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Méditation de Noël
Quel trésor d'imagination toutes ces illuminations donnant à nos villes un air de fête et de chaleur en cette saison ou la froidure rime souvent avec grisaille ! Un visiteur venu d'Afrique pour la première fois à Paris ces jours n'en revenait pas : que c'est beau ! Cela dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer depuis qu'il avait l'âge d'imaginer ce que Paris pouvait être ! Et cela est vrai, c'est beau, n'ayons pas peur de le reconnaître nous aussi !
Mais au-delà de la lumière qui incite à la fête... que l'on soit croyant ou non, Noël renvoie immanquablement à l'image d'un enfant. Faible créature, dépendante des soins de ses parents pour vivre et grandir, impuissante face aux influences de la nature comme de celle des adultes qui l'entourent, balbutiant dans l'apprentissage des choses de la vie avant de parvenir à en maîtriser quelques-unes... quel contraste avec l'image du Dieu " pantocrator ", celle de la " Gloire d'Israël " attendue alors !
Toutes les réalités de la croissance à vivre, de l'insertion au sein d'une famille ou tout n'était pas idyllique dans les relations à l'intérieur de cette maisonnée... un lieu de vie : la Galilée méprisée par " l'intelligentsia " de Jérusalem, un pays occupé par les Romains... pourquoi exiger du Roi des Rois de vivre tout cela dès son plus jeune âge ?...
N'est-ce pas pourtant là un des signes de la toute-puissance de Dieu que de faire venir le Messie de la sorte sur la terre des hommes ? Confiance qu'il sortira vainqueur des apprentissages comme des épreuves de la vie, parce qu'en Son Père il trouvera les forces pour aller jusqu'au bout de son pèlerinage terrestre, selon ce que l'Ecriture avait dit.
Le Père mène les siens au but, mais pas sur un tapis volant qui les fait surfer au-delà des réalités de l'humanité ou de celles de l'humain vivant sur une terre altérée par l'action du mal. Noël est le signe que rien n'est un obstacle trop grand pour notre Dieu tout-puissant, même de " prendre le risque " de naître sur cette terre comme chacun d'entre-nous sommes venus un jour au monde...
Cette acceptation pour Jésus est signe de l'humilité qui fut la sienne. Cette humilité éclatera encore à la Croix lorsqu'il portera nos péchés et prendra sur lui le châtiment qui devait tomber sur nous.
C'est aussi un merveilleux encouragement à une vie d'humble serviteur, qui marche au milieu des hommes, connaissant les mêmes peines face à tout ce qui ne tourne pas rond, et qui affecte la paix jusque dans nos propres Eglises, serviteur qui pourtant se nourrit de tout ce qui pourra contribuer à façonner en lui un état d'esprit d'humble serviteur, toujours dépendant du Père mais aussi au bénéfice de ce que ses frères et soeurs lui apporteront de la part du Seigneur.
En pensant à Noël, puissions-nous, comme le juste et pieux Siméon sur qui reposait le Saint-Esprit, dire poussé par le même Esprit : " mes yeux ont vu le Sauveur qui vient de Dieu le Père ! " et cela : dans notre Eglise comme au-delà, selon qu'il nous sera donné de dire ce que signifie Noël !
Mais Jésus a vécu aussi bien des joies que réserve la vie sur cette terre, des réjouissances de toutes sortes comme celles des noces de Cana, des amitiés sincères et profondes comme celle qui le liait à Lazare et ses soeurs, à Jean, à Pierre, ne lui reprochait-on pas d'être un " bon vivant " plutôt qu'un ascète ?!..., la joie depuis tout petit, de s'émerveiller des choses de Dieu en dialoguant avec ceux qui s'intéressaient à Sa Parole et de parler avec son Père dans l'intimité de cette relation si profonde et riche...
Puissions-nous aussi nous réjouir de ces choses simples de la vie durant ces temps de fêtes, à l'image du Seigneur des Seigneurs qui nous prépare une place et un repas de fête, auprès du Père !
Anne Ruolt
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