la Bible entend prioritairement lorsqu'elle en parle. Pour cela, il nous faut distinguer avec la Bible DEUX ASPECTS de la "volonté de Dieu": la volonté souveraine de Dieu et la volonté morale de Dieu.

La volonté souveraine de Dieu

    La volonté souveraine de Dieu, c'est tout ce qui est en rapport avec le "plan de Dieu", son "dessein". Certains théologiens parlent aussi de la "volonté de décret" : celle par laquelle il décide que telle chose arrive plutôt qu'une autre. C'est la manière dont Dieu dispose des événements, intègre dans ses plans l'ensemble de la réalité. Rien n'échappe à cette volonté souveraine, car cela voudrait dire que quelque chose sortirait du contrôle de Dieu.

    Quelques textes bibliques2 :

  • Dan 4:29 : "Le Très-Haut domine sur toute royauté humaine, et il la donne à qui il lui plaît."
  • Prov 21:1 : "Le coeur du roi est un courant d'eau dans la main de l'Eternel ; il l'incline partout où il veut."
  • Rm 9:19-20 : "Tu me diras donc : pourquoi Dieu blâme-t-il, car qui résiste à sa volonté? Mais toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu ? Le vase modelé dira-t-il au modeleur : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ?"
  • Ac 2:23 : Jésus, livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu...
  • Eph 1: 5, 11 : le "dessein bienveillant" de Dieu... le "plan de celui qui opère tout selon la décision de sa volonté."

    Cette volonté-là, elle se réalisera, pleinement : pour l'histoire du monde ; pour la réalisation du plan du salut ; pour la vie de chacun de ceux qui peuvent dire, avec le psalmiste : "Mes destinées sont dans ta main" (Ps 31:16).

La volonté morale de Dieu

    Mais la Bible parle aussi de la volonté de Dieu dans un deuxième sens : comme "ce qui fait plaisir à Dieu", ce que Dieu demande de nous, attend de nous... mais qui ne se réalise pas toujours forcément. Les théologiens parlent de la volonté "préceptive", parce qu'elle s'exprime essentiellement dans les "préceptes", les commandements de Dieu. Nous emploierons le mot de "volonté morale" de Dieu.

    Quelques exemples :

  • Rm 2:18 : Paul s'adresse au Juif, en lui disant : "Toi qui connais la volonté de Dieu"
  • 1 Thess 5:18 : "Rendez grâces en toute chose à Dieu : telle est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ".
  • 1 Thess 4:3 : "Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification ; c'est que vous vous absteniez de l'inconduite."

    La volonté morale, c'est donc l'ensemble des principes, des commandements, et des recommandations que Dieu donne dans sa Parole. Et cette volonté, nous la connaissons.

    Tout ce qui est hors de la volonté morale est désobéissance, ou péché. Pour être acceptable par Dieu, une action ou une attitude doit être à l'intérieur de sa volonté morale. La volonté morale de Dieu pour nous trace donc une limite du champ des possibles qui s'offrent à nous ; elle dessine, aussi, un espace : à l'intérieur de la volonté morale de Dieu, il peut y avoir plusieurs choix possibles.

3. Le débat

    Ceci posé, la question se pose : A quoi nous appelle la Bible lorsqu'elle nous demande de vivre dans la volonté de Dieu ?

    Nous demande-t-elle simplement de situer notre action, notre attitude, à l'intérieur de la volonté morale de Dieu, avec cette limite, mais aussi cette latitude ? Ou nous demande-t-elle de découvrir, à l'intérieur de la volonté morale, quelque chose d'encore plus précis : quelque chose qui serait LA volonté de Dieu pour moi dans cette situation précise (volonté spécifique) ?

    Exemple : J'ai lu ce matin dans Jc 1:27 que "la religion pure et sans tache, devant Dieu, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions". Je prie, sensibilisé au fait que Dieu demande une attention pour ceux qui sont les plus vulnérables : "Seigneur, je peux cette semaine dégager du temps pour une visite." Je recense 3 personnes qui, à l'évidence, auraient besoin d'un encouragement de ce genre. Que faire maintenant ?

  • attendre une "indication supplémentaire" pour savoir laquelle je dois voir pour "être dans la volonté de Dieu" ? Avec l'idée que, si je ne trouve pas la bonne, je serai "à côté" (cas où "volonté" = volonté spécifique)
  • considérer que, quelle que soit la personne que je choisis, je suis dans la volonté de Dieu, ce qui me permet de choisir selon les critères qui me semblent sages une PERSONNE à voir cette semaine, en toute tranquillité d'esprit.

    Il y a là une question aux enjeux pratiques importants. Comment trancher ?

Priorité à la volonté morale !

    C'est le langage biblique qui doit nous guider. Or, quand on examine les textes qui invitent à "faire la volonté de Dieu", on constate qu'à chaque fois, il est question de la volonté morale de Dieu, à mettre en oeuvre concrètement.

    Rappelons-nous le LANGAGE DE JESUS en conclusion du Sermon sur la Montagne (Mt 7:21): "Ce ne sont pas ceux qui disent "Seigneur, Seigneur" qui entreront dans le Royaume des cieux, mais seul celui qui FAIT LA VOLONTE DE DIEU." Que veut dire "faire la volonté de Dieu" ? L'explication est donnée au v.24 : c'est "entendre MES PAROLES" et "les mettre en pratique".

    Qu'en est-il de notre texte de ce matin en Ephésiens (5:17) : "Ne soyez pas sans intelligence, mais COMPRENEZ QUELLE EST LA VOLONTE DU SEIGNEUR" ? Le contexte nous situe complètement dans la volonté morale de Dieu. Il y est question d'abandonner toute inconduite, avec des applications très concrètes sur la grossièreté, la débauche, la cupidité (5:3-6) ; c'est un appel à marcher "comme des enfants de lumière", en opposition avec la conduite d'autrefois (5:8-9) ; c'est l'invitation à toujours rechercher "ce qui est agréable au Seigneur", en opposition aux oeuvres mauvaises (5:10-14). "Veillez avec soin sur votre conduite" (5 :15), pour "racheter le temps", i.e le "sauver" pour qu'il serve à Dieu. C'est tout cela qui porte l'invitation à " comprendre quelle est la volonté de Dieu". Ce sont des principes de vie à mettre en oeuvre.

    Et lorsque les psaumes parlent de faire la volonté de Dieu, ils enchaînent sur la loi du Seigneur : "Je veux (j'aime) faire ta volonté, mon Dieu... et ta loi est au fond de mon coeur." (Ps 40:9, appliqué à Jésus en Hb 10).

    La volonté de Dieu, ce sont d'abord les grands principes de vie qu'il nous a donnés - les commandements qui structurent notre vie - les lignes par rapport il voudrait nous voir construire notre vie.

    La volonté de Dieu est très proche de nous : ce sont les commandements qu'il nous a donnés. Nous n'avons pas à les "chercher dans le ciel", ou "à l'autre bout des mers", comme le recommandait déjà Moïse au peuple d'Israël (cf Dt 30:11-14).

    PRINCIPE : JE VIS DANS LA VOLONTE DE DIEU A CHAQUE FOIS QUE J'APPLIQUE LES PRINCIPES DE DIEU, QUE J'OBEIS A SES DIRECTIVES DE VIE. LA BIBLE M'INVITE A INTEGRER CES DIRECTIVES DE MANIERE PERSONNELLE ET RESPONSABLE, DANS LE CADRE DE MA VIE AVEC DIEU.

La différence est réelle !

    J'aimerais juste que nous mesurions que vivre selon ces préceptes et ces principes, cela fait vraiment une différence ! Pour ne citer que quelques aspects de la volonté morale de Dieu :

  • "Tu aimeras le Seigneur... et ton prochain comme toi-même !"
  • "Renoncez au mensonge"
  • "Soyez reconnaissants"
  • "Recherchez la sanctification"
  • "Renoncez à la cupidité... à la grossièreté..."
  • "Pardonnez-vous mutuellement"
  • "Accueillez-vous les uns les autres"
  • "Ne vous inquiétez de rien... mais en toute chose faites connaître à Dieu vos besoins, avec des actions de grâce"...
  • "Allez, faites des disciples..."
  • "Fuyez la débauche, l'immoralité"
  • "Que la Parole de Dieu habite richement parmi vous"
  • "Faites toutes choses de bon coeur"
  • etc.

    Les impératifs de l'Ecriture nous donnent largement de quoi structurer notre vie. Et ils font une différence ! Appliquez ces principes de manière cohérente, vous verrez que cela mène loin ! Dans tous les domaines : relations, priorités, attitudes, ouverture à l'autre, gestion de notre temps, notre vie... Tout est touché ! Une vraie direction est imprimée à notre vie.

Un critère de sélection

    En même temps, il faut souligner qu'avec tout ce bagage, nous ne sommes pas sans critères. Nous ne sommes pas sans lumière. Dieu nous a balisé un terrain sur lequel nous pouvons avancer. Nous parlions tout à l'heure de la somme des " possibles " qui s'offrent à nous, et de leur tyrannie. Il est important de rappeler que Dieu nous a équipés, nous a donné ses lumières.

    Elles nous permettent de faire un tri entre ce qui est " selon Dieu " et ce qui est " désobéissance à Dieu ".

    Elles nous permettent d'être en paix : là où j'applique les principes de vie que Dieu me donne, je suis dans sa volonté. J'aimerais dire cela aux " âmes inquiètes " : là où vous appliquez les principes de vie que Dieu vous donne, vous êtes dans le champ de sa volonté. Pour reprendre mon exemple de tout à l'heure sur la visite aux personnes en situation de besoin : si pour obéir à la Parole de Dieu, vous vous levez, pour aller encourager quelqu'un dans le besoin, votre démarche est dans la volonté de Dieu, que vous alliez voir telle ou telle ou telle autre personne. Cela, vous pouvez le vivre, l'habiter sereinement.

    La volonté de Dieu nous ouvre, sur le terrain des choix concrets, un chemin de vie, souvent même un espace balisé par les principes de vie que Dieu nous a laissés. Le modèle de la vie du chrétien n'est pas celui du funambule qui n'a qu'un fil sur lequel il peut marcher, tout autre pas entraînant la chute dans le vide. Le modèle, n'est pas la marche sur un fil, mais la marche sur chemin, et parfois sur un espace largement ouvert. Si nous sommes s&eacu te;rieux dans notre respect des principes bibliques, nous pouvons marcher sereinement dans l'espace qui nous est balisé par ces principes.

    La condition, c'est d'être sérieux et respectueux de ces principes de vie que Dieu nous a laissés. Si une voie nous est fermée, il faut le respecter. Là où la Parole nous dit " Renoncez au mensonge ", l'indication est claire : il est inutile de chercher s'il n'y a pas une volonté de Dieu pour nous quelque part de ce côté ! Là où elle nous dit : " Tu ne commettras pas d'adultère ", l'indication est claire : inutile de chercher s'il n'y a pas quelque part une volonté de Dieu pour moi du côté de l'infidélité, ou des jeux de la séduction, ou des regards de convoitise. Là où elle nous dit : " Faites mourir les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie " (Col 3:5), l'indication est claire : inutile de chercher s'il n'y a pas quelque part une volonté de Dieu de ce côté-là.

    Il nous faut reconnaître que nous sommes, souvent, tellement habiles à chercher toutes sortes de légitimations à ce que nous avons décidé, à ce que nous voulons faire, à ce que nous ne voulons pas lâcher.

    On raconte qu'Alexandre le Grand, un jour, se rend à Delphes pour consulter l'oracle du temple de cette ville, avant d'engager une nouvelle conquête qu'il avait décidé d'engager. A sa grande surprise, une prêtresse lui refuse l'entrée. Furieux, il la saisit et la traîne dans le sanctuaire. "Tu as osé refuser ce que je te demandais !" C'est alors que la prêtresse se place devant lui et lui dit : "Mon fils, c'est que toi, tu es impossible à conquérir !"3

    Le prophète Jérémie dit quelque chose du même ordre à son peuple : " Comme tu es habile dans tes voies pour chercher ce que tu aimes ! " (Jr 2 :33) Reconnaissons combien, souvent, nous sommes, nous, " impossibles à conquérir " quand nous avons décidé quelque chose, ou que nous cherchons par mille moyens à nous justifier. Cultivons, pour cela, une pleine ouverture aux commandements de Dieu, une méditation, une réflexion profonde sur le sens de ses directives de vie : " Comprenez quelle est la volonté de Dieu ! " Que sa Parole nous habite - et pas seulement le dimanche. Que nous la fassions nôtre. Que nous la laissions éclairer notre route, baliser nos choix, déterminer notre conduite. Et qu'elle modèle, de plus en plus, notre propre manière de voir, parce que nous l'aurons comprise, méditée, intégrée.

Ouverture

    Apprenons à vouloir ce que Dieu veut, à aimer ce que Dieu aime, à nous attacher à ce à quoi Dieu est attaché, à donner sa valeur à ce qui a valeur pour Dieu...

    Si nous le faisons régulièrement, honnêtement, nous pouvons avancer dans la sérénité : Dieu saura nous conduire vers ce qu'il attend de nous, s'il attend, ici ou là, quelque chose de bien précis. Il est assez grand, assez puissant, assez souverain pour cela.

    Il faudra prolonger ces lignes. Mais il faut, aussi, parfois, se fixer sur l'essentiel. Là, nous avons un essentiel dans la direction de nos vies : notre part n'est pas de connaître à l'avance tout le plan de Dieu pour nous, ni même de le connaître précisément avant chaque pas que nous faisons. Notre part, c'est de nous orienter, fidèlement, dans la ligne de ce que Dieu nous a clairement montré. Et de la faire avec amour, avec confiance, et avec joie.

    Ce chemin là est un chemin sûr... " A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures la paix... la paix, parce qu'il se confie en toi. " (Es 26 :2)

Thierry Huser
10 octobre 2004


1 Michel Sommer, Christ Seul, août-septembre 2004

2 Autres textes : Es 46:10 : "J'annonce dès le commencement ce qui vient par la suite, et longtemps à l'avance ce qui n'est pas encore accompli. Je dis : Mon projet tiendra bon, et j'exécuterai tout ce que je désire" (à propos de Cyrus). - Ap 4:11 : "Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles subsistent".

3 Leslie and Bernice Flynn, God's Will : you can know it (Wheaton, Victor Books, 1979), 127